Navigation
Retour à Prévention

Dépister le cancer du col de l'utérus

© Philippe Turpin - BELPRESS © Philippe Turpin - BELPRESS

Le cancer du col de l'utérus est, en Belgique, la 6e cause de décès par cancer chez les femmes. Chaque année, environ 650 nouveaux cas sont détectés en Belgique, et environ 200 femmes décèdent des suites de cette maladie. La maladie se développe lentement, ce qui permet de la dépister – et de la soigner ! – bien avant qu'elle ne devienne dangereuse.


Ce dépistage est un geste tout simple, bien connu de la plupart des femmes : le "frottis de col", est réalisé par le médecin traitant ou le gynécologue. Cet examen permet de détecter la présence éventuelle de cellules précancéreuses au niveau du col de l'utérus, et donc de casser l'engrenage qui mène à la maladie, en entamant un suivi et un traitement local adéquat. Le dépistage par frottis permet aussi, chez les femmes jeunes, de préserver la fonction du col, qui est de maintenir l'utérus bien fermé pendant la grossesse, et d'éviter ainsi des accouchements prématurés.

Le frottis, mode d'emploi

Le frottis cervical n'est pas plus (ni moins) inconfortable que l'examen gynécologique au cours duquel il se pratique. Pour ce test, rapide et indolore, le médecin introduit dans le vagin un spéculum et prélève quelques cellules du col de l'utérus en y passant une petite brosse ou une spatule en bois. Le prélèvement est analysé en laboratoire pour vérifier qu'il n'y a pas de cellules (pré) cancéreuses. 

S'il trouve une anomalie, le médecin peut proposer soit un nouveau prélèvement et une simple surveillance pendant quelques mois, soit une colposcopie (un examen pour regarder le col avec une loupe grossissante et éventuellement prélever une biopsie), soit une intervention locale.

Ce dépistage devrait idéalement être pratiqué tous les trois ans chez les femmes de 25 à 65 ans. Cette fréquence suffit à détecter à temps d'éventuelles anomalies. La ménopause n'est pas une raison pour l'arrêter. Certaines anomalies repérées lors du frottis guérissent spontanément dans les 6 à 18 mois.

Bon à savoir : Un dépistage trop fréquent (à intervalle de moins de trois ans) n'apporte pas de bénéfices et risque d'entraîner des inquiétudes et des traitements inutiles.

Le virus HPV en cause

Plus de 95% des cancers du col de l'utérus sont liés à une infection persistante par certains virus appelés papillomavirus humain ou HPV. Ces virus très répandus se transmettent très facilement par contact de muqueuse à muqueuse (organes génitaux, bouche). Ils donnent des infections qui passent le plus souvent inaperçues et guérissent spontanément en quelques mois. Mais parfois, le virus s'installe dans les cellules du col de l'utérus et y entraîne progressivement des modifications. Dans certains cas, un cancer peut apparaître après 10 à 15 ans.

Bon à savoir : Plusieurs facteurs influencent le risque de cancer du col. Parmi eux, un âge précoce des premiers rapports sexuels, un nombre élevé de partenaires, la présence d’autres maladies sexuellement transmissibles ou le tabagisme.

Le frottis, (presque) toute la vie

Des vaccins contre les papillomavirus humains permettent de réduire le risque de cancer du col de l'utérus (lire ci-dessous). Mais la vaccination ne protège pas contre tous les virus HPV. Vaccinées ou pas, le frottis reste donc une mesure de prévention indispensable pour toutes les femmes. Plus un problème est découvert tôt, moins le traitement est invasif et moins il risque de menacer la fertilité. Une détection à un stade précoce, lorsque la maladie est encore très localisée, augmente fortement les chances de guérison.

Pour en savoir plus ...

>> Plus d'infos sur le programme de dépistage du cancer du col de l'utérus : www.ccref.org/particulier/col.php

Combien coûte la vaccination ?

La Fédération Wallonie-Bruxelles offre un accès gratuit au vaccin contre les papillomavirus de types 16 et 18 (Cervarix ™) aux jeunes filles de 13-14 ans ou qui fréquentent la 2e année secondaire, la 1ère S ou la 1ère D. La vaccination peut être effectuée gratuitement dans le cadre scolaire ou par le généraliste ou un gynécologue. Pour bénéficier de la gratuité, le vaccin doit être commandé par le médecin vaccinateur auprès de la FWB.

Par ailleurs, pour les trois types de vaccins contre les papillomavirus humains délivrés en Belgique, un remboursement partiel est octroyé par l'assurance soins de santé obligatoire à condition que la jeune fille ait au moins 12 ans et n'ait pas encore atteint l'âge de 19 ans au moment de l'administration de la 1ère dose du vaccin. Le coût à charge de la pati - ente est alors de 11,90 euros par dose de vaccin (7,90 pour la patiente BIM). Actuellement, aucun remboursement n'est accordé aux garçons. Selon le vaccin (administré avant l’âge de 14 ou 15 ans), il coûte au patient soit 2 X 68,93 euros (CervarixTM), soit 2 X 118,25 euros (GardasilTM), soit 2 X 134,52 euros (Gardasil9TM).

Enfin, quel que soit leur âge, les membres de la MC en ordre de cotisations à l'assurance complémentaire bénéficient d'une intervention lors de l'achat d'un vaccin à concurrence de 25% du prix payé avec un maximum de 25 euros par an. La procédure est simple : demander une attestation BVAC au pharmacien et la remettre, munie d'une vignette jaune, à son conseiller mutualiste.

// Joëlle Delvaux

Papillomavirus : vacciner les adolescents

Le Conseil supérieur de la santé recommande depuis peu la vaccination contre le papillomavirus humain ou HPV, un virus sexuellement transmissible, à tous les adolescents, filles et garçons.

Les papillomavirus humains sont une famille de virus très contagieux. Certains sont inoffensifs, comme par exemple ceux qui provoquent les verrues banales et les verrues plantaires. Mais d’autres peuvent provoquer des infections au niveau des organes génitaux et de l’anus. C'est à partir de ces infections – qui ne donnent aucun symptôme – que peuvent apparaître, après plusieurs années, des lésions précancéreuses du col de l’utérus (la partie inférieure de l’utérus, en contact avec le vagin) et, plus rarement, de la vulve, de l'anus ou du pénis. Certains types de papillomavirus sont responsables de verrues génitales (condylomes), chez l’homme comme chez la femme.

Bon à savoir : Le papillomavirus se transmet lors d’une relation sexuelle, de caresses intimes et de contacts de peau à peau. Le port d’un préservatif ne protège donc pas à 100%.

Vacciner pour réduire le risque de cancer

Trois vaccins contre les papillomavirus humains sont disponibles dans notre pays :

  • un vaccin bivalent (types 16 et 18) (Cervarix™), 
  • un vaccin quadrivalent (types 16, 18, 6 et 11) (Gardasil™), 
  • un vaccin nonavalent (types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58) (Gardasil9 ™). 

Selon le Conseil supérieur de la santé (CSS), chez les jeunes filles et femmes qui n'ont jamais été infectées, les vaccins bivalent et quadrivalent ont une efficacité de 90% pour les types HPV responsables de 74% des cas du cancer du col de l’utérus en Europe. Dans cette même population, le vaccin nonavalent a une efficacité de 96% sur cinq types supplémentaires de HPV. Il pourrait ainsi offrir une protection contre les types HPV responsables d’environ 90% des cancers du col de l’utérus.

Des recommandations élargies

En Belgique, la vaccination contre le HPV est recommandée à un âge relativement précoce, avant que débute la vie sexuelle, car le risque de transmission du virus est présent dès le début de celle-ci. Depuis décembre 2017, le CSS (1) recommande :

  • la vaccination généralisée des adolescents de 9 à 14 ans inclus. Jusqu'à présent, la recommandation ne concernait que les jeunes filles, pour protéger contre le cancer du col de l'utérus. Mais l'élargissement aux garçons permet de prévenir chez eux d'autres types de cancers − ano-génitaux et de l’oropharynx − pour lesquels le papillomavirus est impliqué, et de limiter la propagation des virus. Avant 15 ans, le schéma de vaccination s'effectue en 2 doses (la 2e dose, 6 mois après la 1ère) ; 
  • la vaccination de rattrapage des jeunes femmes et hommes de 15 à 26 ans inclus. Elle peut être proposée par le médecin traitant à celles et ceux qui n’ont pas bénéficié de la vaccination prophylactique généralisée. Dans ce cas, le schéma s'effectue en trois doses (la 2e dose à 1 ou 2 mois après la 1ère, et la 3e à 6 mois). Le risque d’infection et de lésions dysplasiques et cancéreuses étant particulièrement accru chez les homosexuels, ceux-ci devraient se voir proposer cette vaccination jusqu’à 26 ans inclus. 
  • la vaccination des personnes immuno- déprimées. Les patients transplantés et les patients vivant avec le VIH constituent un groupe à risque accru d’infection HPV persistante et de lésions dysplasiques et cancéreuses. Ils peuvent bénéficier d’une vaccination HPV selon un schéma en 3 doses à réaliser de préférence avec le vaccin nonavalent. 

Effets indésirables

Comme tout vaccin, celui contre le papillomavirus peut entraîner des effets secondaires : maux de tête, douleurs musculaires, douleurs à l’endroit de la piqûre ou au bras avec, parfois, une fatigue, une légère fièvre et des maux de ventre passagers. Les autorités de santé nationales et européennes considèrent que le rapport bénéfices/risques de la vaccination HPV est favorable.

>> Plus d'infos sur le site www.vaccination-info.be