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Combien de sans-abri en Belgique ?

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Il y a bien des manières de vivre sans abir ou sans domicile fixe... La diversité de ce "mode de vie" entraîne, dans notre pays, une grande imprécision sur le nombre de personnes plongées dans cette forme de précarité extrême. Une étude universitaire tente d'y voir clair. 


En 2014, un recensement systématique des sans-abri à Bruxelles (un soir d'octobre, entre 23 h et minuit, avec 200 bénévoles) avait abouti au dénombrement de 2.603 personnes concernées. Parmi celles-ci, 412 avaient réellement passé la nuit dans la rue, 422 dans un squat, 1.129 dans un lieu d'accueil (agréé ou non), etc. La même année, un recensement en Flandre, étalé celui-là sur deux semaines, avait comptabilisé quel que 5.378 personnes sans abri, mais incluant tant les nuits passées à la rue que diverses formes d'accueil assisté et/ou de longue durée. De tels constats sont intéressants mais restent flous car les méthodes utilisées sont très variables. Ajoutons encore un peu à la confusion : en Wallonie, le dernier recensement d'une certaine ampleur, mené dans six grandes villes, date de 2012 et avait livré le chiffre de 3.342 sans-abri, mais bénéficiaires des centres de nuit pour les seules villes de Liège et Charleroi.

Financé par la Politique scientifique fédérale (BELSPO) sur une période de deux ans, le projet Mehobel (Measuring homeless in Belgium, ULg, KULeuven et Strada) a précisément pour but de rendre plus lisibles, sinon d'harmoniser les systèmes de recensement pratiqués en Belgique. Et, de là, de rendre plus efficaces les décisions politiques relatives au logement, sachant que le sans-abrisme est de toute façon la forme la plus extrême d'exclusion du marché du logement. Exemples de questions précises à résoudre : faut-il inclure les personnes sur le point de quitter une institution d'accueil et dépourvues de domicile propre ? Ou celles qui vivent dans un garage, voire une automobile ? Ou encore les personnes à deux doigts de l'expulsion à cause d'une incapacité à payer leur loyer ? La tentation de procéder par panels (c'est-à-dire des entrevues avec les mêmes personnes à intervalles réguliers) est tentante pour les chercheurs en sciences sociales. Qui restent néanmoins bien conscients des limites de cette approche avec une telle population, de même que celles de la "photo" d'une seule nuit d'octobre. Les résultats de leur recherche, sans doute, dans quelques mois…

Pour en savoir plus ...

www.belspo.be/brain-be ou 02/238.34.11