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Apporter son aide aux demandeurs d'asile

par Hélène Marot - ASBL Droits Quotidiens -

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L’afflux récent des demandeurs d’asile a suscité de vives réactions évoquant peur, rejet et repli identitaire. A contrario, un formidable élan de générosité s’est fait sentir au sein de la population. De nombreux citoyens se demandent comment se rendre utiles.


Chaque pays signataire de la Convention internationale de Genève s’engage à assurer la protection des personnes qui arrivent sur son territoire, fuyant la guerre, la violence et les persécutions. C’est le cas de la Belgique.

Pendant l’examen de la demande d’asile par le Commissariat général aux réfugiés et apatrides (CGRA), notre pays doit assurer les garanties d’accueil afin de permettre aux personnes de vivre dignement durant le temps de la procédure (1). Elles doivent être logées, nourries et recevoir un minimum d’argent pour leur quotidien. Elles bénéficient aussi d’un accompagnement social, juridique et médical. On parle d’accueil ou d’aide matérielle. C'est Fedasil, l'Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile qui en assure la gestion.

Dès qu’une personne introduit une demande d’asile à l’Office des étrangers, elle se voit désigner une place dans un centre d’accueil. Si elle décide de ne pas s'y rendre, elle perd le bénéfice de l’aide matérielle. Elle ne peut donc pas prétendre à une aide financière équivalente et doit se débrouiller par ses propres moyens. Elle se prive aussi du suivi administratif et juridique assuré par Fedasil ou l'un de ses partenaires.

Pas de délit de solidarité

Aider ou héberger un demandeur d’asile est autorisé en Belgique. Il n’existe pas de délit de solidarité. Mais accueillir chez soi un demandeur d'asile peut s'avérer délicat pour la personne accueillie. En effet, en principe, le demandeur d’asile qui est hébergé par un particulier perd le droit à l’aide matérielle et financière octroyée par Fedasil. Le particulier s'engage ainsi, dans les faits, à prendre en charge les frais de séjour de cette personne. D'autre part, cette formule prive le demandeur d'asile de l’accompagnement sociojuridique de Fedasil, indispensable au bon déroulement de la procédure (convocation à l’audience, notification des décisions, etc.). Comment peut-on apporter une aide plus appropriée aux demandeurs d'asile alors ? Diverses possibilités existent, selon ce que l'on est en mesure d'offrir.

Si l'on est propriétaire d'un logement (maison, appartement, studio…), le mettre en location - à un prix inférieur à celui du marché et pour un an minimum - à une ONG qui a conclu une convention avec Fedasil, par exemple Caritas International (lire ci-dessous). De cette manière, le demandeur d’asile et sa famille restent dans le réseau d’accueil de Fedasil. Ils bénéficient ainsi des services prévus dans le cadre de l’aide matérielle et du suivi juridique, social et médical, assurés en l'occurrence par l'ONG.

Offrir du temps en tant que volontaire. Les demandeurs d'asile et leur famille ont besoin d'être accompagnés et aidés dans leurs démarches et activités quotidiennes. Les services qui peuvent être accomplis de manière bénévole, aux côtés des professionnels de l'aide et de l'accompagnement social, ne manquent pas : donner des cours de français, assurer des transports, aider à des démarches administratives, apporter un soutien scolaire aux enfants, offrir une aide médicale et psychologique, etc. Dans sa région, s'adresser au CPAS, à des écoles, à des organisations actives sur le terrain ou à des associations d'entraide.

Faire des dons en nature. Les vêtements, matériels et denrées alimentaires non périssables sont toujours les bienvenus. Le mieux est de se renseigner auprès des collectifs citoyens et des associations actives sur le terrain qui centralisent les demandes et les offres de dons. Il est important de savoir ce qui est le plus adapté pour éviter de surcharger les stocks inutilement (2).


Pour en savoir plus ...

>> Durant le mois qui suit la publication de cet article, consultez les questions complémentaires sur le thème abordé dans la rubrique accès libre sur le site : www.droitsquotidiens.be

>> Pour obtenir les coordonnées des organisations actives sur le terrain, consulter www.refugees-welcome.be. Une brochure intitulée "Accueillir une personne réfugiée chez soi : sous quelles formes et avec quelles conséquences juridiques ?" fait le tour de la question concernant les demandeurs d'asile, les réfugiés et les sans-papier.

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