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Pour que 2018 s'ouvre sur d'autres horizons

Pour que 2018 s'ouvre sur d'autres horizons © Marc Detiffe

Chaque année apporte son lot de défis, de nouveautés. Ils comportent tous une part d'opportunités et une part de risques. 2018 n'y échappera pas. Quelques moments clefs se dessinent déjà, qui peuvent influencer notre santé, aujourd’hui et demain.


La santé, on le sait depuis longtemps et on le vit chaque jour, n’est pas qu’une "affaire" de soins de santé. Les modes de vie, les politiques parfois au niveau très local, les orientations et la cohérence des décisions prises, l'attitude des professionnels de la santé ou encore les choix sociétaux en termes d’environnement, de mobilité… constituent autant d'éléments qui influencent la santé. Ils sont autant de domaines où nous pouvons "faire la différence" et agir en faveur de la qualité de vie. Parcourons ensemble chacun de ces espaces et identifions les choix qui ouvrent sur une meilleure santé.

L’impact des modes de vie

Le top 10 des médicaments les plus remboursés en pharmacie montre que 8 d'entre eux sont liés à notre environnement et nos modes de vie. Ne pas fumer, avoir une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique régulière réduisent la prévalence de l’obésité, des maladies cardio-vasculaires, de l’hypertension, du diabète, de la bronchite chronique. Modifier nos modes de vie, à petits pas, en 2018, permettra de faire des bonds de santé. De petits changements peuvent générer de grands effets. Ainsi, toute politique en faveur d'un environnement accueillant et encourageant pour ces changements est à soutenir.

Des communes en bonne santé

2018 est une année d'élections communales, le dimanche 14 octobre exactement. La commune dessine notre milieu de vie et celui-ci influence notre santé. Des espaces verts accessibles, des trottoirs et des pistes cyclables qui favorisent la mobilité douce, des lieux conviviaux de rencontres, des potagers collectifs, des logements salubres et bien isolés, des quartiers animés et durables… autant d’initiatives qui favorisent les liens, l’activité physique, la qualité de vie. À l’occasion des élections, il sera utile de lancer le débat pour des communes orientées "santé".

Des niveaux de pouvoir qui s'entendent

Depuis la sixième réforme de l'État décidée en 2011, plusieurs domaines et compétences ont été transférés du Fédéral aux Régions et Communautés. Cette nouvelle répartition a rendu la conduite d’une politique de santé cohérente plus complexe. Les zones de pouvoir ne sont pas toujours clairement définies ou délimitées. Cette situation rend la prise de décision lon - gue, voir interminable. Définition d'objectifs de santé et de la qualité des prestations médicales, programmation de l’offre de soins, réorganisation des hôpitaux en réseaux et de la première ligne… tous ces sujets nécessitent concertation et accords entre les niveaux de pouvoir. Sans cela, les querelles paralysent tout simplement la politique de santé. Pour le bien des patients et des acteurs de soins, pour la nécessaire stabilité du système, les politiques doivent s’entendre. La conférence interministérielle spéciale "santé" prévue début 2018 sera un fameux test pour l’avenir de la politique de santé en Belgique.

En phase avec l’intérêt général

Malgré un budget limité pour les soins de santé, des accords entre les prestataires de soins et les mutualités ont pu être conclus. En 2018 et 2019, la sécurité tarifaire sera garantie aux patients lors de leurs consultations auprès des prestataires conventionnés. Ces derniers sont à saluer pour la modération dont ils ont fait preuve.

Mais nous ne pouvons réduire la politique de santé à un exercice budgétaire annuel. Le vieillissement de la population, les développements digitaux (e-santé), les nouveaux traitements médicaux nécessitent de voir plus loin. L’offre et l’organisation des soins doivent être progressivement adaptés à ces changements structurels. Nous espérons qu’en 2018 les acteurs de soins saisiront l’invitation des mutualités à réfléchir ensemble à une vision de santé orientée vers le long terme, une vision à l'horizon 2030. Cela nécessite d’oser réfléchir au-delà des silos professionnels et des secteurs de soins, avec l’intérêt général comme fil conducteur et une attention urgente aux personnes âgées et ainsi qu’à celles qui souffrent d'une maladie chronique.

Des choix sociétaux durables

De plus en plus de citoyens – et des jeunes surtout – sont conscients des dangers de la pollution, des particules fines, de la densité automobile, de l’accumulation des déchets... Ils attendent des choix qui préservent l’environnement, la planète, la santé de tous, et qui préparent l'avenir des prochaines générations. Des transports en commun de qualité, une mobilité douce encouragée, une alimentation saine mais aussi une sécurité sociale forte vont dans ce sens.

2018 sera aussi l’année où nous pourrons vérifier si les promesses de financement de la sécurité sociale seront tenues par notre gouvernement. Il est hors de question de faire payer aux patients et aux allocataires sociaux les réductions de charges sociales décidées par nos politiques.

2018 sera-t-elle simplement une année de plus ou sera-t-elle une année ouverte sur de nouveaux horizons ? Là où chacun vit, travaille, partage, soigne, cultive, s’investit, il peut "faire la différence". Osons le changement.