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Combien va me coûter mon hospitalisation ? Une question légitime !

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Être admis à l'hôpital n'est jamais vraiment rassurant. À l'appréhension d'une intervention chirurgicale ou de soins aigus s'ajoute souvent la crainte de devoir s'acquitter d'une facture élevée. À l'occasion de la Journée européenne des droits des patients — le 18 avril, la Mutualité chrétienne rappelle qu'en tant que patient, vous avez le droit d'être informé préalablement sur les conséquences financières d'un traitement réalisé dans le cadre d'une hospitalisation.


Vous entrez bientôt à l’hôpital dans le cadre d’une hospitalisation planifiée ?

Renseignez-vous avant l’admission : combien de temps resterez-vous hospitalisé ? Quels sont les objectifs du traitement et ses effets secondaires possibles ? Quel suivi est prévu à votre sortie de l’hôpital ?

C’est également le moment de vous renseigner sur les conséquences financières de votre hospitalisation. Vous avez le droit de demander à votre médecin ou à l'hôpital une estimation des coûts qui seront à votre charge. En Belgique, de plus en plus d’hôpitaux disposent d’un simulateur de coûts en ligne pour les admissions et traitements les plus courants. Bien entendu, il ne s’agit là que d’une estimation, le prix réel pouvant dépendre de facteurs imprévus tels que des examens complémentaires ou des complications.

Pourquoi ?

Une information médicale et financière préalable claire évite les mauvaises surprises et vous permet de donner votre consentement en toute connaissance de cause. L’estimation du coût de votre séjour vous aide également à faire des choix éclairés, tels que le type de chambre lors de l’admission. Si vous optez pour une chambre commune ou à deux lits, vous ne payerez ni supplément de chambre ni suppléments d’honoraires. Par contre, si vous choisissez la chambre individuelle, vous payerez un supplément de chambre. Et vous vous exposez à devoir payer des suppléments d'honoraires aux médecins. Ces suppléments peuvent faire grimper la facture. Attention : même si vous bénéficiez d’une assurance hospitalisation, faites un choix réfléchi. Les assurances ne couvrent souvent qu'une partie des frais (en mettant notamment des plafonds d'intervention).

Comment ?

Les établissements hospitaliers sont tenus de publier sur leur site web les tarifs relatifs aux frais d'hospitalisation ainsi que la déclaration d'admission. Ce document doit être complété et signé au plus tard au moment de votre entrée à l'hôpital. Consultez le module d'estimation des coûts si l'hôpital en propose un en ligne. Sinon, adressez-vous au service des admissions pour toute estimation ou question sur les conséquences financières de votre hospitalisation.

Votre médecin peut aussi vous informer sur les implications financières du traitement. N’hésitez pas à dresser la liste de vos questions avant la consultation, cela vous aidera à ne rien oublier ce jour-là.

La MC est aussi là pour vous aider ! N'hésitez pas à contacter votre con seiller mutualiste si vous avez des questions ou si les informations que vous avez reçues de votre médecin ou de votre hôpital ne vous semblent pas claires.

Pour en savoir plus ...

>> Plus d'infos : Contactez votre conseiller mutualiste, appelez gratuitement le 0800 10 9 8 7 ou surfez sur www.mc.be/hospi.

La brochure "Avant, pendant, après l'hospitalisation", éditée par la MC, regorge d'informations et de conseils. Elle est à votre disposition gratuitement dans toutes les agences de la MC. 

Témoignage

"La chambre à un lit n'est pas un luxe"

À 69 ans, Françoise a déjà vécu de nombreuses hospitalisations en raison de multiples problèmes de santé. Atteinte d'un cancer de la thyroïde, elle a récemment subi une lourde intervention chirurgicale. Elle nous explique comment elle a abordé les questions financières.

En Marche : Quand et comment avez-vous appris que vous alliez devoir subir une opération de la thyroïde ?

Françoise : On m’a découvert un nodule à la thyroïde, côté droit, en 1971 et j'ai subi une première opération à ce moment-là. En 2001, on a diagnostiqué un cancer et j'ai subi une ablation complète de la thyroïde. Il y a quelques mois, l’endocrinologue qui me suit de près a exigé une ponction car un nodule était réapparu depuis plusieurs années. Le médecin qui a pratiqué cet examen parlait d’acharnement inutile alors que quelques mois plus tôt les examens n'avaient pas révélé d'aggravation. Toutefois les résultats justifiaient, semble-t-il, une intervention chirurgicale. Après concertation entre les médecins, la décision a été prise de procéder à l’ablation de résidus thyroïdiens. J'ai été opérée en février dernier.

EM : Avez-vous abordé les aspects financiers de l'opération avec ce médecin ?

Fr : Non. Je n'en ai pas eu l'occasion car je ne l'ai revu que le jour de l'admission. J'ai juste appris de son secrétariat que l'opération allait durer 5 heures et que je devrais sans doute rester 4-5 nuits à l'hôpital. Par contre, je me suis adressée au service des admissions de l'hôpital pour obtenir une estimation de prix en chambre à deux lits et en chambre seule. La dame que j'ai contactée était étonnée d'un telle demande. C'est sans doute peu fréquent.

EM : Vous étiez donc bien in formée des risques de factures beaucoup plus élevées en chambre individuelle.

Fr : Oui. Et je préfère être hospitalisée en chambre individuelle. Franchement, selon moi, ce n'est pas un luxe, ce n'est pas un choix prétentieux. C'est une nécessité pour bien se reposer et cela devrait être la norme. Mais comme des suppléments peuvent être facturés, je voudrais savoir ce que cela me coûtera.

EM : Vous n'avez donc pas d'assurance hospitalisation ?

Fr : Si. Mon mari et moi avons souscrit à l'Hospi 100 de la Mutualité chrétienne dès son lancement puis nous sommes passés à l'Hospi 200 pour être mieux remboursés des suppléments d'honoraires des médecins. Mais cela n'empêche pas de demander une estimation de prix.

EM : À combien l'hôpital a-t-il estimé les coûts à votre charge finalement ?

Fr : En chambre à deux lits, c'était 484,21 euros et en chambre particulière 3.623 euros. Ce sont les suppléments d'honoraires qui coûtent le plus : 1.730 euros pour le chirurgien, 173 euros pour son assistant et 1.000 euros pour l'anesthésiste. Le supplément pour la chambre, lui, s'élève à 100 euros la nuitée.

EM : Et qu'en est-il de l’acompte ?

Fr : Le jour de l'admission, on a dû débourser 850 euros. On ne s'attendait pas à une telle somme. C'est un frein quand on doit être hospitalisé. Même si on est remboursé par la suite. On est mal informés à ce propos.

Entretien Joëlle Delvaux

Rencontre

Vous avez dit transparence financière ?

Une dizaine de groupes de discussion se sont réunis ces derniers mois à l'initiative de la MC et de ses mouvements Altéo et Samana. Objectif ? Recueillir auprès des membres leurs expériences et réflexions sur la transparence à l'hôpital. Patrick Verhaegen, responsable national maladie et invalidité à Altéo, tire les enseignements de ces échanges. 

En Marche : Comment se sont organisées les rencontres ?

Patrick Verhaegen : Nous avons lancé un appel parmi nos membres qui avaient une expérience à partager en tant que patient malade ou aidant proche. Les personnes ont été invitées à participer à des rencontres dans leur région. En tout, 78 participants se sont retrouvés lors de 3, 4 séances.

EM : Quelles sont les principales constatations ?

PV : Les participants indiquent que leur première préoccupation est leur santé. Ils ont confiance dans le médecin et s'attendent à ce que celui-ci fasse les bons choix dans leur intérêt. Dans la situation de stress qu'ils vivent, le coût du traitement devient secondaire. Ils s'inquiètent peu et comptent sur la sécurité sociale et sur leur assurance hospitalisation pour être bien couverts. Pour autant, ils ne minimisent pas l'importance d'être bien informés sur les aspects financiers de leurs traitements. À cet égard, ils regrettent que les informations ne soient pas communiquées spontanément à l'avance. Ils sont ainsi obligés de réclamer des renseignements et ne savent pas toujours à qui s'adresser. Ils estiment aussi les informations trop fragmentées, tout en reconnaissant les efforts fournis par les hôpitaux pour mieux communiquer.

EM : Les participants savent-ils qu'ils ont la possibilité de demander une estimation préalable des coûts liés à leur traitement ?

PV : Non. Très peu ont d'ailleurs déjà effectué cette démarche auprès de leur médecin ou de l'hôpital. La plupart des participants ont accueilli positivement cette possibilité. Ils comprennent bien que tous les coûts ne peuvent être déterminés à l'avance. Mais recevoir une estimation en euros est bien plus parlant qu'un pourcentage de plusieurs fois 100% de suppléments d'honoraires, par exemple.

EM : Au cours des discussions, d'autres problèmes ont-ils été mis en évidence ?

PV : Oui. Les demandes d’acomptes ont été régulièrement abordées. L'information n'est pas toujours explicite à ce propos et des participants ont raconté comment ils se sont retrouvés contraints de payer des acomptes élevés alors que cela ne leur avait pas été précisé avant l'admission. La pression exercée par le médecin ou l'hôpital pour choisir la chambre particulière a également été discutée. Des participants ont témoigné de leur expérience, choqués de voir que le fait d'être couvert par une assurance hospitalisation soit utilisé par les médecins pour facturer des suppléments d'honoraires.

EM : Quels souhaits expriment les participants vis-à-vis de l'hôpital ?

PV : En plus de l’instauration systématique d’une estimation des coûts, les participants plaident pour la mise en place d’un point de contact clair et accessible au sein de l’hôpital, auquel les patients peuvent s’adresser pour toutes leurs questions d’ordre financier. Ils attachent énormément d’importance au contact personnel en vue d’être correctement informés.