Recherche :

Loading

Recevoir notre lettre d'information :

Abonnement
Désabonnement

La rédaction

NOUS CONTACTER

Mutualité Service

Hospi solidaire

Solival vous conseille

Échos de l'actualité sociale et de la santé

Santé

Société

International

Culture

Nos partenaires

Visitez le site de la Mutualité chrétienne

Famille (6 avril 2006)

 
médiation familiale

Une médiation pour construire une entente

Des parents qui se séparent , des conflits entre parents et adolescents, des problèmes entre parents et grands-parents, des incompréhensions entre frères et sœurs… Au début d’une médiation familiale, on rencontre toujours une difficulté, une crise, un conflit. Le médiateur est là pour aider les parties à trouver une solution.

Le rôle du médiateur familial est de permettre aux personnes concernées de résoudre les conflits en se basant sur la coopération. “Le médiateur, tiers impartial, aide les personnes en conflit à trouver elles-mêmes des solutions pratiques, durables et acceptables pour chacun, en tenant compte des besoins de chacun des membres de la famille”, explique l’Association pour la médiation familiale (AMF). La médiation familiale ne se situe donc pas dans le champ thérapeutique, mais dans le pratique, le concret. “Le travail sur le lien est l’essence de la médiation. Elle consiste à mettre les gens debout pour négocier”, explique Monique Stroobants, médiateure expérimentée, pionnière de cette discipline en Belgique et membre de la nouvelle Commission fédérale de médiation. (1)

Construire des solutions
Le médiateur peut être un avocat, un psychologue, un conseiller conjugal… Depuis le vote de la loi de 2005, pour que le travail qu’il mène soit reconnu par la justice, il doit avoir suivi une formation et être agréé par la Commission fédérale de médiation (lire le texte ci-dessous). Dans tous les cas, il est un professionnel doté d’une formation approfondie en matière juridique et en technique de négociation. Son rôle est d’aider les parties à construire des solutions justes et durables. Pour cela, il est soumis à un certain nombre de règles et de comportements : “Le médiateur doit être et rester un professionnel impartial. Il est là pour faciliter la discussion et pour guider la réflexion, mais il ne peut jamais prendre les décisions à la place des personnes concernées. Il ne peut donc ni juger, ni donner de conseils. Les décisions, ce sont les parties en présence qui doivent les prendre elles-mêmes”, précise Monique Stroobants.

Concrètement, quand deux personnes choisissent de s’engager dans une processus de médiation, elles commencent par signer un “Protocole de médiation” appelé aussi “Consentement à la médiation”. Ce document fixe le champ du processus et place clairement les balises. Les parties s’engagent à travailler dans la coopération, à fournir toutes les données nécessaires (notamment financières) pour aboutir à une entente juste et équitable. Elles s’engagent à prendre toute décision relative à l’autorité parentale, aux relations personnelles et à l’hébergement des enfants dans le meilleur intérêt de ceux-ci. Bien sûr, les parties acceptent que la teneur des entretiens soit confidentielle.

 

Une écoute impartiale
Sur cette base, le travail peut commencer. Il doit aboutir à une “entente” qui peut quelquefois être extrêmement détaillée : “Il faut prévoir tous les cas de figure, toutes les situations, précise Monique Stroobants. Le but est que les parties ne soient pas prises au dépourvu, à l’avenir, si un problème survient dans le déroulement de la vie quotidienne. Toutes les situations prévues et résolues au cours de la médiation sont autant de causes potentielles de conflit éliminées pour l’avenir. Quand une difficulté surgit, les deux parties doivent pouvoir se référer à cette entente. Certaines le font régulièrement, mais d’autres ne l’ouvrent plus jamais car le dialogue entrepris lors de la médiation leur a donné une sécurité suffisante pour inventer des réponses adéquates au fur et à mesure que les questions se posent”. Plus le texte est précis, plus les choses sont claires. Et l’entente est d’autant plus importante que la loi de 2005 permet qu’elle soit entérinée par le juge.


L’impartialité du médiateur et la confidentialité à laquelle il est tenu sont les garants du bon déroulement du processus. Lors de procédures liées à la médiation, interdiction est d’ailleurs faite au médiateur d’aller témoigner en justice : ainsi, aucune des deux parties n’a à craindre qu’il soit un jour “pour” ou “contre” elle.

Prendre chaque réalité en considération
Le processus de médiation peut théoriquement se dérouler à peu près n’importe où. L’expérience a prouvé qu’il se déroule plus efficacement dans un lieu “neutre”, c’est-à-dire un lieu qu’aucune des deux parties ne peut s’approprier, même symboliquement ou affectivement. C’est pourquoi les parties se retrouvent généralement dans le bureau du médiateur. Le nombre de séances est variable, mais il va généralement de 3 à 10. “Il est déjà arrivé que certaines parties repartent satisfaites après une seule séance : la mise en place du cadre avait été suffisante pour leur permettre de renouer le dialogue”, note Monique Stroobants. Ce n’est évidemment pas le cas le plus courant !


Tous les médiateurs sont tenus aux mêmes règles d’impartialité et de confidentialité, mais chacun a son approche, notamment en fonction de sa formation initiale. Chaque médiation est également unique parce que chaque relation est unique.
Le médiateur doit bien évidemment toujours respecter la loi, mais dans ce cadre, il doit prendre en considération la réalité propre de chaque médiation : “C’est certainement l’un des aspects les plus complexes de la déontologie de la médiation. L’éthique confronte en effet des morales, des rites et des rituels qui peuvent être très différents selon les personnes, leur culture familiale et sociale, leur environnement… Le médiateur doit être capable de laisser cette confrontation ouverte et de voir émerger des décisions prises par les personnes alors que lui-même ne les partage pas”, explique la médiatrice.

 


Anne-Marie Pirard


(1) La revue Divorce & Séparation, publiée par les éditions Labor, a consacré son quatrième numéro à la médiation familiale. A côté d’autres intervenants, Monique Stroobants y développe sa pratique. Le numéro est en vente au prix de 20 euros en librairie ou chez Labor, Chaussée de Philippeville, 140 C, à Loverval, 071/ 60 99 70 - info@labor.be .

Le médiateur aide les personnes en conflit à trouver elles-mêmes des solutions pratiques, durables et acceptables pour chacun, en tenant compte des besoins de chacun des membres de la famille.



La parole des enfants


Certains médiateurs familiaux travaillent aussi avec les enfants. La formation spécifique dispensée dans le cadre de l’agréation des médiateurs prévoit une formation particulière de trois jours sur la place des enfants dans le processus de médiation et elle aborde la spécificité de la problématique par tranche d’âge. “Il est évident que l’on ne travaille pas de la même manière avec les bébés, les petits et grands enfants et les adolescents, souligne Monique Stroobants. Ils n’ont ni les mêmes moyens d’expression, ni les mêmes préoccupations. Avec les petits, on utilisera beaucoup le dessin. Avec les grands, on usera d’autres techniques davantage axées sur le langage”.


Dans tous les cas, la rencontre avec les enfants doit être préparée avec les parents. Tout doit être soigneusement prévu - y compris qui les amène et qui vient les rechercher. Le jour de l’entrevue, parents et enfants entrent ensemble chez le médiateur qui leur précise à tous la manière dont la séance va se dérouler. Quand le cadre est clair, le médiateur demande aux parents de sortir. “Avant que les parents ne reviennent, je dis clairement à l’enfant ce que je vais répéter de notre entretien à ses parents”, explique Monique Stroobants.


Il est également possible de recourir à une comédiation : si un médiateur fait appel à un autre médiateur, plus spécialisé dans les entretiens avec les enfants, l’enfant doit savoir ce que “son” médiateur répétera à ses parents et à “leur” médiateur. L’essentiel, c’est la clarté de la démarche. “Le processus de médiation doit être en accord avec la fameuse petite phrase de Françoise Dolto : Dites à vos enfants ce que vous allez faire et faites ce que vous avez dit, souligne Monique Stroobants. Cela leur donne le sentiment de sécurité dont ils ont tellement besoin. Et cela leur permet de parler, de déposer leur fardeau”.
 

Première bougie pour la loi


En Belgique, la médiation familiale a été la première forme de médiation reconnue dans le cadre légal grâce à la loi du 19 février 2001. Quatre ans plus tard, la loi du 21 février 2005 (publiée au Moniteur belge du 22 mars 2005) a consacré cette pratique.

En effet, le législateur a introduit dans le code judiciaire une nouvelle partie (la septième) entièrement consacrée à la médiation. Il lui a ainsi offert la même légitimité qu’à la procédure judiciaire et à l’arbitrage. Concrètement, ceci signifie que le protocole d’entente signé par les parties devant le médiateur est reconnu par la Justice.
Suite au vote de cette loi, qui fête donc son premier anniversaire, l’Ordre des barreaux francophone et germanophone a d’ailleurs recommandé aux avocats d’examiner avec leurs clients la possibilité de résoudre leurs différends par la médiation avant d’envisager de recourir à une action en justice, voire même d’y recourir au cours de la procédure judiciaire.

Une commission fédérale
La loi ne définit pas la médiation qu’elle qualifie de “processus de concertation”. Mais elle reconnaît trois types de médiation : la médiation “libre” qui existait déjà avant le vote de la loi et repose entièrement sur la volonté des parties ; la médiation volontaire où un médiateur agréé est choisi librement par les parties qui signent un protocole d’entente et tentent une médiation (qu’ils soient ou non en procès) ; la médiation judiciaire qui est celle où un médiateur agréé est désigné par le juge soit à la demande des parties, soit de sa propre initiative, mais avec l’accord des parties.
Dans le cas de la médiation judiciaire et de la médiation volontaire, le médiateur doit être agréé. Une commission fédérale a été créée pour assurer la formation et l’agréation des médiateurs. Elle est composée de représentants de tous les acteurs de la médiation : deux notaires, deux avocats et deux “tiers” n’appartenant pas à ces deux professions. Cette commission est aidée dans sa mission par trois sous-commissions spécialisées : familiale, sociale, civile et commerciale.

 

AMP


Réagir à cet article

Retour à l'index

"Familles"

haut de page