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La première conférence internationale de l'ONU sur les mers et les océans s'est tenue à New-York, soulignant les centaines de projets locaux sensés venir à bout de la surpêche, de la pollution, de l'acidification, etc. Suffisants pour enrayer le déclin?


Les grands équilibres de la planète (physiques, alimentaires, géostratégiques…) ne dépendent pas uniquement du maintien de la température moyenne du globe à l'intérieur de certaines limites. Ils passent aussi par le respect des océans et des ressources côtières, réputées assurer les besoins de base de quelque trois  milliards de personnes. C'est le sens d'une conférence internationale à haut niveau – dite "Océans" – qui s'est tenue récemment à New-York, destinée à propulser les 193 États-membres des Nations-Unies vers le respect du 14e Objectif du Développement durable (ODD). Celui-ci fait partie d'une liste de 17 objectifs définis en 2015 par la communauté internationale pour succéder aux Objectifs du Millénaire, jugés insuffisants. 

C'est dire qu'il y a du pain sur la planche… Les discours tenus à la conférence ont rappelé que chaque kilomètre  carré d'océan de la planète contient, en moyenne, 13.000 détritus plastiques. Entiers ou désintégrés, ils tuent chaque année 100.000 mammifères et un million d'oiseaux, s'insinuant dans toute la chaîne alimentaire. En 2050, leur volume pourrait dépasser celui des réserves de poissons, a précisé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Près de 30 % de ces réserves sont surexploitées et 50 % exploitées au maximum, alors que 97 % des pêcheurs artisanaux vivent dans les pays en développement, là où la montée des eaux est la plus problématique. Par ailleurs, après l'Arctique, l'Antarctique commence lentement à se disloquer sous l'effet du réchauffement.

Le but de ce genre de conférence est de favoriser l'inspiration croisée des différents participants : États, entreprises, ONG, etc. La Belgique y a vanté, notamment, son plan d'aménagement des espaces marins qui concilie éoliennes géantes, circula- tion maritime, activités de pêche, tourisme, exploitation de sable, etc. Au soulagement général, les États-Unis ont proclamé qu'ils continueraient à soutenir la dynamique de protection des océans en dépit de leur défection de l'accord "Climat" signé à Paris fin 2015. On cherchera en vain la cohérence… Le réchauffement du climat a, en effet, pour caractéristiques majeures de renforcer l'acidification des océans et de "blanchir" (ravager) les bancs de coraux. Soit de compromettre le rôle de "puits" de carbone joué par les immensités marines.