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Séparation et argent : la galère des familles monoparentales

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La Ligue des familles s'est penchée, via une enquête, sur le budget des parents après une séparation. Il en ressort que de nombreuses familles monoparentales parviennent difficilement à joindre les deux bouts. Ce sont essentiellement les femmes qui sont concernées. Cet appauvrissement pourrait être en partie résolu grâce aux contributions alimentaires. Mais l'étude de la Ligue montre que ces contributions ne correspondent pas à la réalité des parents et ne sont pas toujours honorées ou calculées de manière objective. 


563 parents ont répondu aux questions de la Ligue des familles. Ils sont 58 % à vivre seuls et 42 % à évoluer dans une famille recomposée. 85 % d'entre eux avouent connaître des difficultés financières. Ce sont essentiellement les frais de logement et ceux liés aux enfants (loisirs, vêtements, mobilité) qui semblent difficiles à assumer.

Ces difficultés s'accentuent pour les 14 % de pères et mères qui ne perçoivent pas une contribution alimentaire qui leur est pourtant accordée, et pour les 26 % qui la perçoivent de manière irrégulière ou très irrégulière. La perception de cette rente est souvent liée au mode d'accord sur le montant : 88 % des parents qui se sont arrangés à l'amiable reçoivent la contribution alimentaire, mais ils ne sont que 55% lorsqu'un jugement s'est avéré nécessaire. Un constat interpellant lorsqu'on sait que ce sont essentiellement les familles à revenus modestes qui font appel à la justice pour les questions financières et d'hébergement des enfants.

Pour ces familles se pose également la question de l'accès à la justice et des frais que cela engendre. 41 % des familles interrogées ont eu recours à la justice, 57% estiment que cela coûte cher. Et seules 5% d'entre elles estiment que la contribution fixée est juste. 

Quelles solutions?

Comment aider ces familles qui doivent à la fois gérer de fortes émotions et assurer le bien-être de leurs enfants ? La Ligue des familles propose différentes pistes de solutions. Parmi celles-ci : le refinancement du Secal, l'administration prévue pour la récupération des contributions et chargée de payer des avances en cas de non-paiement. La Ligue propose encore l'emploi d'une méthode de calcul standardisé pour les créances alimentaires.

Selon Yves Coemans, membre de la commission fédérale des contributions alimentaires, les magistrats privilégient actuellement l'octroi de sommes forfaitaires et utilisent des méthodes différentes qui peuvent entraîner des incompréhensions. Celles-ci sont causées, notamment, par une lecture incomplète ou erronée de documents fiscaux – tels les avertissements extrait de rôle ou les fiches de paie – et le manque de temps pour traiter chaque cas de manière personnalisée. Enfin, la Ligue voudrait lancer un débat de société pour réfléchir aux nouvelles solidarités à organiser au regard des situations réelles, et complexes, vécues par ces familles. 

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