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Liberté, santé, égalité... #metoo !

Liberté, santé, égalité... #metoo ! © M. Detiffe

Il y a trois ans, je prenais déjà la plume pour écrire qu’être une femme en 2015 n’était pas une sinécure. Force est de constater que la situation ne s’est pas vraiment améliorée depuis. Si les exemples d'inégalités entre les hommes et les femmes sont encore nombreux, les initiatives pour les dénoncer et pour les combattre se multiplient elles aussi. La Mutualité chrétienne entend participer à ces changements.


La récente "affaire Weinstein " – du nom du producteur de cinéma américain – a suscité un vif émoi. Les comportements sexistes ont été dénoncés. La parole s’est libérée. Il s’en est suivi un mouvement sans précédent essentiellement porté par les réseaux sociaux. Qui n'a pas entendu parler de la vague #metoo ? Des mots anonymes ou revendiqués. Ceux, par exemple, de la romancière Leïla Slimani, prix Goncourt 2016 qui, dans une lettre publiée en janvier, revendique le droit "à la tranquillité, à la solitude, le droit d'avancer sans avoir peur". Et de continuer : "En moi palpite la peur de toutes celles qui, dans les rues de milliers de villes du monde, marchent la tête baissée".

Une atteinte à la liberté…

Mais l’impact du sentiment d’insécurité va bien au-delà de la question du bien-être des femmes. Il s’agit d’abord d’une atteinte à leur liberté de mouvements, voire à leur citoyenneté. L’accès à l’espace public, un espace sensé être ouvert à tous, n’est pas encore vécu aujourd’hui de manière équitable. Une enquête de l'ASBL Vie Féminine datant de 2017 nous apprend que 98% des jeunes femmes interrogées déclaraient avoir été victime de sexisme dans l'espace public. Effacer ces frontières invisibles est une tâche qui nous concerne tous. Le 8 mars prochain – journée internationale des droits des femmes – Amnesty international Belgique francophone sensibilisera à la problématique du harcèlement dans les transports en commun. La campagne s'appelle "Quand c'est non, c'est non". Des sifflets seront distribués dans les stations de bus et de métro à Bruxelles et en Wallonie. Des dépliants aussi. Ils rappelleront que jamais un acte de harcèlement ne doit être banalisé et que celui-ci est puni par la loi. Ils guideront les victimes et les témoins afin d'avoir les justes réactions. Et reviendront sur deux notions à ne pas confondre : drague et harcèlement. L'action sera aussi menée au Parlement de la Fédération Wallonie - Bruxelles et au Parlement bruxellois.

La Mutualité chrétienne se mobilise autour de la santé des femmes

Au-delà de cette problématique particulière, nombreux sont les signaux politiques qui ne rassurent pas. La réforme des pensions (allongement des carrières), la suppression des crédits temps "sans motifs", les mesures d’austérité, les mesures d’exclusion liées aux allocations d’insertion… sont autant de décisions qui potentiellement sont discriminantes envers les femmes et qui peuvent mettre à mal leur bienêtre et leur santé. À la Mutualité chrétienne, nous ne pouvons qu’être interpellés par ces orientations. Et nous agissons, à différents niveaux, pour faire tourner le vent. D'une part, auprès des responsables politiques via des interpellations et des avis, mais aussi au quotidien, auprès de nos membres. Des ex emples ? Dès le mois d'avril, à Bruxelles et en Wallonie, nous serons aux côtés des femmes qui participeront à Womanrace. Il s'agit de courses à pied qui allient bien-être et engagement (lire page 2). Les fonds récoltés lors de ces manifestations seront versés à des associations qui développent des actions positives contre les cancers féminins. Le site d'Infor Santé, www.jepenseaussiamoi.be, propose également toute une série de con seils pour assumer ses obligations sans être dépassée et pour prendre soin de soi, sans culpabiliser.

En tant que secrétaire nationale des Mutualités chrétiennes, je ne peux que me réjouir de travailler au sein d’une organisation qui s'engage pour le bien-être de tous, qui promeut la parité, et qui assure une légalité stricte dans le traitement salarial, l’ac cès à la profession et aux responsabilités, entre les hommes et les femmes. Cela ne coule pas de source, lorsque l’on sait qu’en Belgique, en 2017, sur une base annuelle, l’écart salarial moyen s’élève à 21% au détriment du genre féminin.