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Les maux du corps seraient-ils les mots de l’âme ?

Les maux du corps seraient-ils les mots de l’âme ? @iStock

Dans un court livre intitulé "Les maux de l’âme, les maux du corps" (1), Lucien Essique nous invite à nous mettre à l’écoute de nous-mêmes. Il raconte comment, à travers les maladies et les accidents, notre corps se fait le reflet de nos souf-frances, de nos besoins, de notre histoire. 


Selon l’auteur, lorsque nous subissons du stress, lorsque nous sommes victimes de violence ou frap-pés par un deuil, notre organisme le garde en mémoire. Il réagit à tout ce qui nous atteint, mais nous ne le remarquons pas nécessairement, ou nous refusons parfois de l’entendre. Nous passons outre. C’est quand la souffrance s’installe ou lorsque soudain le corps lâche que, parfois, nous nous interrogeons. Pourquoi moi ? Pourquoi à ce moment ? D’où cela vient-il ? Et le parcours est parfois long, avant de découvrir ce qui a pu déclencher un tel signal d’urgence. 

L’idée n’est pas nouvelle, et pourtant…

Dans nos sociétés, la prévention des maladies passe surtout par une hygiène de vie basée sur une alimenta-tion saine et une activité physique régulière. D’autre part, les messages incitant à mieux vivre nos émotions, à gérer notre stress, à améliorer la qualité de nos relations abondent. Mais corps et esprit restent séparés, et sont traités à part. Quel lien entre nos cellules, nos artères ou nos nerfs malades et nos chagrins ou nos colères ? 

Eh bien justement, selon Lucien Essique, le lien, c’est nous, qui habitons ce corps traversé d’émo-tions, soumis à des stress divers, et qui doit sans cesse s’adapter aux changements, car la vie est ainsi, toujours en mouvement.

Corps et âme : un lien à rétablir

En avoir plein le dos et se faire un lumbago, garder quelque chose en travers de la gorge et attraper une pharyngite, avoir le cœur brisé et subir une crise cardiaque… Qu’il s’agisse de petits bobos ou d’affections plus graves, les expressions sont nom-breuses qui laissent entendre que nos maux peuvent traduire un malaise ou une émotion. Refaire le lien entre symptômes physiques et souffrances psychiques n’est donc pas une idée saugrenue. Pour beaucoup de personnes malades en tous cas, cette hypothèse fait sens… parfois seulement avec le recul. À un moment dans le processus de guérison, ces personnes ont compris que leur souffrance révélait, sur le plan physique, une émotion qui n’avait pas été entendue.

Sans nier les causes biologiques de la maladie, l’idée que défend Lucien Essique dans son ouvrage est d’envisager que celle-ci peut se développer en raison d’un contexte émotionnel particulier, d’un stress intense ou d’un choc. Ainsi nos colères, nos angoisses, notre sentiment de culpabilité pourraient-ils faire le lit d’une allergie, d’une migraine chronique, d’une fibromyalgie ou d’un cancer (qui ne sont pas, pour autant, des maladies qu’on peut qualifier de psychosomatiques). 

Prévenir et guérir

Envisager la maladie sous cet angle apporte une clé supplémentaire, tant sur le plan de la prévention que de la guérison. Écouter ce que notre corps exprime à travers un symptôme (douleur, fatigue, inflammation…) pourrait réduire les risques de voir survenir (ou revenir) des problèmes de santé. Manger moins de sucre, faire attention aux mauvaises graisses, faire du sport, tous ces conseils sont excellents mais ne suf fisent pas toujours pour rester en bonne santé. Et si donc accueillir nos émotions, prendre le temps qui nous est nécessaire pour accomplir un deuil, nous faire aider et prendre soin de nous, pouvaient également préserver notre santé physique (et pas que psychique, les deux étant finalement aussi liés que le recto et le verso d’une feuille de papier) ?

Et si la souffrance est déjà installée ? 

Il ne faut pas espérer qu’une fois l’émotion enten-due et acceptée, le symptôme, ayant joué son rôle, disparaîtra "comme par miracle" ! Une fois que le mal est là, il faut bien sûr le traiter sur le plan médical, par la chirurgie ou avec des médicaments. Simplement, être à l’écoute de son corps, soutient Lucien Essique, permet d’aider à la guérison et surtout, d’éviter les rechutes ou d’éviter qu’une affection devienne chronique.

C’est aussi l’occasion d’apprendre à mieux nous connaître, respecter nos besoins, trouver notre rythme, prendre notre place, aller vers le pardon et la réconciliation avec nous-mêmes. C’est se défaire de schémas mentaux dépassés, de croyances erronées et se libérer pour retrouver qui nous sommes essentiellement et enfin guérir. Il n’est pas rare d’entendre certaines personnes, parve-nues au terme d’un long chemin de souffrance, exprimer de la gratitude par rapport à la maladie qui les a frappées. Ce n’est compréhensible que si l’on admet que nos maux sont effectivement un appel de notre être profond à plus de bienveillance et d’empathie envers nous-mêmes.


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