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Mieux comprendre les (dés)avantages nutritionnels

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Les organisations de défense des droits des consommateurs partent en guerre contre les allégations trompeuses en matière de santé et de nutrition. Un combat qui concerne tous les paniers et toutes les cuisines. En ligne de mire : les excès en sel, sucres et matières grasses.


Pour vanter les qualités de leurs produits, les fabricants d'aliments utilisent fréquemment certaines mentions. Elles sont soit nutritionnelles (de type "contient du calcium, des fibres, des vitamines"…), soit dites "de santé" (de type "renforce l'immunité, facilite le transit intestinal"…). Une liste des allégations autorisées existe dans la ré - glementation européenne. Le hic, c'est qu'elle laisse de larges zones d'ombre qui permettent à certains fabricants de faire croire en des qualités − douteuses ou surestimées − de leur produit qui, par ailleurs, contient d'autres substances nettement moins recommandables. Passées, elles, sous silence…

Des exemples ? Les boîtes de céréales s'affichant "riches en fibres et en vitamines D" alors qu'elles sont surtout riches en sucres. Ou ces produits lactés au cacao vantés pour leur contribution à la solidité des os, alors qu'ils contiennent près de 70% de glucides. Certaines firmes, comme ces fabricants de boissons énergisantes bien connues, ont trouvé une autre sorte de parade : ajouter artificiellement une vitamine afin de pouvoir afficher en toute légalité une des allégations prévues. D'autres, enfin, ont imaginé des concepts totalement creux ("superfood") pour magnifier leurs produit sur les étiquettes, mais aussi les sites ou les supports publicitaires.

Pour le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc), c'en est trop. Une dizaine de ses organisations membres (dont Test-achats) revendiquent que l'Union européenne passe enfin à la vitesse supérieure dans la réglementation. Comment ? En adoptant des "profils nutritionnels". Ceux-ci fixeraient des seuils de teneur maximale en graisses, sucres, sel, acides gras saturés… au-delà desquels aucune allégation ne serait plus tolérée. "Contrairement à ce qu'on prétend parfois, ces profils sont faciles à utiliser, estime-t-on au Beuc. Ils sont d'ailleurs utilisés avec succès en Nouvelle-Zélande et en Australie." La Commission européenne a encore quelques semaines pour adopter ces profils ou… leur tourner le dos.