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L'enfance pas à pas ( 19 janvier 2OO3)

En quête de justice

Le petit enfant en collectivité montre souvent une grande sensibilité à l’équité et supporte difficilement d’être lésé...

À l’image de Dounia qui, au terme d’une matinée très grincheuse, tape et retape avec le marteau du xylophone sur la porte de l’armoire. Le bruit est insupportable et la puéricultrice lui a plusieurs fois demandé d’arrêter. Finalement, elle prend le petit marteau et dit à Dounia qui s’est remise à pleurer : “Oh ! Dounia, tu m’as l’air bien fatiguée, dès que tu seras changée, j’irai te mettre au lit pour une bonne sieste”. Arrive Sophie, attirée par la belle résonance de l’armoire, qui s’empare du marteau et tape à son tour avec entrain. Dounia s’arrête instantanément de pleurer, regarde dans les yeux la puéricultrice et, pointant le doigt vers Sophie, demande: “Dodo ?” Elle attendait clairement une parfaite égalité de traitement entre elle et Sophie.

 

Convoiter... et partager

Le partage est une source permanente de tension entre les enfants. Un petit bonbon ? Chacun accourt la main tendue et des étincelles dans les yeux. Il y en a pour tout le monde, c’est facile… Par contre, faire respecter un régime (temporaire ou permanent) à un enfant du groupe peut s’avérer vraiment difficile, surtout si l’adulte lui-même a mal au cœur en voyant le petit allergique au lait de vache reluquer le biscuit au chocolat du voisin… Ils sont plusieurs enfants à convoiter en même temps le même petit vélo ? Bien, Jean va rouler d’abord quelques minutes, ensuite, ce sera Louise. En attendant, on peut proposer un puzzle ou une petite auto… Rares sont les enfants qui vont accepter de s’occuper à autre chose, la plupart vont rouspéter, trépigner et ne pas lâcher du regard le chanceux sur le vélo, jusqu’à ce que le temps qui lui est imparti soit écoulé. Il faut alors négocier avec Jean la restitution du vélo sur base de ce qui a été convenu. Il est fort probable qu’il mette beaucoup de réticences à céder l’engin, mais on applique la décision, malgré les grincements de dents… Peu à peu, en accordant leur confiance à des adultes cohérents dans leur gestion de ces petits conflits et dans leur soutien aux enfants en attente, les enfants intégreront le fait que chacun est assuré d’avoir son tour, même s’ils continuent longtemps de montrer combien il est pénible de mettre fin à son plaisir ou de le différer.

 

Précieuse, l’attention de l’adulte

Mais la denrée précieuse entre toutes, dont tous les enfants ont besoin et qu’ils réclament de diverses façons, c’est l’attention de l’adulte, les moments de contact individuel pendant les soins, les câlins tendres, les échanges de paroles, de sourires, de regards, même de loin… Certains enfants profitent bien de leur “dose” et, sécurisés, s’adonnent à leurs activités avec enthousiasme. D’autres jouent mais viennent régulièrement auprès de la puéricultrice pour lui montrer quelque chose, demander son approbation ou simplement la toucher avant de repartir. D’autres encore exigent une attention de tous les instants, soit en poursuivant l’adulte, pleurnichant et les bras tendus pour être pris, soit en enchaînant les “bêtises” et les transgressions, ou encore en agressant les autres enfants pour obliger l’adulte à venir jusqu’à eux (une intervention verbale à distance, même impérative, reste souvent sans effet dans ce contexte) et à leur consacrer de cette attention, fût-ce pour les réprimander. On imagine les trésors de patience, d’observation et de disponibilité nécessaires à la puéricultrice pour échanger avec chaque enfant selon ses besoins du jour, gérer le niveau de tension du groupe, faire respecter les limites, consoler les agressés et interroger la difficulté des agresseurs, pour se partager équitablement entre tous ses petits cannibales… avec peut-être la crainte d’en négliger l’un ou l’autre plus discret ou la frustration de n’avoir pu contenter tout le monde.

Comme le disait Laura, presque 3 ans, avec un admirable sens de la formule et réconciliant pour son compte l’urgence de son désir avec la conviction que tous ont droit à leur part : “Chacun son tour et moi d’abord !”

Catherine Ghion

 

Le même jouet, vraiment?

 

Il arrive très souvent qu’un enfant veuille à tout prix le jouet avec lequel joue son copain, alors qu’un jouet identique (même marque, même couleur, même tout…) traîne à un mètre de là. Ce n’est pas pour embêter son copain. Ni pour nous embêter, nous, comme nous ne pouvons pas nous empêcher de le penser à certains moments. Nous croyons que c’est le même jouet, mais nous voyons mal. Ou plutôt, nous voyons autrement. Celui-là (qui traîne) est inerte, fade, sans le moindre attrait. Celui-ci (dans les mains du copain) bouge, s’agite, se retourne, chatoie de tous ses feux, cliquette, sonne, fait entrevoir mille possibilités d’exploration… il est comme vivant. De toute évidence, il est dix fois, cent fois plus intéressant !

 

Cet article est extrait du Journal de votre enfant, n° 20-21, une publication de La Ligue des familles

 

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