Navigation
Retour à Vivre ensemble et citoyenneté

Femmes violentées face à la police : une question de (mal)chance

© Belgaimages © Belgaimages

Les femmes victimes de violences physiques ou psychologiques au sein du couple sont soumises à une véritable loterie. En arrivant au bureau de police, elles sont confrontées – parfois – au meilleur accueil, trop souvent au pire.


Depuis 2016, la Belgique est tenue de respecter une série de dispositions visant à lutter contre toutes les formes de violences exercées envers les femmes, mais aussi de les prévenir. C’est le résultat de la ratification, par notre pays, de la Convention d’Istanbul. Mais, s’il est un domaine dans lequel notre pays semble déficient, c’est celui de la façon dont les commissariats de police accueillent les femmes victimes de violences machistes.

Les témoignages recueillis à Bruxelles et en Wallonie tout au long de 2017 par Vie féminine, mouvement féministe d’éducation permanente, sont éloquents. Trop souvent, on ne veut pas y écouter les femmes. Les deux mots clés sont "banalisation" et "minimisation" des faits rapportés. Cela va de réflexions comme "Ce n’est pas pour deux claques…" à "Arrêtez de provoquer votre mari !", en passant par des incitations à ne pas porter plainte puisque "de toute façon, la Justice classe les dossiers sans suite".

Alors qu’ils y sont normalement obligés, tous les policiers ne recueillent pas nécessairement la plainte émise par la victime, par exemple sous le prétexte qu’elle n’est pas soutenue par un certificat médical. Le problème qui s’ensuit n’est pas seulement la non reconnaissance de la violence du compagnon ou du mari, donc l’absence de protection immédiate que la femme violentée est en droit d’attendre. Il réside, aussi, dans le fait que, faute de procès-verbal dans le dossier, les tribunaux en aval ne sont pas nécessairement outillés au mieux pour prendre des décisions importantes.

Vie féminine insiste : le problème est structurel, il ne s’agit pas de cas isolés. Dans son étude, l’association présente néanmoins une série de bonnes pratiques (notamment celles qui s’inspirent de la “tolérance zéro” en vigueur à Liège et Bruxelles). Mais celles-ci relèvent souvent d’initiatives individuelles de policiers ou de policières, de chefs de corps ou de membres du Parquet motivés. Il n’empêche, le constat général est sévère : "quand la police ne joue pas son rôle, elle génère de nouvelles violences et émet un signal fort : celui de la tolérance sociale des violences faites aux femmes…"

Pour en savoir plus ...

rapport complet disponible • 02/227.13.20 • www.viefeminine.be