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Incontinence : des centaines d'euros à la poubelle !

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Si les langes pour bébés sont recyclables (1), il n’en va pas de même pour les protections pour adultes, en raison des résidus médicamenteux qu'elles peuvent contenir. Ces protections atterrissent d’office dans les poubelles ‘tout venant’. Altéo s'émeut du surcoût pour les ménages concernés qui habitent dans des communes facturant la collecte des déchets au poids.


Facturer au poids les déchets non recyclables pour inciter les ménages au tri et au recyclage. Cette pratique louable tend à se généraliser dans les communes wallonnes (rien de tel, par contre, en Région bruxelloise). Toutefois, ce mo - de de gestion et de taxation des déchets n’est pas sans conséquence pour certains habitants fragilisés sur le plan de la santé et obligés de jeter du volumineux matériel médical aux poubelles tout venant.

"L'incontinence peut générer jusqu’à 2,9 kilos de changes par jour, soit plus d’une tonne par an", explique Gérard Silvestre, animateur chez Altéo, mouvement social des personnes malades, valides et handicapées, à Liège.

"En euros, la facture peut grimper jusqu’à 1.500 euros par an. Autant d'argent qui part à la poubelle et s’ajoute à l'achat des changes pour adultes et aux autres frais de santé souvent déjà onéreux : médicaments, aides à domicile…". 

Certes, la plupart des communes accordent des réductions ou tarifs préférentiels aux ménages qui produisent de grosses quantités de déchets pour raisons médicales. Mais ces réductions ne compensent pas ou trop rarement le surcoût de la facturation.

"Dans certaines situations, c’est la débrouille qui règne pour diminuer la facture, poursuit Gérard Silvestre. Je citerai l'exemple d'une famille qui fait sécher les protections usagées pour diminuer leur poids. Sans parler de la tentation du dépôt sauvage et j'en passe..." 

La régionale liégeoise d'Altéo a interrogé une dizaine de communes en Province de Liège pour mieux cerner la réalité : "Les ménages dont un membre est incontinent représentent un pourcentage infime de la population (0,27 %). Si, pour eux, le surcoût lié aux déchets de changes est substantiel, il se situerait, pour la commune, entre 0,3 à 0,6 % du budget qu'elle consacre à la collecte des déchets", constate l'animateur d'Altéo.

L'ASBL invite dès lors les pouvoirs communaux à exempter de la part variable de la taxe déchet les ménages concernés, comme le fait déjà la commune d'Hannut.