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Passé le cap des 60 ans, lorsqu'on n'est pas dépendant, quel regard porte-ton sur son propre avenir ? La Fondation Roi Baudouin a mené l'enquête. 2.000 Belges âgés de 60 à 85 ans ont éclairé leur vision de la vieillesse, leurs attentes et leurs préoccupations. Globalement, les 60 ans et plus envisagent la vieillesse de manière positive. Mais pas tous. L'état de santé et l'isolement social influencent négativement leur perception du futur.


"Cela tranche avec l'image habituelle des vieux, qui râleraient toujours et seraient amers et nostalgiques" constate Maggy, une senior réagissant aux résultats de l'étude. Globalement, les 60 ans et + sondés envisagent l'avenir avec félicité (seuls les 60 et + non dépendants ont été interrogés). Leur niveau de bonheur est d'ailleurs supérieur à la moyenne de la population belge. Un constat à l'encontre de certaines idées reçues, dans une société où le jeunisme a le vent en poupe.

L'avenir en rose

68 % des sondés appréhendent le vieillissement de manière positive. Ils éclairent plusieurs facteurs qui con tribuent à leur bonheur. Ils ralentissent le rythme, ont plus de temps pour eux.

Ils font des choses qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de faire avant. Ils se sentent plus matures aussi. La retraite leur offre l'occasion de passer du temps avec leurs proches, d’être disponibles aux autres, etc.

Mais l'enquête attire aussi l'attention sur la fragilité de ces réjouissances. Car les nuages de l'isolement social et du déclin de la santé peuvent rapidement obscurcir l'azur des vieux jours. Une personne interrogée sur trois possède une vision négative de la vieillesse. Parmi les craintes évoquées : la perte de revenus arrive largement en tête (45% des sondés). Suivent l’inconnu, la perte d’autonomie, la solitude voire l’inutilité.

Prévenir plutôt que guérir

Quand on leur demande s’ils prennent des dispositions pour anticiper leurs vieux jours, seulement 26 % des sondés indiquent avoir entamé des initiatives concrètes. Un enjeu im - portant, selon la Fondation Roi Baudouin, qui encourage chacun à préparer cette transition. Même son de cloche chez Énéo – mouvement social des ainés de la Mutualité chrétienne. "Quand je serai pensionné, qu'est-ce qui risque de m'arriver ?" questionne Anne Jaumotte, chargée de projets chez Énéo. "Beaucoup de gens ne s'y préparent pas. Or, notre vie change. Le passage à la retraite a un impact assez transversal sur notre existence : sur la manière de vivre, le logement, le réseau social… Cela laisse de la place à des projets, mais demande une certaine préparation. Quand on arrive à la cinquantaine, on est confronté au vieillissement et à l'isolement par nos relations avec des proches – nos parents, par exemple – qui vivent ces réalités. C'est à ce moment-là qu'il devient sans doute opportun de se poser des questions sur le futur."

Énéo propose des modules de préparation à la retraite. Mais aussi le projet "Carnet de vie". Grâce à lui, on fait le point sur la vie qu'on a déjà menée, sur ce qu'on a envie de transmettre à ses proches, comment on envisage de continuer à vivre… Paradoxe : peu des sondés déclarent prendre des dispositions concrètes pour anti ciper l'avenir, mais nombre d'entre eux expriment des craintes quant à la perspective d'une perte d'autonomie. "L'urgence est très mauvaise conseillère" renchérit Anne Jaumotte. "Quelque chose de grave se passe : on n’a pas le temps ou on n’est pas en mesure de demander l'avis de la personne. Si elle-même n'a pas pris le temps d'y réfléchir, elle devra accepter une situation qu'elle n'a pas choisie et qui potentiellement ne lui conviendra pas. Imaginons qu'une personne devienne dépendante brutalement suite à un accident ou une chute, qu'elle ne soit plus en mesure de décider toute seule. Elle aura consigné dans ce carnet toutes les données lui permettant de vivre comme elle le souhaite. Par exemple, ne pas être confrontée à un acharnement thérapeutique. Elle peut également y inscrire le lieu de vie où elle souhaite être transférée."

"Des études sur les nonagénaires et les centenaires pourraient judicieusement venir compléter ce baromètre de la Fondation Roi Baudouin", ajoute Anne Jaumotte. "Actuellement, la Belgique compte 1.500 centenaires. En 2060, elle en dénombrera quelques 26.000. Ils ont à nous apprendre sur les moteurs de leur envie de vivre. C’est un des enjeux importants de demain. En matière de bien-être, la MC se positionne comme un interlocuteur privilégié, grâce à sa connaissance du terrain et des acteurs sociaux. Le service social, accessible gratuitement, est le lien idéal pour évoquer ses craintes financières."

Pour en savoir plus ...

Fondation Roi Baudouinwww.kbs-frb.be/fr/

Énéo • 02/246.46.73 • www.eneo.be

MC (numéro gratuit) : 0800/10.9.8.7