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La privation de travail nuit à la santé

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La Fondation Travail-Université a sondé l'état de santé des personnes en situation de chômage. Plus il est court, moins les dommages sont lourds.


Il y a trois ans, la Mutualité chrétienne s'était penchée sur la santé des chômeurs de longue durée. Elle avait mis en évidence, notamment, le fait qu'ils fréquentaient davantage les maisons médicales que l'ensemble des salariés (pour des raisons financières) et qu'ils faisaient l'impasse plus souvent sur les dépistages dentaires et de maladies graves. À travers une récente étude portant sur quelque 2.000 personnes de trois types (chômeurs, allocataires de CPAS et personnes en incapacité de travail) interrogées à travers la Wallonie et Bruxelles, la Fondation Travail Université (FTU) affine et complète ce tableau préoccupant. 

Si 50% des sondés se déclarent dans un état de santé bon ou excellent (mais 16% dans un état mauvais à très mauvais), ils sont 43% du total à estimer que leur état s'est détérioré depuis qu'ils ne travaillent plus, ce pourcentage augmentant selon la tranche d'âge considérée et… avec le temps qui passe. Ainsi, ceux qui sont sans travail depuis moins de six mois estiment à 33% que leur santé s'est dégradée sur ce laps de temps, mais le chiffre monte à 55% pour ceux qui en sont privés depuis plus de deux ans. Le niveau de formation ne semble pas intervenir dans ce constat. En revanche, la proportion la plus élevée d'interrogés déclarant une dépression ou un état dépressif se trouve chez les travailleurs sans emploi ayant le niveau de formation le plus élevé, surtout chez ceux qui sont dans cette situation depuis plus de deux ans.

Le report ou le renoncement systématique à une consultation chez le médecin généraliste concerne 8% des répondants, mais grimpe respectivement à 19% et 17,5% pour les soins dentaires et l'achat de lunettes. Quant aux bouleversements de la vie quotidienne, c'est surtout le poste alimentaire qui est amputé de plein fouet (juste avant celui des loisirs), une personne sur deux estimant devoir se serrer la ceinture dans ses achats de nourriture et quasiment autant renoncer à des loisirs.