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Pension à 67 ans : un mauvais calcul

© S. Dufranne © S. Dufranne

En visite chez le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, la Mutualité chrétienne, Éneo et la CSC ont martelé leur opposition à la pension à 67 ans. Arguments à l'appui.


Retarder l'âge de la pension légale à 67 ans ? Pour le gouvernement fédéral, l'affaire est entendue. L'augmentation de l'espérance de vie et la nécessité de garantir la viabilité financière du système de pensions suffisent pour justifier cette décision. Pour la Mutualité chrétienne, c'est un peu plus compliqué que cela… Elle s'est jointe récemment à son mouvement social des aînés (Éneo) et à la CSC pour faire entendre un autre son de cloche aux oreilles du ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine.

Débarquant au conseil communal de Chaudfontaine, son fief électoral, 300 militants ont rappelé que l'espérance de vie en bonne santé dans notre pays est de 64,8 ans, et non 67. Et cette espérance de vie est nettement plus courte pour les personnes moins qualifiées ou exerçant les tâches les plus rudes. Si l'âge de la pension légale est fixé à 67 ans, on assistera très probablement à une augmentation des incapacités de travail au détriment des caisses de la Sécurité sociale. "Faire bosser les gens de plus en plus vieux, c'est dangereux pour leur santé physique et mentale, s'est exclamé un policier présent parmi les militants. Abîmées par leurs conditions de travail rudes ou stressantes, de nombreuses personnes ne tiendront pas le coup aussi longtemps".

En restant les yeux braqués sur les coûts, le gouvernement néglige la facette sociétale du problème, estiment les organisations. Exemple : si les aînés ne peuvent s'occuper de leurs petits-enfants qu'à 67 ans, il va falloir créer de nouvelles places dans les structures d'accueil de la petite enfance. Et c'est sans compter que cet allongement de la carrière ne rapportera pas grand-chose aux personnes concernées : "Deux euros par mois", a commenté, amère, une aide familiale présente à Chaudfontaine appelée à travailler cinq années supplémentaires…

On verra si le ministre, désormais gratifié par les trois organismes d'un cornet acoustique (pour mieux entendre la voix de la rue), continuera à y faire la sourde oreille.