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Frilosité face aux défibrillateurs

© Ph Turpin BELPRESS © Ph Turpin BELPRESS

9.000 personnes sont terrassées chaque année en Belgique par un arrêt cardiaque inopiné. Les défibrillateurs permettent d'agir. Mais trop peu osent en faire usage.


Le défibrillateur automatique externe (DAE) est un appareil portable que l'on branche au thorax du patient en arrêt cardiaque via des électrodes. Il délivre des instructions orales, analyse le rythme cardiaque, détermine s'il est adéquat de délivrer un choc électrique et l'administre si besoin. En cas d'arrêt cardiaque, urgence, car chaque minute de retard de la défibrillation réduit la probabilité de survie de 10 à 12%. Dans les films, ça a l'air simple. Mais dans la réalité ? Le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) a évalué l'efficacité et le coût-efficacité des DAE accessibles au public.

Certains pays (Pays-Bas, Suède, Norvège…) combinent mise à disposition de défibrillateurs avec sensibi lisation et formation du grand public, des professionnels (pompiers, police…) et des volontaires aux gestes de survie. La Belgique, pour sa part, se limite à placer des appareils fixes (entre 8.000 et 10.000), sans réelle coordination. Ce dispositif, maigre, permet de sauver 6 à 28 vies par an.

Pourquoi si peu ? Seulement 8% des victimes d'arrêt cardiaque pourraient bénéficier de l'utilisation d'un DAE, identifie le KCE, car 30% des accidents se produisent dans l'espace public et la moitié seulement en présence de témoins. Aussi, parce que tous les arrêts cardiaques ne sont pas d'origine cardiaque. Les cas de noyade, d'overdose ou de trauma, comptabilisés dans les statistiques, ne nécessitent pas l'utilisation d'un DAE. Puis les victimes ne sont pas toujours récupérables au moment où l'AED peut être utilisé.

Autre élément : le degré d'utilisation de l'appareil. Le public est encore trop frileux, indique une étude anglaise. Sur 17.000 arrêts cardiaques en présence d'un témoin, 2,4% d'entre eux délivreraient des chocs. Au Danemark, 2,2%. Faute d'étude similaire en Belgique, "on peut raisonnablement affirmer que l’utilisation des DAE par les témoins y est aussi très rare", indique le KCE. Enfin, la difficile localisation du DAE pose également problème.

Le Centre fédéral recommande dès lors la mise en oeuvre d'une stratégie mêlant formation du grand public, utilisation d'appareils mobiles par les professionnels de l'intervention d'urgence, formation des bénévoles facilement mobilisables…