© M. Cornélis © M. Cornélis

100 précurseurs se rassemblent pour penser le monde de demain. Ils viennent de l'associatif, de l'enseignement, du secteur culturel, de l'entreprise… La mission qui leur est confiée : penser la transition vers un monde soutenable. La dynamique, impulsée par la Fondation pour les générations futures et ses partenaires, s'appuie sur la mise en réseau.


Un professeur d'agro-écologie, un organisateur d'événements culturels, un chef d'entreprise, une militante… Leur point commun : mettre en œuvre des solutions innovantes, hors-cadre, réalistes et durables pour faire face aux défis qui se présentent à la société d'aujourd'hui. Pourtant issus de secteurs hétéroclites, ils portent une dénomination commune : créateurs d'avenir.

On dit d'eux qu'ils sont des "précurseurs". Comment le vivent-ils ? "Au début, ça me faisait sourire, répond Johan Verhoeven, impliqué dans un projet de supermarché participatif et coopératif à Bruxelles, mais c'est une sorte de reconnaissance de ce qu'on fait, la confirmation qu'on va dans la bonne direction." Eddy Montignies, un agronome qui, avec deux comparses, cultive de la quinoa à Rhisnes, en région namuroise, s'y retrouve "assez bien" : "En valorisant des produits peu communs, bio de surcroît, on nage devant". L'épithète ne serait donc pas exagérée.

L'individu d'abord

Quatre institutions ont identifié les 100 créateurs d'avenir : la Fondation pour les générations futures, le réseau d'entreprises Business society Belgium, Inter environnement Wallonie et de Concertes, active dans le domaine de l'économie sociale. Plutôt que d'être sélectionnés sur les projets, les partenaires ont volontairement braqué les projecteurs sur les individus qui s'y engagent. "Les projets porteurs de changement sont souvent menés par des personnalités fortes, explique Aline Goethals, de la Fondation pour les générations futures. C'est notre premier postulat. L'initiative s'appuie aussi sur la transversalité des secteurs. Elle rejoint la vision à 360 degrés chère à la Fondation." Alors ces acteurs des sphères de l'entreprise, de l'éducation à l'environnement, de l'économie sociale…, s'emploient à esquisser ensemble un monde meilleur en faisant fi des barrières sectorielles existantes. À terme, la synergie doit aider à accroître l'impact des actions portées par ces précurseurs.

@ M. CornélisQuelques réponses, beaucoup de questions

Première étape : Grand Hornu, en septembre dernier. Les 100 participants débarquaient dans le Hainaut pour apprendre, d'abord à se connaître, ensuite à identifier les modes de fonctionnement de chacun. Puis vint le mois d'octobre et l'événement "24h chrono pour un monde qui bouge". L'occasion d'esquisser des pistes permettant d'aller plus loin dans leurs actions, de faire émerger des idées nouvelles et d'outrepasser les embûches qu'ils rencontrent.

Pour la troisième et dernière halte, direction Bruxelles, le 18 décembre. Dans la salle qui les accueillent, créateurs d'avenir et stakeholders (personnes ressources, médias…) s'inscrivent à plusieurs tables de discussion. Alimentation, énergie, culture, emploi, services collaboratifs… Des thèmes variés qui évoquent la diversité des défis actuels où la transition mériterait d'être engagée. En 20 minutes, les participants prennent connaissance du travail accompli depuis le mois de septembre, posent des questions et tracent des perspectives. Puis les voilà invités à "butiner" à une autre table…

Le réseautage

Le projet des créateurs d'avenir s'arrête là, une fois les relations interpersonnelles bien engagées. Quelle sera la suite ? "Tout reste ouvert", affirme la Fondation pour les générations futures, sans en dire davantage. Une décision qui dépendra probablement d'une évaluation. Pour mesurer l'efficacité de l’action, un outil visuel est mis au point : le sociogramme, qui compile tous les contacts pris par les individus. "En comparant l'avant et l'après, nous pourrons dire qui a rencontré qui et mesurer le nombre d'interactions, explique Sandrino Holvoet, responsable de programmes à la Fondation. On verra aussi si tel et tel collaborent par après."

Qu'en pensent les participants ? Beaucoup évoquent le "réseautage" comme source de satisfaction, tout comme l'échange de savoirs, bénéfique au développement de leurs projets. Un témoignage laisse également croire que les conseils des comparses permettent de "lever certains doutes sur un projet pour avoir la certitude que celui-ci peut marcher". Assurément, cette expérience confortera ses participants dans l'idée qu'il est utile et nécessaire de panser le monde d'aujourd'hui et de penser celui de demain.

Pour en savoir plus ...

Plus d'infos : www.createursdavenir.be