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Les dégâts de la casse auto

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Les activités de recyclage des voitures arrivées en bout de vie sont polluantes. En cause, des émissions élevées de PCB, dues aux activités de broyage. Émoi et inquiétude à Courcelles et dans une poignée d'autres sites industriels en Wallonie.  


Les entreprises qui broient les automobiles en fin de vie constituent peut-être des menaces importantes pour la santé de leur personnel et des riverains. Les résultats d'un rapport récent de l'administration wallonne soulèvent de vives inquiétudes. Ce rapport, réclamé en 2016 par la commune de Courcelles, fait apparaître une pollution importante aux PCB (polychlorobiphényles). Ces molécules chlorées toxiques et parfois cancérogènes se retrouvent dans les poussières dégagées par les broyeurs et dans les boues de lavage des gaz. La dégradation des PCB dans l'organisme est un processus très lent. La plupart de ces molécules ont aussi pour effet de perturber le fonctionnement hormonal des personnes qui les ingèrent ou les inhalent.
La Wallonie compte six – et bientôt sept – de ces entreprises "recycleuses" de voitures, dont la mission est de récupérer et trier un maximum de pièces, de même que les résidus de fluides (huiles, liquides…). Regroupées en fédération, ces entreprises sont en conflit avec la Wallonie suite à l'imposition de nouvelles normes jugées trop sévères.
Pour la ministre régionale de l'Environnement, Céline Tellier (Ecolo), il est inutile de fermer à ce stade un ou des site(s) de broyage. Rien ne prouve à ses yeux, en effet, la présence d'un danger grave et immédiat. La pollution pourrait être le résultat d'une pollution qualifiée d'"historique". Entendez : une pollution diffuse liée aux activités industrielles qui se sont succédées dans les zones incriminées.
Pour mieux évaluer l'importance des pollutions actuelles, elle a proposé la mise en place d'un programme de surveillance via l'observation de mousses et de divers végétaux, réputés être de bons indicateurs de pollution. Elle a aussi renouvelé la recommandation officielle de ne plus manger les œufs des poulaillers familiaux, de laver et rincer les fruits et végétaux poussant à proximité et de surveiller l'entrée d’animaux domestiques dans les habitations. Peu réjouissant pour les familles et les écoles situées dans les vents dominants…