Navigation
Retour à Politiques sociales

La précarité en hausse

(c) G.Houin - Belpress (c) G.Houin - Belpress

L'Institut pour un développement durable (IDD) vient de faire paraître une étude sur l'évolution de la précarité en Wallonie. Elle répond, d'après l'Institut, au besoin d'actualiser notre regard sur la question. Un constat : les jeunes et les quinquagénaires du sud du pays semblent particulièrement touchés par la précarisation.


"Je n'arrive plus à joindre les deux bouts... Dans ma vie, tout est gris... Je me sens inutile, un poids pour les autres… Mon travail est sous-payé mais je n'ose le quitter, de peur de me retrouver au chômage…" La précarité comporte bien des dimensions, explique Philippe Defeyt de l'IDD. On peut en souffrir dans ses conditions de vie matérielle, son capital social, ses relations affectives… Elle regroupe des situations objectivables et d'autres plus subjectives, relatives au vécu de personnes se considérant comme précaires.

Un changement de mesure

L'indicateur européen de risque de pauvreté – très utilisé aujourd'hui – indique une quasi-stabilité du taux de pauvreté depuis plus de 10 ans en Belgique. Une estimation qui ne collerait plus à la réalité vécue sur le terrain, explique l'IDD. L'institut souligne un décalage grandissant avec les données de fréquentation des services sociaux ainsi que de nombreux témoignages et études.

L'IDD propose le recours à un nouvel indicateur. Ce dernier se base sur des dimensions sociodémographiques (personnes et parents seuls) et socioéconomiques (demandeurs d'emplois, bénéficiaires du revenu d'intégration, invalides, travailleurs en CDD), insuffisamment prises en compte dans le calcul du seuil de pauvreté.

La situation délicate des 50-64 ans

En s'attardant sur la période entre 1999 et 2015, on constate alors que la précarité en Wallonie a largement augmenté en 16 ans, particulièrement chez les 50-64 ans. Chez les jeunes (18-24 ans), l'indicateur de précarité reste stable. Il est néanmoins particulièrement élevé par rapport aux autres catégories d'âge.

L'IDD insiste néanmoins : "la complexité de la réalité et l'étendue de la précarité dans nos sociétés doivent inciter à une grande prudence dans l'interprétation de ce nouvel indicateur". L'institut souhaite toutefois, via cette étude, favoriser les discussions sur la manière dont on évalue la précarité. Un tel débat permettrait d'affiner le regard porté sur les personnes précaires.

Pour en savoir plus ...

Institut du développement durable : www.iddweb.be • 010/41.73.01