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Le bon chemin pour naître

© O. Dessy BELPRESS © O. Dessy BELPRESS

Mon enfant naîtra-t-il par voie naturelle ou par césarienne ? Rares sont les femmes qui, à un moment ou l'autre de leur grossesse, ne se posent pas cette question. Le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) apporte une réponse claire quant aux conséquences de la césarienne. Il rappelle que celle-ci ne doit être réalisée que lorsqu’elle est vraiment nécessaire.


Le nombre de césariennes (extraction du fœtus par incision de la paroi de l'utérus) ne cesse d'augmenter dans le monde et la Belgique ne fait pas exception, avec 21% des naissances. De grandes différences se marquent d’un hôpital à l’autre (de 11,8 à 32,9%), ce qui interpelle aussi l’Agence intermutualiste. Le KCE rappelle que la césarienne est pleinement justifiée lorsqu'un accouchement par voie basse s'annonce risqué pour la mère ou pour l'enfant.

Le hic, c'est que de plus en plus de césariennes semblent obéir à des logiques de "convenance" ou d'"organisation", en dehors de toute indication médicale. De là, l'initiative de rappeler aux futurs parents et aux professionnels les risques liés à ce type d'intervention.

Le risque principal, pour la maman, concerne ses grossesses suivantes : elle est alors exposée à un risque accru de rupture utérine. Cet accident est rare mais peut avoir une issue dramatique. En l'absence d'études claires et déterminantes, le KCE se montre prudent à propos des autres risques. Ainsi, l'allaitement ne semble pas être impacté par le choix césarienne/voie basse à la condition, dans le premier scénario, d'avoir bénéficié d'un encadrement professionnel bienveillant.

En matière de fuites urinaires, c'est surtout la grossesse elle-même qui est à la source des difficultés, mais l'option voie basse peut légèrement augmenter le risque. En matière de problèmes respiratoires de l'enfant, il y a bien une suspicion de risque augmenté en cas de césarienne, mais il peut être circonscrit en choisissant avec soin le moment de l'intervention (pas avant 39 semaines).

Par ailleurs, il n'y a pas de preuves, à ce stade, de l'influence du mode de naissance sur l'immunité ou le développement du bébé, donc sur les allergies, l'obésité, les maladies auto-immunes, l'autisme, les troubles de l'attention, etc.

Enfin, le KCE relève que l'infirmité motrice cérébrale (IMC, liée au manque d'oxygène pendant la naissance) a longtemps été une crainte majeure des obstétriciens. De là, la tentation de la césarienne. "Mais, corrige le KCE, il est aujourd'hui établi que l'IMC peut déjà être présente au cours de la grossesse".

Et de conclure que la césarienne, en tant qu'intervention chirurgicale, n'est jamais anodine et qu'il est "inacceptable d'y exposer la mère et l'enfant si leur état de santé ne le justifie pas".