Prévention

 
Prudence avec l’e-cigarette !
 

Si le tabagisme est plus nocif que le vapotage, la cigarette électronique n’est pas dénuée de risque non plus. C’est la nouvelle conclusion du Conseil supérieur de la santé.  

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(c) AdobeStock
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Candice Leblanc

Candice Leblanc

Parce qu’elle ne contient pas de tabac, la cigarette électronique est certainement moins nocive que la “classique”. De là à dire que vapoter est dénué de risque, voilà un pas que le Conseil supérieur de la santé (CSS) se garde bien de franchir. Au contraire, cet organisme, chargé de formuler des avis scientifiques indépendants afin de guider les décideurs politiques et les professionnels de la santé, a rendu un nouvel avis sur la question (1). Il en ressort 3 grands points.

  1. Nous manquons de recul sur les potentiels effets à long terme des e-liquides sur la santé. Actuellement, plus de 1800 substances sont disponibles sur le marché, dont de nombreux arômes. Si ces derniers sont généralement autorisés dans les denrées alimentaires, quels sont leurs effets sur l’organisme lorsqu’ils sont inhalés ? Nous l’ignorons. En attendant de le savoir, le CSS conseille de ne plus autoriser de nouveaux ingrédients et d’étudier les effets par inhalation de ceux déjà en vente. Si une quelconque toxicité était découverte, il faudrait bien entendu retirer les produits concernés du marché.
  2. Cela dit, les experts du CSS sont unanimes : par rapport au tabac, la cigarette électronique représente un moindre mal pour les fumeurs. Elle peut d’ailleurs être une aide au sevrage tabagique. En revanche, pour les non-fumeurs, elle peut être une porte d’entrée vers le tabagisme, surtout si les e-liquides contiennent de la nicotine. À celles et ceux qui ne fument pas, notamment les jeunes, le message est donc clair : ne commencez pas à vapoter !
  3. Enfin, le CSS plaide pour que la disponibilité et l'accessibilité des cigarettes électroniques soient davantage encadrées. Il faut aussi veiller à ce que le vapotage ne gêne pas l’objectif global de réduction de la prévalence du tabagisme dans la population. Car c’est une chose de se passer de tabac ; c’en est une autre de se sevrer du geste…       

 

(1) Avis n° 9549, juin 2022.