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Peste porcine africaine

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Depuis mi-septembre, une trentaine de cas de peste porcine africaine (PPA) ont été détectés chez des sangliers trouvés morts en province du Luxembourg. L'homme ne risque rien, sauf de sérieuses pertes économiques.


La priorité des autorités : veiller à éviter que la maladie virale du porc et du sanglier ne se propage. Elle est généralement mortelle et aucun vaccin n'existe pour la contrer. Si l'homme n'a rien à craindre, il doit cependant veiller à ne pas participer à la propagation de la PPA par l'intermédiaire de vêtements ou d'équipements contaminés (le virus peut persister plusieurs mois dans l'environnement).

Le plan d'attaque des autorités se déploie sur deux fronts. D'un côté, la Région wallonne, par l'entremise de René Collin, ministre de l'Agriculture et de la Nature, décidait d'établir une zone de quarantaine de 63.000 hectares dans le sud de la province du Luxembourg. La zone y est interdite aux chasseurs afin d'éviter la dispersion des populations de sangliers. Le nourrissage du grand gibier est également prohibé. De manière générale, personne ne peut pénétrer dans cette zone jusqu'au 14 octobre au plus tôt. Sauf les titulaires de droits de chasse et les agents du Département Nature et Forêts (DNF) qui, à l'aide de leurs dérogations, peuvent participer à la détection de sangliers moribonds ou morts.

Du côté du Fédéral, c'est Denis Ducarme, ministre de l'Agriculture, et l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), qui sont à la manoeuvre pour protéger la filière porcine belge. Dernière décision prise : mettre à mort tous les porcs d'élevage présents dans la zone de quarantaine, soit environ 4.000 individus issus d'une soixantaine d'élevages, qu'ils aient ou non été en contact avec le virus. C'est le prix à payer (par les éleveurs wallons) pour protéger la filière porcine belge (majoritairement flamande).

Même si l'indemnisation des éleveurs est à l'étude, le coût de la PPA sera élevé. À l'heure d'écrire ces lignes, quinze pays boycottent en tout ou en partie l'achat de porc belge élevé ou non en zone de quarantaine. En outre, les exploitants forestiers ne peuvent se rendre en forêt pour y récupérer le bois de chauffage à livrer aux consommateurs. Quant aux populations de sangliers, elles risquent de payer le prix fort si l'épidémie n'est pas contenue. Dans certains pays de l'Est de l'Europe où sévit la PPA, les populations de sangliers ont été littéralement décimées.