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Enceinte ? Une vigilance accrue face à la médication

Dans certaines situations, de maladie chronique par exemple, la médication est nécessaire voire vitale pour la future mère.
© B.Boissonnet-BSIP Dans certaines situations, de maladie chronique par exemple, la médication est nécessaire voire vitale pour la future mère.
© B.Boissonnet-BSIP

La grossesse est une période particulière aussi en matière de soins. Car elle ne fait pas vraiment bon ménage avec les traitements médicamenteux. Tant la santé de la maman que celle du futur bébé doivent guider la marche à suivre. Conseils aux femmes enceintes ou désireuses de l'être.


"La prise de médicaments au cours de la grossesse suscite généralement une certaine inquiétude chez les femmes enceintes, partagée en partie par le corps médical", observe le Crat, Centre français de référence sur les agents tératogènes. Tératogènes ? Se dit des substances, des médicaments, qui augmentent le risque de malformation du fœtus.

Si le risque zéro n'existe pas, il est cependant des lignes directrices qui permettent de le réduire fortement :

  • Tout d'abord, il s'agit d'éviter de recourir à l'automédication. La prudence est de rigueur, même pour un traitement qui semble bénin.
  • Le premier réflexe est de s'informer auprès de son médecin. Il ne faut jamais prendre un médicament sans un avis médical même si ce médicament est vendu sans ordonnance. Attention : un médicament qui a été autorisé en début de grossesse peut éventuellement être contre-indiqué lors des derniers mois.
  • Autre réflexe : être proactive et mentionner l'existence de sa grossesse ou de son désir d'enfant lorsqu'on est en contact avec des professionnels de santé (médecin, pharmacien, infirmière, dentiste…). La future maman préférerait parfois le garder pour elle. Elle pourrait aussi oublier de le mentionner ou penser que ce n'est pas nécessaire tant c'est évident à ses yeux. Pourtant, le dire ou le rappeler sont gages d'un soin ou d'une prescription adaptés.
  • En cas de traitement, prendre connaissance de la notice compte aussi parmi les réflexes à avoir. Le répertoire commenté des médicaments du Centre belge d'information pharmacothérapeutique (1) peut constituer un bon complément, actualisé. Si, à la lecture de ces informations, la patiente nourrit quelques inquiétudes, elle ne doit surtout pas hésiter à entamer le dialogue avec son médecin ou son pharmacien.

Médicament rime avec prudent

Dans certaines situations, de maladie chronique par exemple, la médication est nécessaire voire vitale pour la future mère. Doit s'entamer alors avec le médecin une réflexion pour peser le pour et le contre du traitement, pour envisager des alternatives éventuelles aux risques moindres. Quoi qu'il en soit la dose efficace la plus faible sera préférable.

Si le choix est possible entre plusieurs traitements, on aura également recours de préférence à de "vieux" médicaments, mieux connus. Entendez ceux pour lesquels on bénéficie d'un certain recul. Les observateurs le constatent : le marché des médicaments fourmille d'innovations et c'est certainement un bien. Mais la pression pour un accès de plus en plus rapide aux traitements croît elle aussi. Au risque de manquer de recul, de ne pas s'appuyer sur une période suffisante d'observation des effets indésirables. La prudence reste de mise.

Si les règles d'enregistrement des médicaments incluent le passage par des études cliniques strictes, ce n'est pas le cas pour les "produits de santé" comme les compléments alimentaires par exemple. Vendus en pharmacie voire en grandes surfaces, ils ne bénéficient pas du même encadrement. La législation à leur égard est plus souple, la correspondance entre leurs indications et leurs effets est moins contrôlée. Avec eux, plus encore, il s'agit d'agir avec retenue. S'en passer reste la meilleure option.