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Enseignement (18 mars 2004)

 

Une formation-relais pour trouver sa voie

Chaque année, nombreux sont les étudiants à abandonner leurs études après quelques semaines ou quelques mois passés dans l’enseignement supérieur. Mauvaise orientation, manque de méthode de travail, niveau de compétences insuffisant… quoi qu’il en soit, il leur est possible de suivre un programme de formation qui les aidera à repartir du bon pied. Gros plan sur la formation-relais organisée à Louvain-la-Neuve.

 

Vendredi 5 mars. C’est l’effervescence à l’entrée des auditoires Mercator à Louvain-la-Neuve. C’est en effet aujourd’hui que les étudiants qui ont commencé la formation-relais© en novembre dernier doivent faire un exposé sur le thème de la santé devant un auditoire composé des “nouveaux” ayant entamé leur formation-relais© le mois dernier. La presse a été conviée au mini-colloque entièrement organisé par les étudiants eux-mêmes. “Ce colloque s’intègre pleinement dans notre démarche pédagogique”, explique David Lemaire, professeur et accompagnateur à la formation-relais© organisée par le Centre d’enseignement supérieur de promotion et de formation continuée en Brabant Wallon. “Nous voulons placer les étudiants dans des expériences qui leur permettent de faire leur choix professionnel de manière mûrie et réfléchie. Dans le cas présent, nous avons demandé à chacun de présenter en 15 minutes un sujet “santé” qui ait du sens pour lui et soit en lien avec ce qu’il veut faire plus tard. Cette démarche oblige les jeunes à se documenter, à se rendre en bibliothèque, à comparer leurs sources de manière critique, à concevoir un exposé synthétique et enfin à le présenter avec support informatique”.

 

Loïc, Jonathan et les autres

Loïc voudrait bien se réorienter l’année prochaine vers des études économiques et informatiques. C’est donc tout naturellement qu’il a proposé de concevoir un site web pour présenter le mini-colloque sur la santé et le gérer (1). “Pour mon exposé, j’ai choisi de parler des enjeux d’une bonne politique européenne en matière d’économie de la santé”, explique Loïc. “C’est un sujet difficile. J’ai essayé de le synthétiser et de le vulgariser pour intéresser un public jeune. A la fin de ma présentation, des étudiants m’ont fait des remarques positives. Et mon accompagnateur (ndlr: le professeur référent qui accompagne l’étudiant tout au long de sa formation) m’a félicité. Le plus dur a été de présenter un résumé en anglais durant quelques minutes, comme cela nous était demandé”.

Jonathan, quant à lui, s’est occupé de tout le volet communication et organisation du mini-colloque. Il s’est notamment chargé de contacter et d’accueillir les journalistes. Un rôle qu’il a tenu à la perfection. “Je ne sais pas encore vraiment vers quelles études je vais me diriger mais je suis intéressé par tout ce qui tourne autour de l’organisation d’événements. D’où mon implication dans l’organisation de ce colloque. Dans mon exposé, je voulais parler des méfaits de l’alcool et du tabac sur la santé mais comme le sujet est trop vaste, je me suis concentré sur l’alcool et j’ai choisi notamment de parler de la campagne “BOB” de l’IBSR car elle concerne en particulier les jeunes.”

François est musicien. Quand il a du choisir un sujet sur la santé, il n’a pas hésité: il allait parler des conséquences du son sur notre ouïe. “Je joue moi-même de la guitare et j’aime écouter de la musique et aller à des concerts rock. J’ai déjà les oreilles abîmées et je voulais en savoir plus sur ce sujet. En plus, je voudrais devenir ingénieur du son”. Posément, François a apporté à un jeune auditoire attentif une série de définitions et de notions avant d’expliquer les effets néfastes des bruits et les risques de pertes auditives irréversibles. Sa conclusion n’a pu qu’interpeller l’auditoire: “Il faut protéger son oreille interne car c’est là que tout se joue en fonction du volume et de la durée d’exposition au bruit. Personnellement, je déconseille l’usage des baladeurs. En tout cas, moi, j’ai abandonné le mien alors que je l’utilisais beaucoup. Et dorénavant, je mets des boules Quies quand je vais à des concerts car dans beaucoup d’endroits, la limite légale de 120 décibels est largement dépassée”.

 

Trois sessions par an

La formation-relais© existe depuis près de 10 ans à Louvain-la-Neuve. Ancrée initialement au sein de l’UCL pour aider les étudiants en décrochage à se réorienter et à mieux se préparer aux études universitaires, elle accueille maintenant et chaque année quelque 120 étudiants dont la moitié provient des Hautes Ecoles. Unanimement reconnue pour ses qualités méthodologiques et forte de sa longue expérience, elle n’est plus seule aujourd’hui à aider les étudiants en décrochage. Un dispositif similaire a été mis sur pied l’année passée en province de Namur (Le Rebond). Un nouveau dispositif expérimental vient aussi de débuter à l’ULB (Tremplin) (Voir ci-dessous).

Concrètement, il existe trois moments dans l’année pour entrer dans la Formation-relais©: novembre, février et avril. En novembre, la formation accueille les jeunes qui ont rapidement réalisé s’être mal orientés. En février, ce sont plutôt ceux qui ont échoué en première session et veulent redéfinir leur projet par rapport à leurs compétences. Enfin, en avril viennent surtout ceux qui ont échoué en janvier mais croyaient à tort que les cours du second semestre leur conviendraient mieux. La prochaine session débute donc tout prochainement et il est encore possible de s’y inscrire (2).

 

Un programme complet

La structure actuelle du programme est articulée en 4 étapes successives qui correspondent à différentes phases de construction du projet personnel de formation : exploration, clarification, confrontation et validation. Ainsi, au fur et à mesure du programme, la place du projet personnel de l’étudiant devient de plus en plus importante tandis que le nombre d’heures de cours liées aux matières diminue.

La première semaine est consacrée à la présentation d’un dossier de motivation, à des tests notamment en langues et en mathématiques et à la présentation du programme.

Dès la deuxième semaine débutent des cours en français, mathématiques et informatique. Une place importante est aussi consacrée aux cours de méthodologie du travail (prise de notes, gestion du temps, recherche documentaire, ...) Au terme de cette étape, l’étudiant doit remettre un rapport scientifique sur un thème librement choisi. Ce rapport permet ainsi d’évaluer les compétences des étudiants et les progrès réalisés.

La seconde étape du programme permet à l’étudiant de faire un bilan personnel global et de construire son projet avec l’aide d’un accompagnateur. “On aide l’étudiant à mûrir son projet grâce à toutes sortes d’activités possibles: des ateliers sur les nouveaux emplois et les filières de formation, des visites d’entreprise, une recherche documentaire sur un métier, la rencontre de personnes travaillant dans le secteur d’activités pressenti…”, précise David Lemaire. “C’est à chacun de prendre les contacts nécessaires et de chercher les informations utiles pour définir son projet”.

La troisième étape du programme permet à l’étudiant de confronter son projet en réalisant des stages en milieu professionnel, en suivant des cours libres dans le domaine d’études choisi et en participant à des activités académiques en lien avec son projet.

A ce stade, certains sont fixés sur la filière d’études qu’ils vont suivre l’année d’après mais d’autres hésitent encore. La confrontation à la réalité leur permet de juger la pertinence et la cohérence de leur choix.

Parallèlement, le jeune devra se préparer à relever, au choix, soit un défi d’expression (coach d’impro débouchant sur un match contre la Ligue d’impro de LLN) soit un défi sportif (escalade en salle puis sur falaise). “Relever un de ces défis permet à l’étudiant de renforcer la confiance en soi et de se dépasser. Cela a un effet très bénéfique sur les cours. Les jeunes se rendent compte qu’ils sont capables de les réussir en se préparant bien, en y mettant les moyens”, assure David Lemaire.

Au bout de la troisième étape, l’étudiant présente son projet devant un comité de personnes extérieures à la formation. En fonction des remarques de ce comité, la dernière étape de validation du projet sera plus ou moins longue (3).

“En fait, 90 % des étudiants se dirigent par la suite vers l’Université ou une Haute Ecole et 10 % vers l’emploi, une année d’apprentissage à l’étranger ou une formation professionnelle qualifiante”, note David Lemaire. “Une récente enquête démontre l’impact positif de la formation-relais© sur le parcours des étudiants : 78 % réussissent l’année suivante leur première année d’études supérieures alors que la réussite moyenne en première année est de 45 %,” précise l’enseignant. Qui conclut: “La formation relais exige une démarche volontaire et participative de la part de l’étudiant. Il n’y a ni obligation, ni sanction, ni diplôme. Mais c’est une année charnière déterminante pour les jeunes qui, loin d’avoir perdu une année académique, auront gagné en connaissances et en compétences mais aussi en expériences, en maturité et en confiance en soi…Des atouts indéniables pour construire son avenir”.

Joëlle Delvaux

 

(1) www.mini-colloque.be.tf  - Les actes du mini-colloque y sont présentés en format PDF.

(2) La session 3 se déroule du 20 avril au 30 juin 2004. Des séances d’information auront lieu les 24 mars et 1er avril à 16h30 rue des Wallons, 6 à Louvain-la-Neuve (en face de la gare). La formation coûte 230 euros et permet de conserver le droit aux allocations familiales.

(3) Toutes les étapes du dispositif sont présentes dans les trois sessions. Ceux qui commencent en novembre bénéficient de stages plus longs. Pour ceux qui débutent en avril, les stages sont recommandés pendant l’été

 

En pratique

 

La Formation-relais© est organisée par le Centre d’enseignement supérieur de promotion et de formation continuée en Brabant Wallon (CPFB) - rue des Wallons, 6 - 1348 Louvain-la-Neuve - Tél.: 02/47.82.49. email: secretariat@cpfb.be  - site: www.cpfb.be 

 

La formation Rebond est le fruit d’une collaboration entre 11 établissements d’enseignement en province de Namur (Hautes Écoles, Facultés Universitaires et établissements d’enseignement de promotion sociale). Rens: Marc Romainville - FUNDP: Tél.: 081/72.50.65 - e mail: marc.romainville@fundp.ac.be

 

La formation Tremplin est une initiative conjointe de l’ULB et de la Haute École Francisco Ferrer. Renseignements: Tél.: 02/650.20.25.

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