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Rhinite allergique : sortez les mouchoirs…

par MONGENERALISTE.BE, Infor santé -

La rhinite allergique a pour origine une sensibilisation anormale du système immunitaire.
© Belgaimage CULTURARF La rhinite allergique a pour origine une sensibilisation anormale du système immunitaire.
© Belgaimage CULTURARF

Le bon air du printemps – ou de l’été – entre dans la maison et tout à coup… une série d’éternuements débute, le nez coule, les yeux pleurent. Ce n’est pas un rhume, ni même un "rhume des foins", mais une rhinite allergique saisonnière.


Les pollens, issus de plantes ou d’arbres (comme les bouleaux en début de printemps), sont les grands responsables de la rhinite allergique saisonnière. Des poussières, des poils d’animaux, certaines moisissures ou céréales, les acariens (des mites microscopiques) peuvent également provoquer de telles réactions allergiques qui risquent, elles, de persister tout au long de l’année. Bon à savoir : lorsque le responsable de la crise d’allergie n’est plus présent dans l’environnement de la personne, les symptômes disparaissent.

Rhinite allergique et asthme

La rhinite allergique a pour origine une sensibilisation anormale du système immunitaire. Se croyant agressé par une substance étrangère, pourtant banale et a priori inoffensive, ce système de défense de l’organisme déclenche une réaction excessive ou inadéquate contre cet "allergène" entré en contact avec les yeux ou les voies respiratoires.

Au nez qui coule, au larmoiement, peuvent s’ajouter : congestion nasale, maux de gorge, voix rauque et toux, altérations du goût, de l’odorat, de l’a cuité auditive (surtout chez les enfants), irritation et rougeurs sur la peau, gonflement des paupières, difficultés respiratoires. Outre la fatigue due aux symptômes, la rhinite allergique augmente le risque d’otite moyenne chez les enfants. Elle peut aussi, chez certaines personnes, être accompagnée de crises d’asthme. La rhinite persistante risque également d’être à la source d'une sinusite chronique.

De nombreux asthmatiques ont aussi des symptômes de rhinite allergique. Une prise en charge précoce par le médecin généraliste peut éviter l’aggravation de l’asthme et son évolution.

Un terrain favorable à la rhinite allergique

Affection de plus en plus fréquente, la rhinite allergique (dite aussi "atopique IgE-médiée") apparaît généralement entre 5 et 20 ans, plus souvent chez les garçons. Les enfants nés dans une famille comptant un ou deux parents allergiques présentent davantage de risques que les autres. Pourtant, l’allergène qui provoque leurs symptômes n’est pas forcément le même que celui du ou des parents. Et, s’il s’agit du même allergène, il n’entraîne pas forcément les mêmes conséquences. On peut aussi vivre parfois des années en étant confronté à un allergène avant qu’il provoque une rhinite allergique.

Il est bon de savoir qu'on peut réduire le risque d'allergie respiratoire en évitant le tabagisme et l’exposition à la fumée du tabac, qui créent un terrain propice aux maladies respiratoires.

Traitements ?

Tout d'abord, le médecin généraliste va chercher à identifier les allergènes responsables de la rhinite en retraçant l’historique des symptômes et les conditions de leurs apparitions. Dans certains cas, un test cutané ou sanguin contribuera à démasquer ces "ennemis". Une fois les allergènes connus, l’idéal consiste à ne plus y être exposé – ou le moins possible – afin de prévenir les crises ou de réduire l’aggravation des symptômes.

Selon les cas, il faut donc traquer les acariens et les moisissures, réglementer la vie du chat ou du chien de la famille (voire parfois s'en séparer) ou rester le plus à l’abri possible des pollens, en évitant de sortir les jours où ils sont (plus) présents dans l’air…

Certains médicaments soulagent et atténuent les symptômes de la rhinite : il s’agit notamment des antihistaminiques ou des corticoïdes locaux (en spray nasal). Les décongestionnants diminuent la congestion nasale, mais ils ne devraient pas être utilisés en continu, et jamais plus de 10 jours d'affilée. Des gouttes pour les yeux sont utiles en cas de conjonctivite allergique.

Si ces traitements sont insuffisants, le médecin généraliste propose parfois une désensibilisation à l’allergène (surtout contre les pollens). Ce traitement consiste à injecter des doses croissantes d’allergènes dans le corps ; il s’étale sur plusieurs années et est efficace dans la moitié des cas.

Pour en savoir plus ...

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Les pollens

Les grains de pollen sont aussi invisibles à l’œil nu. Ils sont pourtant les allergènes les plus rencontrés à l’extérieur. Ils sont transportés par le vent ou les insectes. L’allergie se développe lorsque la concentration de pollen dans l’air atteint une certaine moyenne. Il est intéressant pour les personnes allergiques de se renseigner sur les différents "pics" polliniques.

La saison pollinique varie d'une année à l'autre, mais gagne généralement en intensité à la fin du mois de mars, avec l'apparition du pollen de bouleau, très allergisant. Les différents graminées arrivent ensuite en mai, juin et juillet avant l'armoise, qui clôt la saison vers septembre. Des "spores fongiques" (champignons) allergisants peuvent aussi être présentes dans l'air de juillet à septembre, provoquant parfois des réactions allergiques, rappelle l'Institut de Santé publique.

Il existe des calendriers montrant les périodes "à risque". Il est possible de suivre les bulletins spéciaux sur les pollens diffusés à la radio, à la télévision (avec le bulletin météo), sur Internet… Le calendrier pollinique est constamment actualisé sur le site www.airallergy.be.

Les personnes sensibles au pollen doivent savoir que pendant cette période, il vaut mieux qu'elles ferment les vitres en voiture, évitent de tondre le gazon, ne laissent pas le linge sécher dehors. En bref, qu'elles réduisent l'exposition à cet allergène pour eux.

La désensibilisation : qu’est-ce que c’est ?

Comme l’allergie est une réaction inappropriée de l’organisme à une substance donnée, la désensibilisation consiste à habituer petit à petit l'organisme à celle-ci, pour éviter la réaction. Il faut bien sûr d’abord bien cerner l’allergène incriminé.

Ensuite, concrètement, on donne régulièrement des doses de l'allergène – au départ minuscules –, afin de développer une tolérance (1). Au fur et à mesure, les doses sont augmentées jusqu'à la dose maximale tolérée par le patient. C'est la phase initiale du traitement. Ensuite, vient la phase d'entretien au cours de laquelle on administre, à intervalles réguliers, cette dose maximale tolérée.

Tout cela doit bien sûr se faire sous surveillance médicale. La désensibilisation se passe parfois en séjour à l’hôpital. Selon l'Organisation mondiale de la santé, la désensibilisation est, avec l'éviction des allergènes, le seul traitement susceptible de modifier l'évolution naturelle de l'allergie.

Comment ça marche ?

Les injections sont longtemps restées la voie d'administration de référence. Aujourd’hui, on le fait de plus en plus par voie sublinguale (en mettant des gouttes sous la langue). Cette méthode est moins contraignante que la première qui doit être réalisée au cabinet du médecin.

Prendre le traitement par voie sublinguale demande néanmoins une véritable discipline : les injections sont hebdomadaires, tandis que la prise par voie orale est quotidienne ! Chaque matin, à jeun, la personne allergique devra prendre un nombre de gouttes fixé par le médecin. La durée du traitement dépend de chaque patient mais il faut compter de 3 à 5 ans pour obtenir de bons résultats.

Pour quelles allergies ?

On utilise d’abord ces traitements pour les patients qui ont une gêne permanente, qui a tendance à s'aggraver ou encore s’il y a risque d'apparition d'asthme. De même, on le propose aux patients qui n'arrivent plus à contrôler leur allergie et doivent avoir recours à des traitements médicamenteux puissants.

On peut soigner plusieurs allergies en même temps, mais moins on en traite, plus le traitement est efficace. Mais tous les allergènes ne peuvent pas faire l'objet d'une désensibilisation.

Ce traitement s'adresse en priorité aux personnes allergiques aux acariens, aux pollens ou aux venins d'hyménoptères (guêpes, abeilles…). Sur ce type d'allergènes, on obtient de très bons résultats. Ils sont de l'ordre de 70 %. Avec les venins, on obtient même des chiffres supérieurs à 90 % !

On désensibilise aussi les personnes allergiques aux chats, aux chiens et aux moisissures mais avec une moins bonne efficacité. Par ailleurs, la désensibilisation permet d’éviter l’aggravation de la maladie chez les adultes et les enfants, en empêchant notamment l’évolution vers un asthme.