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Comment diminuer les risques de mortalité maternelle ?

© Marine Vincent © Marine Vincent

Les chiffres sont éloquents : 830 mamans meurent chaque jour dans le monde suite à des complications pendant leur grossesse ou leur accouchement. Et 99% de ces femmes vivent dans des pays en voie de développement (1). Pourtant, des solutions existent pour diminuer le risque de mortalité maternelle, rappelle l'ONG Memisa. Une question cruciale à quelques jours de la journée de la femme.


"Une grossesse n'est pas une maladie. La majorité des grossesses se passent bien. Mais il y a un pourcentage qui est considéré comme à risque et des complications peuvent survenir lors de l'accouchement", commente le docteur Elies Van Belle, Manager Development & Funding pour  Memisa, une ONG belge qui lutte depuis plus de 30 ans contre la mortalité maternelle et infantile en Afrique. Les consultations prénatales ont alors toute leur importance pour prévenir certains risques. Mais avant tout, les femmes doivent pouvoir être dirigées vers un milieu hospitalier performant quand c’est nécessaire. "99% des cas de mortalité maternelle se passent dans les pays où les systèmes de santé sont peu fonctionnels, précise le docteur Van Belle, majoritairement en Afrique subsaharienne, en Afrique de l'Ouest et en Asie."

La clé pour diminuer la mortalité maternelle réside dans un système de santé capable de prendre en charge la femme à partir du moment où elle est enceinte jusqu'après l'accouchement. Pour Elies Van Belle, "c'est le défi des pays en voie de développement… Le minimum est d’avoir une personne bien formée avec de l'expérience, dans un centre de santé par exemple, qui sache poser un diagnostic correct, qui ait à disposition une infrastructure, du matériel de base, de la lumière et de l'eau. Ensuite, quand c’est nécessaire, il faut pouvoir assurer le transport de la femme vers un hôpital qui fonctionne avec un médecin compétent et tout le nécessaire pour faire une césarienne."

L’accès financier est également une question délicate : "70 à 80% de la population ne sait pas payer des soins couteux comme une césarienne… Certaines femmes craignent de ruiner leur famille en se tournant vers une structure médicale. Elles cherchent d'autres solutions qui ne sont pas les bonnes…" constate Elies Van Belle, qui a une grande expérience de terrain.

Concrètement

Les principales complications médicales, qui représentent 75% de l'ensemble des décès maternels, sont les hémorragies sévères, les infections, l'hypertension durant la grossesse et les complications dues à l'accouchement.

Memisa collabore avec les structures de santé locales pour améliorer l’encadrement et la formation de collaborateurs, fournir du matériel médical de qualité et tenter de garantir l’accès aux médicaments. "Nous essayons de renforcer les systèmes nationaux d’approvisionnement en médicaments pour arriver à des solutions durables, et pour cette raison, nous n'achetons pas de médicaments en Belgique pour les envoyer sur place, assure le Dr Van Belle. Nous pouvons, par contre, subventionner l'achat sur place pour éviter des ruptures de stock, pour leur permettre d'acheter des médicaments en quantité suffisante et à un prix abordable pour la population."

Le transport d'urgence reste également un problème épineux à résoudre. Des jeeps sont transformées en ambulance. Et là où même ces voitures ne passent pas, ils utilisent des prototypes de motos-ambulance ou des bateaux-ambulance. "Après 90 km et plusieurs jours sur un vélo, je suis arrivée au centre de santé. J'ai eu beaucoup de chance… J'aurais pu accoucher sur le bord de la route", témoigne Mathilde, jeune maman congolaise de 23 ans.

(1) Les chiffres proviennent de l'OMS.

Mamans pour la vie

Maman avec son adoPour sensibiliser les mamans belges aux difficultés que rencontrent les mamans d'Afrique lors de leur grossesse et de leur accouchement, Memisa organise une séance photo "maman et enfants". En échange d'un don au montant tout à fait libre, les familles peuvent passer un moment complice avec leurs enfants devant l'objectif d'une photographe professionnelle.

Dates : le dimanche 15, le samedi 21 et le dimanche 22 mars à Bruxelles, le samedi 28 mars à Liège, le dimanche 29 mars à Gand

Informations et inscription obligatoire : mamanspourlavie.be

À gagner : 2 séances photo en famille

Pour les lecteurs d’En Marche, Memisa offre deux séances : une à Bruxelles (choix de la date entre le 21 et 22 mars et de l'heure) et une à Liège (heure au choix). Envoyez un mail à enmarche@mc.be pour le dimanche 15 mars à minuit au plus tard, avec en objet "Séance photo + lieu choisi". Indiquez vos coordonnées complètes : nom, prénom, numéro de membre MC et adresse postale. Les gagnants seront tirés au sort et prévenus par e-mail.