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Mon appartement, mes vers et moi

© Estelle Toscanucci
Une vermicompostière dans sa cuisine. Un moyen simple pour recycler certains déchets. © Estelle Toscanucci
Une vermicompostière dans sa cuisine. Un moyen simple pour recycler certains déchets.

Réduire la quantité de déchets organiques présents dans les sacs poubelles tout en produisant de l’engrais de qualité, c’est possible aussi lorsqu’on vit en ville, dans un logement de petite surface, sans terrasse, ni balcon ou jardin. Il suffit d’avoir un peu d’aide. Elle est apportée par des lombrics. Ces petits vers, colocataires dociles et utilement gloutons, méritent bien un peu de prose.


Nathalie et Xavier vivent dans un joli appartement bruxellois situé à quelques pas du Palais de Justice et du quartier des Marolles. Depuis décembre dernier, ils ont installé dans leur petite cuisine une vermicompostière. "Outre l’épargne de quelques sacs poubelles, nous avions surtout envie de participer, à notre échelle, à la diminution du volume de déchets traités par la Ville de Bruxelles, on se dit que c’est toujours ça de pris !", explique Nathalie. Le couple a ensuite suivi une formation d’une matinée à l’ASBL Worms, qui forme et informe sur les différents types de compost à Bruxelles. L’initiation terminée, ils sont repartis directement avec la vermicompostière et ses occupants. "Cela nous a coûté 75 euros, mais la somme a été entièrement remboursée par la Ville de Bruxelles". De nombreuses communes bruxelloises offrent en effet aujourd’hui des primes à l’acquisition de vermicompostières, elles remboursent partiellement ou intégralement le matériel nécessaire au démarrage de l’aventure. "Nous constatons qu’il y a de plus en plus de personnes intéressées par le vermicompost, confirme Francisco Davila, chargé de missions à l’ASBL Worms. Et aujourd’hui, il y a environ 160 composts de quartier dans les 19 communes bruxelloises. Chacun d'entre eux permet à environ 30 à 40 ménages d’y déposer leurs déchets organiques". Ce sont essentiellement des initiatives citoyennes, souvent subventionnées par la commune, et gérées par des citoyens qui ont suivi des formations leur permettant d’acquérir le titre de maîtres composteurs (1).

Baptême de compost

Initiatives collectives ou individuelles, l’engouement est bien visible. Mais si l’on souhaite qu’il reste intact, mieux vaut ne pas se lancer à l’aveuglette. "On peut commettre quelques erreurs de débutant mais cela se corrige très facilement", rassure Fancisco Davila. Nathalie n’a pas connu de souci depuis l’arrivée des lombrics tigrés dans son habitat : "Au départ, j’ai trouvé que les vers étaient assez peu actifs. On déposait des épluchures et on voyait qu’elles ne disparaissaient pas. Mais au bout d’un moment, ça s’est mis en route. Les vers doivent s’acclimater. Un déménagement, c’est difficile pour tout le monde ! Au départ, on a aussi remarqué l’apparition de quelques petites mouchettes mais rien de grave. Lors de la formation, on nous a appris à stopper leur développement et elles ont rapidement disparu. Nous n’avons jamais retrouvé de vers se baladant dans l’appartement et la seule légère odeur que nous remarquons lorsque nous soulevons le couvercle est celle de déchets organiques frais qui rappelle le sous-bois". Une information juste sur le cycle de vie des vers, ce qu’ils peuvent consommer (2), la quantité de déchets à déposer (3) et la température à respecter (4) permet d’éviter les ennuis.

Le "jus de vers"

L’achat d’une vermicompostière permet de réduire le volume de déchets organiques mais elle a un autre bel avantage : la production de percolat (un engrais liquide) et de compost. “Les vers font un travail essentiel, rappelle Francisco Davila. Ils donnent un nouveau rôle à l’épluchure. Ce n’est plus un déchet, mais une ressource. À la fin du cycle de traitement, on obtient un produit de qualité, riche en azote et en nutriments qu'on peut utiliser par la suite comme fertilisant très puissant. Il est d’ailleurs impératif de le diluer avant utilisation." Les quantités récoltées ne sont pas énormes. Le compost récupéré à la fin équivaudra à environ 10% du volume des épluchures. Il faut trois ou quatre mois pour que le compost soit mûr. “J’utilise ce que j’appelle ‘le jus de vers’ pour nourrir mes plantes, confirme Nathalie. J’en donne également à mes voisins.” Passée la petite aversion que l’on pourrait ressentir à accueillir un tel élevage dans son lieu de vie, le vermicompost déploiera ses nombreux atouts. Un beau travail d’équipe pour la réduction des déchets et le respect de l’environnement.


Avant de se lancer :

Une petite formation ou la lecture attentive d’un guide vous permettra de commencer l’aventure de manière confortable.
 
À Bruxelles, vous trouverez quantités d’informations auprès de :
L’ASBL Worms : Rue Van Elewyck 35 à 1050 Ixelles • 02/611.37.53 • info@wormsasbl.org • www.wormsasbl.org.
 
Vous pourrez également consulter sur le site la carte des composts de quartier.
Bruxelles environnement : 02 / 775.75.75 • www.environnement.brussels
 
Et en Wallonie :
Toutes les infos sur le compost : http://environnement.wallonie.be/education/compost/