Maladies chroniques

Hypertension et diabète sous les radars en 2020

Selon une récente étude de l'Agence intermutualiste (AIM), la consommation de certains médicaments et le diagnostic de certaines affections chroniques ont chuté en 2020. C'est notamment le cas pour le diabète et l'hypertension. En cause : le confinement strict appliqué dès l'apparition chez nous de la pandémie.


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Julien Marteleur

Julien Marteleur

Entre 2019 et 2020, une diminution de 6% des nouveaux consommateurs (environ 18.000 personnes) de médicaments contre l'hypertension et une diminution de 7,4% (environ 7.000 individus) en ce qui concerne le diabète ont été constatées, selon une récente étude de l'Agence intermutualiste (AIM) (1). Celle-ci a porté sur quatre groupes de médicaments (l'hypertension, le diabète, les affections respiratoires et le TDAH -trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité-), relativement aisés à identifier car ils ne sont souvent utilisés que pour une seule affection. 

L'hypertension et le diabète sont des maladies courantes qui ne provoquent pratiquement aucun symptôme dans la phase initiale et qui ne sont généralement découvertes que lors d'un examen de routine chez le médecin généraliste. Lors du premier confinement en 2020, ces consultations non-urgentes ont été presque complètement mises à l'arrêt. La reprise a été effectuée par les médecins généralistes dès que possible, mais l'étude montre qu'il n'y a jamais eu de mouvement de rattrapage conséquent dans le domaine du traitement médicamenteux. Autrement dit, les patients qui n'ont pas entamé de traitement pendant le confinement ne l'ont pas fait plus tard cette année-là non plus. Résultat : une série de patients souffrant d'hypertension artérielle n'a pas été détectée et traitée en 2020, selon les données disponibles. Idem pour les patients diabétiques.

Du côté des bonnes nouvelles, les chercheurs de l'AIM ont par contre constaté que le taux d’observance thérapeutique (la manière dont un patient suit à la lettre le traitement qui lui est prescrit), était resté sensiblement le même en 2020 qu'en 2019. La grande majorité des consommateurs réguliers a en effet continué à se rendre en pharmacie comme auparavant.


(1). "Impact de la crise du coronavirus sur la consommation de médicaments", M. Van Duynslaeger, D. Willaert & J. Vanoverloop, AIM, février 2022. Le rapportde l'étude est disponible sur ima-aim.be.