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Le tabac, voleur d'années

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Pour la première fois, une étude menée à large échelle évalue en Belgique le raccourcissement de la vie des fumeurs. Et s'intéresse à la qualité de vie de ceux qui ne s'adonnent pas au tabac.


"Fumer tue", dit le slogan anti-tabac. La formulation est claire et directe, elle omet pourtant de signaler que le tabac compromet aussi largement la qualité de la vie en détériorant l'état de santé général.

Une étude menée par le Dr Renata Yokota, pour le compte de l'Institut scientifique de Santé publique (ISP), vient de mettre cette réalité en chiffres pour la première fois pour la seule Belgique à partir d'une somme considérable de données, soit 30.000 personnes (fumeuses et non fumeuses) interrogées lors des enquêtes nationales de santé de 1997, 2001 et 2004.

Les hommes non-fumeurs ont une espérance de vie plus longue de 8,8 années par rapport aux fumeurs quotidiens. Pour les femmes, le chiffre est de 5,9 années.

L'enquête démontre aussi que ces années "gagnées" sont majoritairement des an-nées de vie passées en bonne santé. Lorsque celle-ci est compromise en raison du comportement tabagique, c'est surtout – chez les hommes fumeurs – en raison de maladies liées au système musculo-squelettique (arthrose, douleurs lombaires, ostéoporose, etc.). Chez les femmes fumeuses, la qualité de vie est plutôt entachée par des maladies respiratoires (bronchite, asthme, etc.). Les principales formes de cancers "évités" sont, elles, identiques chez les deux sexes : poumon, larynx et trachée.

De quoi, peut-être, faire réfléchir une population belge dont le nombre de fumeurs reste stable. Dans sa dernière Enquête tabac, la Fondation contre le cancer rappelle qu'un Belge sur cinq fume, parmi lesquels une majorité d'hommes. Parmi les fumeurs interrogés, 74% trouveraient "grave" que leurs enfants commencent à fumer.