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L'efficacité des médicaments génériques

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Les pouvoirs publics encouragent désormais les médecins et les patients à orienter leur choix vers des médicaments génériques ou bon marché. Cela permet de belles économies pour les ménages. Mais ces médicaments ont parfois encore mauvaise réputation. Sont-ils réellement aussi efficaces que les autres ?


Un nouveau médicament lancé sur le marché par une firme pharmaceutique est protégé par un brevet durant 20 ans à partir de la découverte de la substance active à l’origine du médicament. Pendant la période de ce brevet, seule cette firme peut commercialiser le nouveau médicament comme "médicament de référence" et rentabiliser ainsi ses investissements.

Après cette période, d’autres firmes pharmaceutiques peuvent mettre ce médicament en vente, sous un autre nom de marque. Si elles apportent la preuve qu’il a le même effet et qu’il est au moins 31% moins cher que le médicament de référence, il s’agit d’un médicament générique. 

Ce médicament doit être enregistré par l'AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé), comme tout médicament, et pour cela il doit répondre à une série de critères de qualité : il doit contenir le même principe actif (ou substance active) que le médicament original, le même dosage (quantité de substance active par médicament), se présenter sous la même forme (par exemple comprimé ou gélule, sirop…), avoir la même qualité thérapeutique. Son prix doit aussi répondre à des exigences légales.

Les médicaments bon marché, quant à eux, sont des spécialités originales dont le brevet a expiré et dont le producteur a choisi d’abaisser le prix au niveau du ou des générique(s) concurrent(s), voire en-dessous. Il arrive donc parfois que l’original soit moins cher que la copie.

Comprendre les prix

Les médicaments génériques sont présents en Belgique depuis pas mal d’années. Cependant, ce n'est qu'à partir de 2001 que leur part de marché a réellement augmenté. En effet, avec le système de remboursement de référence, l’assurance maladie rembourse moins qu’avant les médicaments de référence pour lesquels il existe une alternative générique remboursable. Cela explique que des médicaments hier entièrement remboursés peuvent être payants aujourd’hui si c’est toujours le médicament de référence qui est prescrit.

Certains producteurs de médicaments de référence ont réagi en diminuant leurs prix. La différence de prix entre un médicament de référence et son générique varie donc d’une spécialité à l’autre. Comme les 31% de baisse que la loi impose aux prix des génériques est un minimum, il existe souvent aussi des écarts de prix entre les différentes marques de génériques pour un même médicament de référence.

Médecins et médicaments génériques

Tout patient a le droit de demander à son médecin de lui prescrire de préférence des médicaments génériques. De nombreux médecins le font déjà spontanément. Si le praticien continue à prescrire un médicament original, qu’il connait bien et qu’il a l’habitude de prescrire, le patient ne doit pas hésiter à en discuter avec lui. Un médecin peut toutefois refuser de prescrire un médicament générique (en cas de risque d’intolérance par exemple). Dans ce cas, le patient ne pourra pas aller à l’encontre de sa décision.

Et le pharmacien ?

Le pharmacien ne peut, à la demande du patient, remplacer un médicament original par son équivalent générique. En Belgique, le pharmacien est en effet obligé de respecter la prescription :

  • Si le médecin précise la marque d’un médicament sur sa prescription, le pharmacien doit fournir précisément cette marque ; 
  • S’il s’agit d’antibiotique, une nouvelle réglementation oblige désormais le pharmacien à délivrer le produit le moins cher, à moins que le médecin ne note explicitement que la substitution n’est pas autorisée (en cas d’intolérance par exemple) ; 
  • Si le médecin choisit de prescrire n’importe quel médicament sans mentionner de nom de marque et utilise alors le nom international officiel (DCI ou Dénomination Commune Internationale) de la substance, le pharmacien doit vendre le médicament le moins cher contenant cette substance et respectant les informations précisées sur la prescription.

Pour les médicaments ne nécessitant pas de prescription médicale, et ne faisant donc pas l’objet d’un remboursement, le client peut demander le moins cher à son pharmacien. Ensemble, ils définiront le choix le plus avantageux.

Un outil pour faire des économies !

La Mutualité chrétienne propose sur son site un outil permettant de comparer les prix pour des médicaments similaires. En introduisant, par exemple, le nom d'un médicament ainsi que la forme et le dosage souhaités, le module comparatif permet d'avoir un aperçu de l'ensemble des produits identiques, d'en connaître le prix de vente, le montant à charge du patient et d'en télécharger la notice. Il est possible d'utiliser cet outil via le lien suivant : www.mc.be/services-en-ligne/medicaments-generiques