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Des balises pour les sexologues

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Le Conseil supérieur de la Santé suggère de réglementer la profession de sexologue clinicien. À son avis, conditions d'accès, formations, code déontologique… devraient baliser l'activité pour, in fine, garantir une offre de soins de qualité.


La sexologie clinique devrait-elle être reconnue comme une profession à part entière dans l'univers des soins de santé ? C'est ce que recommande le Conseil supérieur de la Santé (CSS), qui souhaite également voir rédiger un code déontologique, et son application surveillée par une structure de contrôle.

Pourquoi ces mesures ?

Parce que la discipline concerne un vaste champ d'expertise auxquelles les professionnels doivent pouvoir répondre : dysfonctions sexuelles liées au désir, à l'orgasme, aux troubles de l'excitation…, troubles de l'identité sexuelle, orientations érotiques atypiques, problèmes de vécu sexuel… "La fonction de sexologue clinicien doit donc être légalement encadrée afin de permettre à chacun de trouver une offre de soins de qualité en santé sexuelle", assure le CSS.

Concrètement, le Conseil propose une définition de la fonction de sexologue clinicien, un profil de compétences à acquérir et un schéma de formation en trois étapes : formation universitaire de cinq ans (bacs suivis d'un master en "Sciences de la famille et sexologie") comprenant un stage, puis pratique supervisée de trois ans maximum au terme desquels le titre de sexologue clinicien serait accordé. Selon ce schéma, les professionnels devraient entrer dans un cycle de formation continue et des accréditations seraient nécessaires pour conserver leur titre. Enfin, moyennant une formation complémentaire, le praticien pourrait exercer la psychothérapie.

À quelles règles devraient se soumettre ceux qui pratiquent la sexologie aujourd'hui ?

De l'avis du CSS, ils pourraient, dossier à l'appui, se voir accorder la reconnaissance du titre. Enfin, "vu qu’il est admis par tous, y compris par l’Organisation mondiale de la Santé, que la santé sexuelle fait partie intégrante de la santé, la question de la prise en charge par l’Inami des consultations chez le sexologue clinicien devra être examinée", recommande le CSS.

Frédéric Six, président de la Société des sexologues universitaires de Belgique, accueille favorablement cet avis : "Il offre une plus grande professionnalisation de la pratique". Profession qui, aujourd'hui, peut être exercée par des thérapeutes ayant suivi, en tout et pour tout, quelques jours, voire quelques heures, de formation en la matière.

Pour en savoir plus ...

Conseil supérieur de la Santé : www.health.belgium.be/fr/conseil-superieur-de-la-sante