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Rendre le Nutri-Score obligatoire

Tant que le Nutri-Score n'est pas obligatoire, seules les marques pouvant afficher de bons scores joueront le jeu.(c)Istock Tant que le Nutri-Score n'est pas obligatoire, seules les marques pouvant afficher de bons scores joueront le jeu.(c)Istock

Créé, développé et testé par les autorités en France depuis 2016, le Nutri-Score peut se targuer de reposer sur une base scientifique solide, en phase avec les recommandations nutritionnelles communes à la plupart des instances de santé. 


Plusieurs études ont aussi montré que la présence du Nutri-Score sur les produits alimentaires influence directement le comportement d’achat. "Le consommateur choisit systématiquement une plus petite portion d’un produit qui affiche un score médiocre, assure Test-Achats. En outre, une enquête menée auprès de 12.000 consommateurs de 12 pays conclut que c'est de loin le label alimentaire le plus efficace".

Ces raisons ont décidé les autorités belges à introduire le Nutri-Score dans notre pays au printemps 2019 (1). L’utilisation reste volontaire. Néanmoins, les producteurs ou distributeurs qui s'engagent à l'utiliser sont tenus de le faire pour l’ensemble des denrées alimentaires qu’ils mettent sur le marché sous la ou les marques concernées. 

À ce jour, à peine 15 à 20 % des produits transformés afficheraient le Nutri-Score sur l'emballage. Certes, des distributeurs ont développé leur application mobile permettant de connaître le score de produits qu'ils vendent, en scannant le code-barre (2). Mais, fait remarquer Julie Frère, porte-parole de Test-achats, la fiabilité de ces applis n'est pas établie. Et l'utilisateur doit être conscient que le distributeur dispose ainsi d'une masse d'informations sur ses habitudes de con­sommation, exploitable à des fins promotionnelles.

Des produits de meilleure qualité

Une autre vertu du Nutri-Score est d'inciter les fabricants à modifier la composition de leurs produits pour pouvoir afficher de meilleurs scores. Test-Achats a déjà pu con­stater cet effet lors de l’actualisation de son comparateur de céréales pour le petit déjeuner (3). En France, les effets de la logique concurrentielle sont aussi palpables. "On constate une véritable amélioration de la qualité nutritionnelle des produits. C’est la plus bel­le conséquence de ce système que nous espérons voir s'installer dans l’Europe entière", confiait Mili Spahic, directeur de cabinet de l'ad­ministration "Santé publique France", au journal Le Soir, le 2 avril dernier.

Dans les faits, le caractère volontaire du Nutri-Score limite son potentiel à décortiquer et amé­li­orer la qualité nutritionnelle des produits transformés. Hélas, rendre ce label obligatoire n'est pas du ressort des États. C’est au niveau européen que cela doit se décider. Or, on sait à quel point le lobbying du secteur agro-alimentaire y est puissant. Pour tenter de faire changer les choses, sept associations de consommateurs de sept pays européens (dont Test-Achats) ont lancé une initiative citoyenne sur www.pronutriscore.org. Pour que la Commission européenne réponde à cette requête, un million de signatures sont nécessaires…


(1) AR du 1er mars 2019 relatif à l'utilisation du logo "Nutri-Score", MB du 1er avril 2019.
(2) Nutri-App est une autre application mobile gratuite mais elle ne référence pas tous les produits disponibles en Belgique.
(3) Test-achats a mis en ligne des comparateurs de produits pour les céréales petit-déjeuner,  pour les collations pour enfants, pour les boissons pour enfants ainsi que pour les desserts à base de lait et alternatives végétales. Ces comparateurs sont accessibles à tous gratuitement sur www.test-achats.be/sante

Une des vertus du Nutri-Score est d'inciter les fabricants à modifier la composition de leurs produits pour pouvoir afficher de meilleurs scores.