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Exclusion (1er décembre 2011)

 

Emploi

Trop gros (petit, grand, malade…)? Exclu!

Selon un récent arrêt de la Cour du travail d'Anvers, l'exclusion automatique d'un emploi pour des raisons de santé ou de handicap est en contradiction avec la loi anti-discrimination.

© Daan Cortier/Belpress
La magasinière fait valoir que sa maladie, jusque là méconnue de sa hiérarchie, ne l'a pas empêché de faire correctement son travail. Et qu’elle ne la handicapera pas davantage pour sa nouvelle fonction. Mais le Tribunal du travail lui donne tort. Se joignant alors à la plaignante, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme fait appel de cette décision. Et, il y a quelques jours, obtient raison sur toute la ligne. Non seulement la Cour du travail annule la décision d'exclusion de cette travailleuse pour le poste convoité (celle-ci obtient même une indemnité et peut postuler à nouveau), mais, en plus, elle annule la directive interne du port d'Anvers qui excluait a priori les candidats souffrant du diabète de type 1 de toute fonction portuaire.L'information est passée assez inaperçue dans la presse, mais elle vaut son pesant d'or en matière de protection sociale, particulièrement dans le domaine de l'emploi. Elle concerne, au départ, une femme souffrant de diabète de type 1 (insulino-dépendante) travaillant au port d'Anvers. En 2008, cette magasinière se porte candidate pour un poste l'amenant à marquer des conteneurs. Peu de temps après, elle s'entend dire qu'elle est médicalement inapte pour tout emploi dans l'infrastructure portuaire. Motif: son diabète.

La magasinière fait valoir que sa maladie, jusque là méconnue de sa hiérarchie, ne l'a pas empêché de faire correctement son travail. Et qu’elle ne la handicapera pas davantage pour sa nouvelle fonction. Mais le Tribunal du travail lui donne tort. Se joignant alors à la plaignante, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme fait appel de cette décision. Et, il y a quelques jours, obtient raison sur toute la ligne. Non seulement la Cour du travail annule la décision d'exclusion de cette travailleuse pour le poste convoité (celle-ci obtient même une indemnité et peut postuler à nouveau), mais, en plus, elle annule la directive interne du port d'Anvers qui excluait a priori les candidats souffrant du diabète de type 1 de toute fonction portuaire.

La Cour valide donc l'avis du Centre, qui se prévalait de la loi dite “anti-discrimination” du 10 mai 2007. Elle valide le fait que, grâce aux techniques médicales, les diabétiques “stables” peuvent exercer la plupart des activités professionnelles sans que cela ne représente un risque de sécurité accru pour leurs collègues ou eux-mêmes. Par conséquent, l'attribution des postes en fonction des aptitudes médicales doit se faire au cas par cas, et non selon des critères exclusifs définis préalablement.

Au Centre pour l'égalité des chances, on souligne que la portée de cet arrêt dépasse de loin le cas des diabétiques et concerne toutes les personnes malades, handicapées ou ayant une caractéristique physique source d'exclusion. Et on y attend, confiant, la décision de justice portant sur un homme qui, souhaitant postuler pour un poste de chauffeur au TEC, a dû renoncer à cause d'un indice de masse corporelle trop sévère, spécifié dans la candidature. Ou, encore, le dossier de cette femme exclue d'un poste de commissaire à la police fédérale sous le prétexte que la fin de son traitement contre le cancer ne remontait pas à plus de deux ans…

//PhL

 


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