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Aux urnes de la santé

Aux urnes de la santé © M. Detiffe

Depuis quelques semaines, tant nos campagnes que nos villes fleurissent d’affiches de couleurs multiples et variées. Des tracts emplissent nos boîtes aux lettres ou nos fils d’actualités sur les réseaux sociaux. De petits portraits ou de grandes banderoles soutiennent les candidats aux élections communales et provinciales. Voyons ce qu'ils peuvent nous inspirer.


Oser affronter personnellement – et collectivement – le regard des citoyens et les urnes est un acte courageux. Témoigner de sa disponibilité pour sa ville, s’impliquer dans la vie de la cité est un acte engagé. À l’heure où les "politiques" sont la cible de beaucoup de mépris et d’attaques d’une partie de la population, ce ne fut peut-être pas chose facile de franchir le pas ou, pour les moins novices, de poursuivre cet engagement en politique. Qu'ils soient familiers de la chose publique ou qu'ils y fassent leurs premiers pas, bravo à tous ces candidates et candidats.

Laboratoire d'observation et actrice de premier plan

Dans le chef de nos concitoyens, on perçoit parfois une certaine fatalité. "Que voulez-vous que l’on y fasse ? Pour développer des projets, il faut de l’argent", "On ne va tout de même pas augmenter mes impôts", "Oui mais ces matières dépendent des politiques fédérales ou régionales." Ces derniers mois, la plupart des partis politiques locaux en allant à la rencontre des citoyens, ont dû entendre leur préoccupation, percevoir leurs réalités de vie. Ces rencontres ont permis aux listiers de construire le programme qu’ils souhaitent développer dans leur ville au cours des six prochaines années s’ils sont élus. Et la ville peut faire changer les choses, nous en avons la conviction.

En matière de santé, en particulier, la ville peut jouer un rôle crucial, même si le niveau communal ne détient pas l'ensemble des portefeuilles liés aux politiques de santé. Explications : la santé est influencée par ce que l’on appelle les déterminants sociaux. Les circonstances dans lesquelles nous naissons, grandissons, vivons et travaillons influencent nos chances de vivre en bonne santé. En effet, un logement sain ou insalubre, les caractéristiques de notre alimentation, notre rapport avec le tabagisme, notre niveau d’accès à l’enseignement ou notre environnement de travail sont autant de facteurs qui influenceront notre santé. Et les citoyens ne sont pas tous égaux face à ces déterminants sociaux.

La commune est à la fois un laboratoire d’observation mais surtout le niveau de proximité où l’on peut agir. La commune peut ainsi mobiliser l’ensemble des acteurs locaux pour manger sain et bouger plus. Elle peut développer une approche équilibrée de l’alimentation dans ses cantines scolaires ainsi qu’à l’occasion des plaines de jeux qu’elle organise. Elle peut soutenir la mobilité douce par l’aménagement de pistes cyclables sécurisées ou par l’impulsion d’initiatives favorisant tout simplement la marche à pied. Elle peut mettre à disposition des infrastructures qui permettront au monde associatif d’y organiser du sport pour tous, jeunes et moins jeunes. Elle peut agir pour que l’environnement au travers de l’entretien des parcs et zones vertes, soit préservé et entretenu. Etc. La promotion de la santé doit, sans conteste, être soutenue localement.

Les autorités communales peuvent aussi décider de se préoccuper de la lutte contre la pauvreté. Elles peuvent agir contre les logements insalubres et les marchands de sommeil. Elle peuvent choisir de développer des politiques de soutien au logement social, choisir de construire des maisons de repos et de soins, de livrer des repas à domicile aux aînés ou encore de s’impliquer pour combattre l’illettrisme.

Ce dimanche 14 octobre, vous vous rendrez aux urnes. N’hésitez pas à vous plonger dans les programmes élaborés par les partis politiques locaux et à soutenir les candidats qui proposent un projet de ville où la santé y est primordiale.

Don d'organes, une occasion unique

Ce 14 octobre, dans certaines communes de Wallonie et à l’occasion des élections, vous pourrez également faire acter votre volonté d’être ou pas donneur d’organes. En Belgique, le don d’organes peut a priori se pratiquer même sans le consentement du donneur décédé. En effet, légalement parlant, toute personne qui n’a pas explicitement signifié qu’elle refusait le don est considérée comme un donneur potentiel. La réalité est plus complexe.

Lors du décès, les familles ne sont pas toujours au courant des volontés du défunt ou ne les partagent pas. Puis, le temps compte pour prélever les organes et il est particulièrement difficile d'aborder cette question, alors que le choc du deuil surgit. L’hésitation peut provoquer des tensions au sein des familles déjà tant éprouvées. La démarche proposée ce 14 octobre entend ôter le moindre doute sur la volonté des donneurs. Lorsque vous vous rendrez dans votre bureau de vote, vous aurez ainsi peut-être l’occasion de prendre connaissance des dispositions en matière de don d’organes et si vous le souhaitez, vous pourrez vous inscrire comme donneur. Si votre commune ne participe pas à cette campagne (ce sera le cas dans les communes bruxelloises), n’hésitez pas à vous rendre à l’administration communale où l’on vous guidera. Le don d’organes sauve des vies.

Les politiques communales ont un rôle essentiel à jouer pour la santé. Elles peuvent sensiblement contribuer à modifier sur la durée les habitudes de vie. Elles peuvent accompagner, faciliter ou rassurer quand les pépins apparaissent ou que la dépendance s’installe. Ne l'oubliez pas, votre vote est important.

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