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La fracture numérique fragilise certaines familles

Dans une famille sur cinq, personne n'arrive à effectuer un virement en ligne.
© Pierre Rousseau BELPRESS Dans une famille sur cinq, personne n'arrive à effectuer un virement en ligne.
© Pierre Rousseau BELPRESS

Il ne suffit pas de posséder un ordinateur et une connexion Internet pour utiliser pleinement les services qui s'y déploient. La Ligue des familles et son équivalent flamand, le Gezinsbond, réclament que chacun ait accès à son propre rythme aux "autoroutes de l'information".


Près de 86% de la population belge a accès à un ordinateur et à une connexion au Net. Encore faut-il s'en servir avec les compétences requises. D'après une récente enquête de la Ligue des familles et du Gezinsbond menée par téléphone auprès de 1.015 Belges, c'est loin d'être le cas. Ainsi, dans une famille sur cinq, personne n'arrive à effectuer un virement en ligne. Dans près d'une famille sur deux, personne ne sait comment payer des factures avec des systèmes électroniques ou consulter des documents. Les compétences informatiques semblent, par ailleurs, mieux implantées en Flandre qu'en Wallonie.

Si la Ligue et son équivalent s'inquiètent, c'est parce que cette compétence numérique limitée touche plus particulièrement les femmes, les personnes âgées et les familles sans enfants. Ce public est davantage exposé à la piraterie et à la fraude sur Internet. C'est aussi lui qui éprouve le plus de difficultés pour remplir les formulaires en ligne permettant de bénéficier d'allocations sociales.

"La digitalisation de la société ne peut priver certains groupes de leur droit à l'information et aux services", estime Christel Verhas, directrice de la politique familiale au Gezinsbond. Les deux organisations s'adressent aux autorités politiques et administratives, mais aussi aux entreprises. Celles-ci doivent "arrêter de discriminer les personnes moins habiles devant un clavier."

Comment ? En maintenant un accès facile aux guichets, brochures et centrales téléphoniques reposant sur l'utilisation de papier. En promouvant l'"opt-in", qui permet au citoyen de choisir clairement et sans ambiguïté le canal de réception des factures qu'il veut privilégier. Et, enfin, en soutenant davantage les associations qui mettent sur pied des formations multimédias orientées sur les publics fragiles.