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L’hypersensibilité environnementale, un mal trop peu (re)connu ?

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Souffrir sans être diagnostiqué et, de ce fait, ne pas être pris en charge, tel est le vécu de personnes souffrant d’hypersensibilité environnementale. Ces malades tentent pourtant de se faire entendre du monde médical et politique.


L’hypersensibilité environnementale (HE) désigne une multitude de réactions aux produits chimiques (produits de nettoyage, parfums…), au rayonnement électromagnétique (téléphonie mobile, antennes relais…) et à d’autres facteurs environnementaux (moisissures). On parle d’hypersensibilité car cette sensibilité se déclare à des niveaux d’exposition tolérés habituellement par la majeure partie de la population.

Souvent incompris de leur entourage mais aussi de leur employeur ou de leur médecin, ces malades finissent par trouver, grâce au bouche à oreille et à Internet, des personnes atteintes des mêmes maux qu’eux. Ensemble, ils se soutiennent et tentent de se faire entendre. Certaines associations ont fait du 12 mai la journée internationale de l’HE. Leur objectif premier est de faire reconnaitre l’HE par l’OMS et/ou par leur gouvernement, explique Christine Malfay-Régnier, la présidente de l’association SOS MCS (Multiple Chemical Sensitivity). Cette docteure, atteinte de sensibilité chimique, déplore le cercle vicieux dans lequel elle et d’autres se trouvent : "Sans reconnaissance, il n’y a pas de recherche et donc pas d’intervention". Si les malades peinent à se faire entendre, c’est entre autres parce que les symptômes sont multiples et peuvent toucher tous les systèmes du corps (nerveux, musculosquelettique, respiratoire…). L’HE englobe en réalité une gamme de maladies chroniques qui se chevauchent. Autre obstacle à une reconnaissance, il s’agit d’une maladie relativement récente liée au développement de produits chimiques et technologiques et sur laquelle on a donc in­suffisamment de recul. Surtout, traiter l’HE exige de remettre en questions nos valeurs et nos choix de société tels qu’être accessible partout via son GSM ou favoriser la déconnexion en certains endroits, évoluer dans des environnements parfumés (bougies d’intérieur, dif­fuseurs…) ou neutres, faire primer le coût de certains matériaux ou denrées sur leur qualité ou l’inverse… 

Pour en savoir plus ...

Association belge francophone de défense contre les nuisances électromagnétiques : 060/21.29.11 (13-19h) • www.teslabel.be • Association française traitant de l’hypersensibilité électromagnétique et chimique : www.ehs-mcs.org.