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Emploi et handicap visuel : encore de nombreux freins

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Selon la Ligue Braille, les freins à l'emploi à l'égard des personnes aveugles et malvoyantes sont encore importants. Problèmes de mobilité et environnement de travail mal adaptés, certes. Mais aussi persistance des préjugés et méconnaissance du handicap.


Dans le secteur public, les employ - eurs ont pour obligation de compter 2 à 3% de personnes porteuses d'un handicap dans leurs effectifs. Sans cette obligation, beaucoup d'employ - eurs publics engageraient-ils des personnes aveugles et malvoyantes ? Pas sûr… À travers son enquête "Emploi", la Ligue Braille a voulu en savoir plus. Elle a interrogé 521 personnes, principalement ses membres (42% disposent d'un emploi et 82% s'en disent satisfaits).

Ils sont cependant 40% à songer à une réorientation professionnelle. Mais pour trouver un (nouvel) emploi quand on est atteint d'un handicap visuel, il faut s'armer de persévérance. Les résultats de l'enquête révèlent en effet que les personnes aveugles et malvoyantes font face à de nombreux freins lors de la recherche d'un travail.

La mobilité (accès au lieu de travail, permis de conduire obligatoire…) est l'obstacle le plus important avec 42,75% des suffrages. Ensuite, près d'un répondant sur cinq ne se sent pas suffisamment formé, a fortiori dans un monde du travail où maximalisation du rendement et flexibilité sont devenus les maîtres mots. Les "pièges à l'emploi", à savoir un écart entre le salaire et le revenu de remplacement jugé insuffisant, ont récolté 10,76% des voix.

Peur de ne pas être à la hauteur

Parmi les autres freins relevés par les participants à l'enquête, plus d'une personne sur deux mentionne les préjugés et une méconnaissance du handicap visuel de la part des employeurs et des collègues. Ceux-ci cultivent une crainte que le travailleur aveugle ou malvoyant peut également développer. "La peur de ne pas être à la hauteur du fait de la fatigue visuelle intense, la peur de ne pas tenir le coup", confie un répondant. "Si vous avez l’opportunité de démontrer vos capacités, vous devez être au moins trois fois plus performant que vos collègues sans handicap pour être considéré comme collègue à part entière", ajoute un autre.

Enfin, l'environnement de travail insuffisamment adapté, voire pas du tout, est également au coeur des préoccupations des répondants. Logiciels et processus de recrutement pas adaptés, réticences de l'employeur à investir liées à des complications administratives… Les efforts à fournir sont encore nombreux. Pour remédier à ces difficultés, la Ligue suggère de privilégier l'intervention d'un Service d'insertion professionnelle adapté au handicap visuel.

Pour en savoir plus ...

Détail de l'étude sur www.braille.be