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Cancer de la prostate : parfois attendre et surveiller

© Claude Cortier/Belpress © Claude Cortier/Belpress

Découvrir un cancer et ne pas le traiter immédiatement, mais le maintenir sous haute surveillance, peut sembler saugrenu. C'est pourtant ce que recommandent le Centre fédéral d'expertise en soins de santé (KCE) et le Collège d'oncologie à propos des “petits cancers de la prostate bien localisés”.


Dans un guide de bonnes pratiques à disposition des cliniciens, le Centre d’expertise et le Collège d’oncologie recommandent de “traiter d’emblée les cas à haut risque, et de placer sous haute surveillance les cas à risque faible”. Leurs conseils rejoignent ainsi les avis exprimés de longue date par certains urologues.

Comme l’expliquait le professeur Bertrand Tombal des Cliniques universitaires Saint- Luc, dans nos colonnes voici deux ans, “le cancer de la prostate est une maladie complexe. Bien que 20 à 40% des hommes âgés de plus de 50 ans présentent des foyers microscopiques de cancer dans la prostate, la grande majorité ne mourra pas de cette maladie.

Certains cancers de la prostate évoluent en effet très lentement, ce qui explique qu’il n’est pas toujours nécessaire d’agir d’urgence. D’autant que le traitement peut s’accompagner d’effets secondaires importants et pénibles, tels l’incontinence et les troubles de l’érection. Si un traitement ne se justifie pas directement, il ne s’agit cependant pas d’oublier l’affaire. Une surveillance active – par des examens réguliers – doit être pratiquée afin de vérifier l’évolution.

Idéalement, précisent les auteurs du guide, le patient et les soignants (oncologue, urologue, radiothérapeute, médecin de famille…) devraient prendre une décision concertée qui tient compte de la catégorie de risque du cancer mais aussi de l’état de santé global, des répercussions sur la qualité de vie avec ou sans traitement et de l’espérance de vie individuelle du patient.

Pour que le patient puisse participer réellement à la décision et faire un choix raisonné, il doit avoir reçu “une information claire et exhaustive au sujet des différentes possibilités de traitement et de leurs avantages et inconvénients respectifs”. Voilà le souhait exprimé par le KCE, qui poursuit ses recherches afin d’accompagner les hommes qui envisagent le dépistage par PSA (antigène spécifique de la prostate).