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Pas pour les hommes, le féminisme ?

Pas pour les hommes, le féminisme ? © iStock

Le féminisme n'est pas qu'une affaire de femmes. De plus en plus d'hommes sont sensi­bilisés à la cause de l'égalité des genres et remettent en question les clichés sexistes. Mais il y a encore beaucoup à faire, tant sur le plan privé que public, pour déconstruire le mythe de la virilité et détricoter les préjugés. À commencer par l'éducation de la prochaine génération.


Même pour ceux qui en ont conscience et tentent de le combattre, le sexisme reste très présent dans notre environnement. Pour peu qu'on les analyse à travers ce prisme-là, publicités, jeux vidéo, clips musicaux et paroles de chansons, films et séries télévisées… révèlent à quel point la domination masculine est profondément ancrée dans notre culture.

De simples choix d'expressions trahissent une pensée encore largement patriarcale, comme le montre l'historienne et linguiste Florence Montreynaud dans son éclairant ouvrage Le roi des cons (1). Nos enfants grandissent baignés dans ces images et ces messages. Ils en sont plus ou moins imprégnés. Les inégalités sont ainsi légitimées.

Un enjeu éducatif

Comment éduquer nos garçons pour éviter qu'ils ne deviennent, avant même qu'on ne s'en rende compte, vecteurs de ce sexisme, porteurs de clichés machistes ou paternalistes ?

La journaliste Aurélia Blanc s'est penchée sur la question (2) lorsqu'elle est devenue maman. Elle en a tiré un ouvrage fort bien documenté. L'égalité des genres, le respect des différences (en matière d'identités et d'orientations sexuelles), la non-violence, tout cela se pratique dès le plus jeune âge et commence au sein du foyer.

Susciter le dialogue avec les enfants, écouter ce qu'ils ont à nous dire, leur fournir des modèles en cohérence avec nos discours : voilà quelques pistes à envisager pour éviter de reproduire à chaque génération les schémas dont le féminisme tente de nous sortir, et prendre un peu de distance par rapport au sexisme ambiant.

Des clichés qu'on ne relève même plus

On est souvent sexiste sans s'en rendre compte et, surtout, sans le vouloir. Les clichés de genre se tapissent dans les petits détails du quotidien ou des paroles d'apparence anodine. C'est plus fort que nous, un garçon qui se passionne pour la danse classique ou la couture, et même une fille qui fait du rugby ou s'intéresse à l'astrophysique, feront tiquer la plupart d'entre nous. S'il s'agit de votre enfant, vous vous demandez sans doute comment ses goûts, s'ils vont à contre-courant des préjugés sexistes, seront perçus par l'entourage. Si Théo veut porter un pantalon rose à l'école, ses petits copains se moqueront-ils de lui ? L'insulteront-ils ?

Depuis des siècles, il existe dans les mentalités une sorte de hiérarchie des sexes : "(…) inconsciemment, nous avons tous intégré que lorsqu'une fille s'aventure sur un terrain dit ‘masculin’, c'est une forme de promotion. Et quand un garçon s'engage sur un terrain dit ‘féminin’, c'est au contraire une forme de déchéance", dénonce Aurélia Blanc.

Un piège pour les garçons

Comme le souligne la philosophe Olivia Gazalé, les garçons et les hommes se retrouvent eux-mêmes victimes d'une certaine image de la virilité : le mâle fort, puissant, sans émotions, qui ne pleure jamais, le héros sans états d'âme ont encore de beaux jours devant eux (3). Les modèles masculins, que ce soit dans les contes et les mythes ancestraux, mais aussi dans les productions contemporaines, perpétuent les stéréotypes, cadenassent hommes et femmes dans des rôles bien définis… et contraignants. Ces clichés et ces injonctions font le lit de la violence masculine à l'égard des femmes, mais aussi d'une certaine violence des hommes à l'égard d'eux-mêmes. Pour se conformer à l'image qu'ils pensent devoir donner d'eux, certains vont censurer leurs émotions, leurs envies, leur identité profonde. Le mythe de la virilité, comme l'appelle Olivia Gazalé, a fait de nombreuses victimes déjà, et pas que des femmes.

Changer les rapports entre hommes et femmes

Parmi les clichés qui ont donc la vie dure, celui du mâle séducteur, initiateur et acteur principal de la rencontre sexuelle, n'est pas en reste. Un homme "doit assurer", c'est à lui de faire le premier pas… Ce rôle dont il est tacitement investi dans nos imaginaires (tant masculins que féminins) doit être remis en question afin de libérer les garçons et les jeunes hommes de ce mythe de la supériorité masculine qui, depuis trop longtemps, engendre inégalités et parfois même violences, mais aussi mal-être identitaire et sexuel.

Comment faire de nos garçons, en ce 21e siècle, des hommes heureux, libres et ouverts ? Quelles clés peut-on leur fournir dès leur plus jeune âge ? L'enquête menée par Aurélia Blanc, qui propose dans son ouvrage de nombreuses pistes très concrètes, ravira les parents soucieux d'offrir à leurs enfants une éducation égalitaire.


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