Recherche :

Loading

La rédaction

Newsletter

Nous contacter

Une erreur dans votre adresse postale ?
Signalez-le

Actualité

Culture

International

Mutualité Service

Santé

Société

Nos partenaires

Visitez le site de la Mutualité chrétienne

Enseignement (4 septembre 2003)

Partir du bon pied à l’école

Une nouvelle année scolaire commence. C’est le moment pour les élèves et leurs parents de prendre de bonnes résolutions et surtout dispositions pour que cette année soit celle de la réussite. Conseils et réflexions avec Thierry Verwaerde, Licencié en sciences de l’éducation, psychopédagogue et directeur de l’asbl Magellan Éducation.

En marche: Le passage de l’école primaire à l’école secondaire constitue un grand changement pour les élèves. Comment voyez-vous le rôle des parents dans l’accompagnement scolaire de leurs enfants?

 

Thierry Verwaerde: Tout d’abord, il est important que les parents se sentent concernés par l’école et s’intéressent à la scolarité de leurs enfants. Un intérêt qui doit s’exprimer au quotidien et pas uniquement lorsque l’enfant rapporte son bulletin ou lorsque l’échec scolaire est là. Les pères doivent en particulier se rendre compte que le suivi scolaire de leur enfant, c’est aussi leur affaire. Trop souvent, ils confient cette tâche à leur (ex-) épouse.

Il faut véritablement instaurer le dialogue dès le plus jeune âge et le poursuivre quand l’enfant est adolescent. Les parents doivent montrer de l’intérêt pour ce qui se passe en classe, écouter ce que leur enfant a à raconter sur l’école, participer aux réunions de parents, aussi. Tout cela, c’est donner à ses enfants des signes que l’école, c’est important. D’ailleurs, il n’y a pas que les résultats scolaires qui comptent mais aussi la manière dont l’enfant ou le jeune s’intègre et s’épanouit à l’école.

Concrètement, s’intéresser à la vie scolaire de son enfant, c’est l’aider à s’organiser dans ses cours et ses devoirs. Ce qui ne signifie pas qu’il faut travailler à sa place, comme on le voit souvent en 1ère ou 2è rénové. Beaucoup de parents (les mères essentiellement) le font de bonne foi pour ne pas aggraver encore la situation. Mais cela ne fait que reporter le problème.

Le rôle des parents est d’éduquer, de mettre des limites, des repères. Cela doit se faire dans le dialogue mais cela ne signifie pas que tout est négociable. Certains parents ne s’octroient plus le droit d’imposer les choses à leur enfant. C’est pourtant une dimension indispensable de l’éducation.

 

EM : Très concrètement, quels conseils donneriez-vous aux parents pour aider leur enfant à bien faire son job d’élève?

Thierry Verwaerde: En secondaire, il est nécessaire que l’élève étudie dans sa chambre et pas dans le salon ou la cuisine. Cela implique que la chambre soit orientée vers l’étude. C’est-à-dire qu’il y ait un bureau dégagé, bien éclairé, que la chambre ne soit pas envahie de “brols”. De plus en plus de jeunes ont dans leur chambre une chaîne hi fi, un ordinateur, une console de jeux, voire une TV qui les distraient constamment et laissent peu de place à l’étude. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas y avoir de posters de stars au mur et de la musique. Mais ils ne doivent pas envahir tout l’univers du jeune.

 

EM : Ces conseils ne concernent-ils pas que les enfants de familles plutôt favorisées? Qu’en est-il des familles où chaque enfant ne dispose pas de sa chambre?

Thierry Verwaerde: Tout est question d’organisation. Si plusieurs enfants partagent la même chambre, les parents peuvent organiser le temps d’étude de chacun de manière à ce qu’ils ne se dérangent pas mutuellement. Il faut d’ailleurs inculquer les bonnes habitudes dès l’école primaire.

 

EM : Vous parlez du temps d’étude. Que préconisez-vous à ce propos?

Thierry Verwaerde: A l’école secondaire, l’élève est confronté à une masse de plus en plus importante de travail scolaire. Il est donc indispensable de lui donner du temps pour le réaliser. Dès l’école primaire, les enfants sont souvent surchargés d’activités extrascolaires à tel point qu’ils n’ont plus le temps de souffler, de jouer à la maison, de se laisser vivre tout simplement. Les parents veulent que leurs enfants s’éveillent, pratiquent et excellent dans des tas d’activités. Ce qui est souvent trop lourd pour les enfants.

En secondaire, ce sont surtout la TV, les jeux vidéo, Internet, les activités sportives de compétition qui engouffrent énormément de temps. Si en dehors de ces activités, l’enfant prend quotidiennement le temps nécessaire à l’étude et que ses résultats scolaires sont bons (plus ou moins 70 %), tant mieux. Mais il est illusoire de croire que l’on peut réussir à l’école sans prendre du temps et faire des efforts pour l’étude.

 

EM : Comment gérer au mieux ce temps de travail au quotidien?

Thierry Verwaerde: Lorsque l’élève rentre de l’école, après le goûter, la priorité doit être donnée aux devoirs et leçons avant la distraction et la détente. Au plus tôt le travail est commencé, au plus vite il est fait car on est moins fatigué. A l’inverse, si on se détend avant, on en profite moins bien car on sait qu’on devra se remettre au travail plus tard.

Le mieux est, pour l’élève, de se faire un petit programme de travail tous les jours en s’avançant pour les jours qui suivent, en anticipant le WE pour la semaine, en se fixant des mini-objectifs. Il vaut mieux revoir tous les jours quelques pages qu’une fois 25 pages par exemple. Il est conseillé aussi de commencer par le plus difficile pour aller vers le plus facile. L’enfant a besoin d’aide et d’encouragement dans l’application de ces méthodes de travail.

 

EM : On entend de plus en plus de professeurs se plaindre que les élèves arrivent fatigués en classe, même à l’école primaire. Les enfants et ados manquent-ils de sommeil?

Thierry Verwaerde: Dormir suffisamment, prendre un copieux petit déjeuner le matin, ne pas s’abrutir durant des heures ou jusque tard dans la soirée devant la télévision ou l’ordinateur, faire de l’activité physique, prendre les repas en famille, cela fait partie d’une hygiène de vie à adopter dès le plus jeune âge.

Si l’enfant ou le jeune doit être secoué tous les matins au lever, c’est qu’il manque de sommeil et il doit donc aller coucher plus tôt le soir. Encore une fois, c’est une question de bon sens. Aux parents de placer règles et limites .

 

E.M : Et si des difficultés scolaires se présentent, que faut-il faire?

Thierry Verwaerde: Quand des difficultés scolaires surviennent et que les résultats baissent un peu partout, il faut en parler avec son enfant de manière constructive et le plus tôt possible (souvent on attend la dernière limite pour réagir). Toute une série de raisons étrangères à l’apprentissage lui-même peuvent expliquer cette situation (divorce des parents, décès d’un proche, …) et doivent être prises en compte mais j’en ferai abstraction ici. Il faut donc identifier ce qui ne va pas à l’école et dans l’apprentissage, et aider son enfant à mieux gérer son environnement, son temps et ses méthodes de travail. Si rien ne change à ce niveau-là, il y a peu de chances que les résultats s’améliorent...

Souvent lorsque les difficultés scolaires s’accumulent, le conflit familial n’est pas loin. Dans certaines familles, on évacue alors le problème scolaire pour éviter ce climat pesant et trop conflictuel. On se met alors la tête dans le sac tout en espérant qu’un déclic se fera tout seul. Mais l’échec est parfois tellement lourd que les parents s’épuisent et baissent les bras. Parfois aussi, c’est tellement grave qu’ils ne peuvent plus faire face.

Dans tous les cas, il faut intervenir et se faire aider par des professeurs, centres PMS, logopèdes, psychologues et pédagogues, en fonction des problèmes rencontrés. S’il s’agit de lacunes dans une ou deux branches, les remédiations proposées par l’école ou les cours particuliers peuvent être envisagés. Il existe aussi des sessions baptisées “Echec à l’échec” et organisées durant les vacances scolaires pour permettre à des élèves d’approfondir en urgence certaines matières. Quand il s’agit de troubles d’apprentissage comme la dyscalculie, la dyslexie ou la dysorthographie, la logopédie peut être une aide précieuse. Mais idéalement ces traitements doivent débuter à l’école primaire.

Pour notre part, à l’asbl Magellan Education, nous proposons des formations aux méthodes de travail pour les jeunes du secondaire et du supérieur ainsi que des ateliers pour les parents (voir encadré). Deux catégories de jeunes suivent nos formations: d’une part ceux qui traînent des difficultés scolaires depuis les primaires en raison de troubles de l’apprentissage non résolus; d’autre part ceux qui n’étudient pas et sont en conflit avec les parents. Notre objectif est d’apporter à tous ces jeunes des méthodes de travail sur base de leurs cours, mais aussi de les stimuler, de leur rendre confiance et de faire croître leurs capacités. C’est un lieu de parole et de dialogue qui n’en est pas moins exigeant pour autant.

 

Entretien: Joëlle Delvaux

 

Apprendre à apprendre avec Magellan Éducation

Fondée en janvier 2000, l’asbl Magellan Education travaille dans le domaine de l’apprentissage scolaire et de l’éducation. Elle propose quatre types de formations.

 

1. Des formations en méthodes de travail, motivation et confiance en soi pour des jeunes du secondaire et du supérieur.

Ces formations se donnent en petits groupes de maximum 6 jeunes, par niveau d’étude, en rencontres hebdomadaires de 2 heures, durant 6 semaines minimum fixées pendant l’année scolaire. L’objectif est d’abord de diagnostiquer le problème d’apprentissage du jeune et ensuite de dégager des pistes concrètes de remédiation en lui donnant des outils pédagogiques qui lui permettront de retrouver le goût pour l’école et la motivation par de meilleurs résultats scolaires. Il ne s’agit pas de faire répéter des matières ou de donner des recettes miracles mais de développer des méthodes de travail sur base des cours de chaque élève.

2. Des remédiations en math.

Ces remédiations visent à combler les lacunes du jeune en mathématique en lui remettant les bases nécessaires pour lui permettre de réussir et pour que les math ne lui posent plus de problèmes ultérieurement.

3. Des ateliers parents.

Les parents sont des acteurs importants dans la réussite scolaire du jeune. Les Ateliers Parents ont une orientation éducative en lien direct avec l’apprentissage de leur enfant. Ils sont proposés aux parents qui sont désorientés et s’interrogent sur leur enfant qui est démotivé par l’école et ne travaille pas assez. Durant ces ateliers, temps d’informations et temps d’échanges sont alternés.

4. Des séminaires préparatoires au supérieur pour les élèves de rhétorique.

Ces séminaires visent à donner un bagage supplémentaire aux jeunes pour aborder leurs études supérieures. L’objectif est de les aider à construire leur projet personnel et de les mettre en situation du niveau et du rythme des études supérieures en approfondissant les méthodes de travail, l’expression française écrite et orale, …

 

Lieu des formations: Namur centre à 10 minutes à pied de la gare - Rens: Magellan éducation asbl - Chemin Saint -Héribert, 44 - 5100 Wépion - Tél. 081/46.19.00. Site : www.magellaneducation.be

Réagir à cet article

Retour à l'index

"Enseignement"

haut de page