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La guerre au plastique a commencé

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Cotons-tiges, pailles, couverts légers jetables... L'Europe s'avance vers la suppression d'objets plastiques à usage unique. Un premier pas vers la résolution de problèmes - liés au plastique - autrement plus complexes...


Chaque année, une soixantaine de tonnes de matières plastiques sont récupérées à l'état de déchets sur les plages belges. Soit à peu près une tonne par kilomètre de littoral... Cela reste peu, très peu, par rapport aux rebuts plastiques qui sombrent en haute mer et finissent, sous la forme de micro-fragments, dans l'environnement marin, puis dans la chaîne alimentaire et... jusque dans nos assiettes. Un phénomène bien plus large, évidemment : le nettoyage des plages en Europe coûte à lui seul 630 millions d'euros annuels.

Ces derniers mois, les initiatives se sont succédé pour tenter d'endiguer ce phénomène. La plus ambitieuse est le projet de directive de la Commission européenne qui vient d'être approuvé par le Parlement. Il prévoit l'interdiction pure et simple d'objets de la vie courante qui, en dépit de leur aspect pratique à court terme, constituent un fléau dès lors qu'ils persistent en masse dans les océans : pailles, minimélangeurs à boissons (touillettes), cotons-tiges, couverts en plastique, etc. Si les États-membres suivent la Commission, la plupart pourraient être bannis de notre quotidien dès 2021.

Les alternatives à ces produits à usage unique sont assez faciles à mettre en oeuvre (ou existent déjà de longue date !). Il ne s'agit, toutefois, que de la partie immergée de l'iceberg plastique planétaire. Même si les objets flottants sont les plus visibles (et les plus choquants lorsqu'ils en arrivent à tuer des dauphins ou des baleines), la plupart des polymères présents dans les océans viennent de l'usure des pneus, du nettoyage des textiles synthéti ques, des résidus de peintures, etc. Soit des produits qui seront bien plus difficiles à remplacer...

Rien que le défi des bouteilles plastiques est, à lui seul, un monstre indomptable. L'affronter dans les parlements européen et nationaux entraînera, tôt ou tard, des débats épiques sur l'obligation de reprise par les fabricants ou l'éco-conception des produits. Bref, sur responsabilité élargie des industriels. Sans oublier celle du consommateur, en tant qu'utilisateur...