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Mesurer les inégalités pour mieux les juguler

Développé par l’Institut wallon de la statistique, l’ISADF permet de mesurer les inégalités d’accès aux droits fondamentaux. Cet indicateur, qui guidera les futures politiques de cohésion sociale en Région wallonne, démontre qu’il reste encore du chemin à parcourir pour dessiner une Wallonie plus égalitaire.


L’accès aux droits fondamentaux tels que la santé, l’emploi, la mobilité, logement et bien d’autres, devrait être le même pour tous les citoyens. Pourtant, un simple coup d’œil sur les cartes en ligne publiées par l’Iweps permet de mesurer le fossé qui peut séparer des communes distantes parfois de quelques kilomètres à peine.

Pour accéder à l’éducation et à la formation, mieux vaut vivre à Walhain, Tintigny ou Thimister, qu’à Gouvy, Viroinval ou Seraing. Si vous habitez dans le sud-est de la Province de Luxembourg, l’est ou l’ouest de la Province de Liège ou le Brabant wallon, vos chances de bénéficier d’une alimentation de qualité seront meilleures que si vous êtes installés dans le Hainaut. Le droit à la sécurité sociale, l’aide sociale et les prestations familiales, semble moins effectif pour les habitants de Couvin, de Verviers, Dison ou de Farciennes. "Pour le score général du ‘Droit à la santé’ qui agrège sept indicateurs, la distribution par zones géographiques est globalement similaire aux résultats des autres indicateurs. En général, une distribution des valeurs les plus faibles est clairement identifiable à partir de Boussu et le long de l’axe, en passant par Charleroi et Liège. Les accès aux droits fondamentaux y sont donc plus problématiques", peut-on lire dans le dernier numéro d' Éducation Santé, le mensuel des professionnels de la promotion de la santé, qui a rencontré les chercheurs derrière l’indicateur de synthétique d’accès aux droits fondamentaux (l’ISADF).

Lutter contre les inégalités d’accès aux droits fondamentaux passe d’abord par une meilleure connaissance de la problématique. Si certaines données locales sont aisées à obtenir, comme celles issues de registres administratifs ou de la sécurité sociale, d’autres sont moins faciles à collecter, regrette les chercheurs de l’Iweps qui s’exprimaient lors d’un séminaire organisé par l’observatoire de la santé du Hainaut. Les droits plus "subjectifs", comme l’accès à la participation citoyenne ou à l’épanouissement social, sont également plus difficiles à mesurer.