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L'Aide à la jeunesse peine sans cesse à trouver des familles d'accueil pour les enfants écartés de leur famille d'origine. Une pénurie qui touche particulièrement l'accueil d'urgence.


Chaque année en Fédération Wallonie-Bruxelles, 3.500 enfants sont éloignés de leurs familles d'origine et placés en famille d'accueil de manière volontaire ou contraignante. Dans un contexte de crise ou d'urgence (précarisation, maladie, deuil…), trois quarts d'entre eux rejoignent un membre de la famille proche. Les autres, environ 900 enfants, séjournent en famille d'accueil externe, pour une période très courte (accueil d'urgence, de 15 à 45 jours), courte (trois à neuf mois) ou longue.

Tel que le déplorent les acteurs du secteur, le manque de familles est constant dans les trois types d'accueil. L'accueil d'urgence rencontre toutefois des difficultés particulières, comme le souligne l'ASBL Accueil familial d'urgence (AFU), qui dispose de deux antennes à La Louvière et Nivelles. L'an dernier, elle s'est vue obligée de refuser une centaine d'enfants pour qui il n'existait pas de solution d'accueil familial en urgence. "Il nous faut réalimenter notre réseau de familles constamment parce que les situations familiales des accueillants changent, indique Julie Blondiau, psychologue et adjointe de direction. De plus, nous éprouvons de grandes difficultés à trouver des familles capables d'accueillir des enfants non scolarisés (jusqu'à 2,5 ans). La moitié des enfants pour qui nous cherchons des familles ont moins de trois ans."

L'accueil d'urgence s'appuie sur la solidarité et la disponibilité d'individus prêts à se réorganiser quelques semaines pour aider un enfant traversant une situation délicate. Mais avant, ils sont encadrés par une association (1) "pour préparer au mieux le projet et s'assurer que ce soit le bon pour eux", précise Julie Blondiau. Qui énonce quelques qualités des accueillants : "des personnes sensibilisées aux notions de solidarité et de générosité, non jugeantes, avec des qualités de communication, une ouverture d'esprit notamment sur les autres cultures… Et qui aiment la petite dose d'adrénaline qui va avec ce type d'accueil." D'un jour à l'autre, un coup de fil, un enfant.