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Climat et santé, mêmes enjeux

Climat et santé, mêmes enjeux M. Detiffe

Les activités humaines contribuent largement aux changements climatiques. Ceux-ci ont des impacts directs et indirects sur la santé. Sauver la Terre et améliorer la santé vont donc de pair. Cette double mission est entre les mains des hommes et des femmes d'aujourd'hui. C'est le sens de la manifestation prévue à Bruxelles le 2 décembre prochain.


Les conséquences des changements climatiques liés aux activités humaines sont de plus en plus dévastatrices. L’impact sur la santé est de jour en jour de plus en plus visible. La façon dont ces changements affectent la santé est à la fois directe (canicules, inondations, tempêtes, feux et sécheresses) et indirecte (pénuries d’eau, affaiblissement des rendements agricoles, transmission et expansion de la maladie de Lyme – liée aux tiques –, de la dengue, de la malaria, etc ). En ville, des phénomènes de pollution comme les concentrations d’ozone à basse altitude ou de particules fines sont à l’origine de nombreux problèmes respiratoires. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les changements climatiques pourraient provoquer quelque 250.000 décès de plus chaque année à partir de 2030.

Il n'y a aujourd'hui plus de doute : ce sont bel et bien les activités humaines qui, pour une très large part, sont à l’origine de ces changements climatiques. Si l'on veut réduire le réchauffement et ainsi éviter ces drames devant lesquels nous ne sommes pas tous égaux, il faut nécessairement agir sur les activités humaines. Cela signifie modifier nos habitudes et nos comportements : opter pour la mobilité douce et les transports en commun, manger des aliments plus locaux et plus riches en fruits et légumes, découvrir des trésors patrimoniaux et des cultures plus proches de chez nous, investir dans des habitats plus denses, moins dispersés, plus conviviaux …

Changer nos habitudes augmente l'espérance de vie

Changer nos modes de vie n'est pas seulement vital pour notre planète, cela constitue aussi le meilleur investissement pour la santé à long terme. Relevons, à ce sujet, une publication récente du journal scientifique The Lancet (1) portant sur la mise au point d'un nouveau modèle de prédiction de l’espérance de vie. Cette étude montre que les grands écarts de santé entre les pays de la planète pourraient se réduire d’ici à 2040 à la condition de s’attaquer aux causes principales des maladies : tabagisme, sédentarité, stress, alimentation, obésité, pollution de l’air, etc.

Ces facteurs sont à l’origine de la multiplication de maladies aussi diverses que le diabète, l’insuffisance rénale, les affections cardio-vasculaires, les cancers des poumons, etc. Le modèle évoqué par The Lancet prédit l’espérance de vie en 2040 si l'on continue à pratiquer les politiques du passé : la Belgique, dans cette hypothèse, régresserait de la 21e place à la 28e place. Il démontre une nouvelle fois que c'est une politique de santé centrée sur les facteurs non médicaux – nos habitudes et nos comportements – qui aura le plus d’impacts sur l’espérance de vie : mobilité douce, alimentation saine et locale, habitats plus écologiques, multiplication d'espaces verts, etc.

Mobilisation pour les générations futures

Nous devons impérativement opter pour des politiques qui soutiennent ces changements. Ces dernières ne concernent pas seulement la promotion des transports en commun ou des énergies renouvelables, mais aussi la fiscalité écologique, l'isolation des bâtiments, le financement climat pour les pays en développement, etc. Bref, toutes sortes de choix de société pour la santé de la planète et la santé humaine. Il y a urgence, le réchauffement mondial doit absolument rester sous 1,5% ! En Belgique, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) augmentent à nouveau depuis 2014.

Mobilisons-nous aujourd’hui pour les générations à venir, c’est une question de responsabilité et de solidarité intergénérationnelle.


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