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Social
(18 octobre 2007)
Des
entreprises pas comme les autres!
Il y a une dizaine d’années,
les ateliers protégés étaient rebaptisés “entreprises de travail adapté” et
les personnes handicapées qui y travaillaient obtenaient le droit au salaire
minimum garanti. Comment les ETA relèvent-elles aujourd’hui le défi de
concilier leur mission sociale et les exigences de rentabilité économique?
Réflexions et témoignages glanés sur le terrain.
Au
milieu des années 60, les ateliers protégés naissaient de la préoccupation
d’offrir un travail simple, utile et rémunérateur aux personnes reconnues
comme handicapées. Conçus au départ comme tremplin vers le circuit normal du
travail, ils n’ont pourtant jamais réellement rempli cette mission. Mais les
personnes les plus lourdement handicapées y ont trouvé une activité
productrice adaptée à leurs capacités, dans un cadre de travail protégé. Et
les pouvoirs publics intervenaient financièrement très largement dans les
ateliers en vue de compenser la perte de rendement du fait de l’emploi de
personnes handicapées.
Il y a une dizaine d’années,
les ateliers protégés sont devenus des entreprises de travail adapté. Un
changement d’appellation qui traduit l’évolution d’un secteur à vocation
sociale à répondre aux exigences économiques et à assurer sa viabilité
financière. Comme l’Agence wallonne pour l’intégration des personnes
handicapées (AWIPH) l’indiquait dans un document d’étude consacré aux ETA en
2004, “les ETA sont confrontées aux critères de rentabilité, de qualité,
de respect des délais de production, etc. La professionnalisation du
secteur, l’instauration du salaire minimum garanti pour tous les
travailleurs handicapés ont fait des ateliers protégés de véritables
entreprises”.
Aujourd’hui, dans notre
pays, les ETA restent le lieu de travail d’une grande partie des personnes
handicapées aptes à travailler, qui y trouvent un emploi stable et durable.
“Le phénomène d’exclusion des personnes handicapées du milieu de travail
ordinaire ne fait que s’amplifier et nous héritons de plus en plus souvent
de travailleurs souffrant de handicaps sociaux” (lire aussi “Et à
Bruxelles?”, observent les responsables des 9 ETA membres de la Fédération
nationale des associations médico-sociales (FNAMS) qui ont partagé et
rassemblé leurs réflexions sur l’emploi des personnes handicapées dans une
note politique (1). “Nous lançons un appel aux pouvoirs
publics pour renforcer les dispositifs d’aide à l’emploi au sens large du
terme!”, plaide Thérèse Trotti, Directrice de la FNAMS.
Des défis
économiques
Plus que jamais, le défi
principal des entreprises de travail adapté est de concilier leur objet
social avec les contraintes du marché, de continuer à être des outils de
progrès et de promotion sociale pour les travailleurs handicapés tout en
étant performants et rentables. Une tâche difficile qui demande une certaine
virtuosité... surtout dans le contexte économique actuel et un marché de
l’emploi en pleine mutation.
“Notre plus grande
difficulté est de conserver ou de trouver des travaux simples et répétitifs
pour les personnes les plus lourdement handicapées”, explique Jean-Marie
Noël, directeur de EnTraNam, une ETA qui occupe plus de 300 travailleurs sur
six sites de production dans la région de St Servais. “Soit beaucoup de
ces travaux sont automatisés, soit nous subissons de plein fouet la
concurrence des pays à bas salaires ou, en Belgique, celle des prisons. Je
peux citer plusieurs sociétés que les ETA, et la nôtre en particulier, ont
perdues, en particulier dans le secteur du conditionnement. Par contre, nous
restons attractives car nous sommes capables de flexibilité maximale et nous
offrons des services et produits de qualité grâce à une main d’œuvre
rigoureuse et efficace”. Et de poursuivre: “Nous avons la chance,
dans notre entreprise, de couvrir plusieurs secteurs d’activités très
différents et d’avoir de nombreux clients mais ce n’est pas le cas partout.
Cela étant, nous sommes obligés de prospecter régulièrement de nouveaux
clients et de nous adapter en permanence aux fluctuations du marché. C’est
un équilibre difficile”.
Comme le souligne l’analyse
sociale des ETA réalisée par l’AWIPH, les travaux confiés aux ETA sont de
plus en plus complexes et demandent toujours plus de savoir-faire. Par
ailleurs, les clients sont de plus en plus exigeants vis-à-vis de la qualité
du travail effectué (certification ISO) et du délai de réalisation des
travaux (juste-à-temps). Les ETA sont donc obligées de diversifier leurs
activités pour limiter les risques économiques liés à la dépendance
vis-à-vis d’un seul client mais aussi pour procurer à chaque travailleur une
tâche adaptée à ses capacités.
Patrick Godart, directeur de
l’Entraide par le Travail, l’ETA d’Enghien, témoigne à son tour: “C’est
vrai que la concurrence est rude mais pour notre part, nous travaillons en
confiance avec des clients fidèles et très satisfaits car nous respectons
toujours les délais et sommes intransigeants sur la qualité du travail. Pour
ces mêmes raisons, nous avons d’ailleurs récupéré un client qui était parti
pour réaliser de l’emballage dans une prison. Notre entreprise ne connaît en
tout cas pas de problèmes de chômage et nous devons même refuser des
clients!”
L’ETA d’Enghien, qui vient
de fêter dignement ses 40 ans, constitue certainement un des exemples de
réussite sociale et économique dans le secteur. Avec ses 60 travailleurs,
l’entreprise conserve une dimension familiale et est particulièrement
soucieuse d’offrir à son personnel de bonnes conditions de travail et un
accompagnement social personnalisé, tout en ayant à son égard des exigences
de polyvalence et de flexibilité. La direction mène également une politique
de formation volontariste. Elle a créé une cellule d’accueil pour permettre
à des jeunes handicapés d’accéder au monde du travail et de recevoir une
formation préliminaire. Elle a aussi mis sur pied une cellule de maintien à
l’emploi qui vise la reconversion des travailleurs dont les aptitudes ne
correspondent plus aux exigences du poste de travail (souvent les plus
âgés). “Notre objectif primordial, contrairement aux entreprises
ordinaires, n'est pas la production et la recherche du profit maximal mais
l'adaptation du travail à l'homme et l’épanouissement du travailleur
handicapé, précise Patrick Godart. L’important est de placer chaque
travailleur au poste qui lui convient et nous sommes attentifs à varier les
tâches et à composer des équipes de manière à ce que le travail soit le plus
efficace possible, sous la responsabilité d’un moniteur”. Située au cœur
du zoning industriel d’Enghien, l’Entraide par le Travail consacre 95% de
ses activités au conditionnement, à côté de l’activité artisanale de
rempaillage et recannage de chaises qui reste très précieuse car rare. Cette
hyperspécialisation implique un matériel adéquat et une organisation du
travail très souple à laquelle les travailleurs adhèrent à 100%.
Des subsides
en diminution
On l’a vu, les ETA se
situent très clairement dans le champ économique. Pourtant, en tant qu’asbl,
elles ne peuvent bénéficier d’aides à l’investissement ou à l’expansion
économique, réservées au secteur marchand.
Par ailleurs, les subsides
qu’elles perçoivent de l’AWIPH pour compenser la perte de rendement des
travailleurs handicapés et encadrer ceux-ci sont en forte diminution. Quant
aux aides aux investissements en infrastructure, quand elles existent,
elless se réduisent à des prêts sans intérêt.
Aujourd’hui, les subsides de
l’AWIPH ne représentent plus qu’un tiers des recettes des ETA contre deux
tiers provenant du chiffre d’affaires. Il y a quelques années, ce rapport
était inversé. “Sans renfort de moyens, les ETA vont être amenées à
accroître davantage encore la rentabilité et à rechercher des profils de
travailleurs en fonction des postes de travail à haute valeur ajoutée, au
risque à nouveau d’exclure ceux-là même pour qui les ETA ont été créées”,
explique Thérèse Trotti. “A l’instar de leurs voisins flamands et
européens, les ETA devraient pouvoir bénéficier d’un soutien plus grand tant
des pouvoirs publics que du monde de l’économie. Par exemple, la France
oblige les entreprises à engager un quota de personnes handicapées et, si
elles ne le réalisent pas, à cotiser à un fonds qui redistribue ces moyens
auprès d’entreprises adaptées. D’autres pays favorisent l’abattement fiscal
des entreprises qui font appel aux services des ETA. Chez nous, pas de quota
dans l’emploi ordinaire, pas d’abattement fiscal, et au niveau des marchés
publics, peu de sollicitations!”. La FNAMS plaide également pour la
création et la promotion d’un label social des ETA qui soit une vitrine des
spécificités et caractéristiques du secteur et détermine la notion de
qualité de l’emploi en ETA.
Des quotas
carcans
Les ETA doivent faire face à
une autre contrainte importante: l’imposition, pour raisons budgétaires,
d’un quota de travailleurs handicapés subventionnés pour l’ensemble de la
Wallonie (5313 emplois en 2006) et pour chaque ETA. Ce quota a été augmenté
de 400 unités en 2007 dont 100 sont réservées aux travailleurs dont la perte
de rendement est supérieure à 70%. Mais malgré “ce bol d’air”, le quota est
l’objet de nombreuses critiques dans le secteur. “La règle du quota au
niveau de l’occupation des personnes handicapées et celle relative à la
mixité d’emploi de personnes valides en proportion des personnes handicapées
(30 - 70) constituent de sérieux freins à la politique entrepreneuriale des
ETA mais aussi à l’adaptation des conditions de travail pour les
travailleurs”, assure Pascal Simon, directeur d’Entra, une ETA très
innovante située à Heppignies. “Si on perd un marché, notre quota diminue et
il nous est donc impossible d’aller rechercher un nouveau marché. En plus,
le quota est calculé par personne, indépendamment du temps de travail
presté. Ainsi, celle qui preste à temps partiel pour raisons médicales
compte pour une unité”. Et d’enchaîner: “A court terme, nous plaidons pour
un assouplissement et une clarification des règles. Mais à terme, on devrait
supprimer les quotas. Il est vrai que cela alourdira encore les coûts à
charge de la région wallonne. Néanmoins, tout emploi supplémentaire rapporte
à l’Etat fédéral par le biais des cotisations sociales et des impôts. Il
faut donc réfléchir autrement la politique de financement en solidarisant
les niveaux régional et fédéral”.
ETA et
économie sociale
Les ETA se situent
clairement dans le champ de l’économie sociale dans la mesure où, pour
atteindre leur objectif social, elles utilisent les moyens économiques mis à
leur disposition.
Quant à savoir si les ETA
devraient pour autant relever de ce secteur comme le prévoit le ministre
wallon, Jean-Claude Marcourt, dans son projet de décret relatif à l’économie
sociale, c’est autre chose. Pour la FNAMS comme pour l’ACIH-AAM, ce projet
de décret pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. “Qu’en
sera-t-il de l’ancrage social? Qui donnera le passeport d’entrée en ETA? Qui
déterminera la part de rendement et la subventionnera? Et surtout, que
deviendront les travailleurs les plus handicapés”, interroge David Lefèbvre,
secrétaire politique de l’ACIH-AAM (2). “Selon nous, les
ETA pourraient avoir leur place dans le champ de l’économie sociale mais à
la condition stricte que l’ensemble du dispositif d’agrément, d’intégration
de la personne handicapée, de la perte de rendement et de l’inspection
restent du ressort de l’AWIPH”.
“D’un point de vue
économique, l’intégration des ETA dans le secteur de l’économie sociale
permettrait peut-être aux entreprises d’avoir dorénavant accès à des
subsides à l’investissement et autres aides économiques” fait remarquer Guy
Niset, président de l’EWETA. Mais rien n’est moins sûr dans l’état actuel du
projet. Quant à l’emploi, se posent des questions plus fondamentales encore.
A intégrer le secteur de l’économie sociale, les ETA ne risquent-elles pas
de perdre leur public cible des personnes handicapées en devant s’ouvrir aux
autres publics précarisés ou discriminés sur le marché de l’emploi? On le
voit, le débat est loin d’être clos.
Joëlle
Delvaux
(1) La note politique “Enjeux et perspective pour les
institutions et services de l’AWIPH” comporte un chapitre consacré aux ETA.
Elle peut être téléchargée sur le site
www.fnams.be
(2) L’ACIH-AAM a consacré un numéro de sa revue “entrevoi”
aux ETA. Pour recevoir gratuitement ce n°17, tél au 02/246.42.26. ou envoyez
un courriel à acih-aam@mc.be
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De plus en plus de sous-traitance
chez les clients |
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Depuis
quelques années, les travaux de sous-traitance réalisés par les ETA
sur le site même des entreprises clientes est en augmentation
constante. En 2006, 455 contrats d’entreprise ont été passés entre
des ETA et des entreprises privées, soit une augmentation de 10% en
un an pour un nombre total d’heures en hausse de 14%.
Cette
formule, pratiquée par 80% des ETA, trouve certainement son origine
dans la volonté des clients de réaliser des économies dans le
transport des marchandises à traiter. Dans certains cas aussi, le
travail nécessite l’utilisation d’équipements lourds, de machines,
de chambres froides et d’entrepôts de stockage dont l’ETA ne dispose
pas. Pour l’entreprise extérieure, le contrat d’entreprise réduit
les contraintes liées à l’embauche de personnel supplémentaire et
offre davantage de flexibilité.
Dans
une grande majorité des cas, la conclusion de ces contrats
d’entreprise a permis aux ETA de conserver des marchés existants,
voire de décrocher de nouveaux marchés. Pour les travailleurs
handicapés, les prestations en entreprises extérieures représentent
une occasion de se familiariser avec le milieu de travail ordinaire
tout en continuant à bénéficier de l’encadrement nécessaire puisque
l’ETA continue à superviser ses propres travailleurs occupés à
l’extérieur. Toutefois, contrairement à ce qu’on pourrait espérer,
cela ne favorise pas le passage des travailleurs handicapés vers le
travail ordinaire. |
Et à
Bruxelles?
En région bruxelloise, les
ETA ont une réalité propre liée à leur situation géographique et à une
tutelle politique et administrative différente. Mais elles partagent les
mêmes questionnements et défis que leurs consœurs wallonnes, comme l’a bien
décrit Bernard De Backer, chercheur à l’APEF asbl, dans une étude
approfondie sur les ETA bruxelloises.
La
région bruxelloise compte 13 ETA. Ce nombre ne risque pas d’augmenter d’ici
peu : il est devenu quasi impossible de créer une ETA en raison notamment
des prix exorbitants des terrains bruxellois. Les ETA ont davantage tendance
à collaborer ou à fusionner pour s’adapter à la concurrence et aux délais
exigeants des clients.
Autre caractéristique des
ETA à Bruxelles : leur diversité. A côté des ateliers industriels d’une
certaine taille, subsistent des petits ateliers artisanaux - tels que la
reliure, la chaiserie – et se développent des entreprises de jardinerie,
comme “Les jeunes jardiniers” ou “la Ferme Nos Pilifs”.
Le secteur emploie 1.800
travailleurs à Bruxelles, ce qui est fort peu face à l’afflux de demandes.
Mais une politique de quotas freine le développement de l’emploi en ETA. Les
premières victimes en sont les personnes lourdement handicapées obligées de
se tourner vers les centres de jour occupationnels. Or, à Bruxelles, le
manque de places dans ces structures est particulièrement criant…
Les ETA wallonnes et
bruxelloises partagent la même préoccupation concernant le vieillissement de
ses travailleurs, leur fin de carrière et leur adaptation aux postes de
travail. Même en rivalisant d’ingéniosité et en développant des solutions de
maintien à l’emploi pour garder le plus longtemps leurs travailleurs âgés,
les directions des ETA doivent faire face à la disparition progressive des
tâches simples et aux exigences accrues des clients.
Dans ce contexte, que vont
devenir les travailleurs les moins productifs? Cette question transversale
demande un traitement urgent. Une piste à envisager pourrait être de
transposer chez nous la situation française où coexistent des centres
d’aides par le travail à côté des ETA. Il s’agirait de créer une structure à
mi-chemin entre centre de jour à vocation occupationnelle et ETA pour ne
point laisser sur le carreau des travailleurs trop faibles pour le rythme en
ETA mais désireux de continuer à se valoriser et à s’insérer socialement par
le travail.
Autre tendance en œuvre dans
les ETA, et tout particulièrement à Bruxelles: l’embauche accrue de
personnes dites “handicapées sociales”. Souvent peu ou pas scolarisées,
celles-ci ne trouvent pas d’emploi dans le circuit ordinaire du travail et
obtiennent l’autorisation du pouvoir de tutelle de travailler en ETA (c’est
la fameuse carte jaune à Bruxelles). Le taux élevé de chômage et de pauvreté
de la Capitale laisse fort à penser que le nombre de personnes ayant un
handicap social ne va pas diminuer. Ce phénomène invite à repenser l’objet
social même des ETA. Ont-elles vocation à accueillir aussi des personnes,
“sans déficiences”, mais en situation d’exclusion professionnelle? Si oui,
cette nouvelle attribution relève-t-elle de la politique des personnes
handicapées ou de celle de l’emploi? Le questionnement sur l’éventuel
glissement des ETA dans le champ de l’économie sociale risque donc de se
poser prochainement pour les ETA bruxelloises.
Laurence
Biron
Source:
“Des entreprises pour travailleurs handicapés à Bruxelles – Réalités, défis
et perspectives” - Bernard De Backer – APEF asbl – 2005– Rens.:
02/250.38.57.
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Le profil des travailleurs en ETA |
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►
En 2006, 58 entreprises de travail adapté occupaient
7.975 travailleurs en Wallonie
dont plus de 85% sont handicapés. 6.887 travailleurs étaient
ouvriers de production et 1.074 occupaient un poste de cadre (dont
20% de travailleurs handicapés). En dix ans, le nombre d’entreprises
a diminué de 11 unités (du fait de fusions essentiellement) mais
elles occupent environ 1.000 travailleurs handicapés de plus, ce qui
témoigne de la vitalité du secteur.
►
La répartition hommes-femmes
reste stable. 70% d’hommes et 30% de femmes engagés majoritairement
sous contrat à durée indéterminée (près de 84%).
►
La tranche d’âge la plus
représentée dans le secteur est celle comprise entre 30 et 49 ans
(65%). L’ancienneté moyenne dans l’entreprise s’élève à 11 ans, ce
qui constitue une augmentation par rapport à 2003.
►
Les personnes handicapées qui travaillent en ETA sont principalement
issues de l’enseignement spécial. Il s’agit d’une population pour
laquelle l’orientation en ETA constitue un aboutissement logique.
►
La plupart des travailleurs handicapés engagés jusque fin 1996, sont
atteints d’un handicap mental ou assimilé
(caractériels, épileptiques, myopathes…) et pourraient difficilement
s’insérer dans les entreprises classiques.
►Les
travailleurs handicapés engagés après le 1er janvier 1997
bénéficient d’un nouveau système de subventionnement appliqué en
fonction de la perte de rendement. 56% ont une
perte de rendement évaluée à plus de 60%. Un
pourcentage qui diminue d’année en année, ce qui signifie que de
moins en moins de travailleurs plus lourdement handicapés sont
engagés en ETA. Mais il faut dire que la manière dont est mise en
œuvre la grille d’évaluation de la perte de rendement permet
difficilement d’atteindre de hauts pourcentages de subsidiation.
►Le
régime normal de travail en ETA
est de 38 heures par semaine mais plusieurs pratiquent les 35
heures. Le travail à temps partiel est très faible: moins de 10%
pour les travailleurs valides et à peine plus de 13% pour les
travailleurs handicapés, contre 21% en Wallonie. Le recours au
travail à temps partiel est freiné en grande partie par le mécanisme
actuel des quotas d’emplois subsidiables.
►Le
chômage pour raisons économiques
ou techniques représente en moyenne 7% des jours prestés mais varie
fortement d’une ETA à l’autre (de 0 à 37%).
►Enfin
- et c’est assez compréhensible - les ETA doivent faire face à
un taux d’absentéisme plus élevé
que dans les entreprises ordinaires (12,35 % contre 7%) et ce,
essentiellement pour des congés de maladie, les accidents de travail
étant par contre peu fréquents.
JD
►
Sources:
Données 2006 livrées par l’EWETA et
Analyse sociale
des ETA en 2005 – AWIPH - novembre
2006. |
Neuf ETA
dans le réseau mutuelliste chrétien
Les
ETA sont présentes dans des secteurs d’activités très variés. La plus grande
part se situe dans la sous-traitance industrielle: le conditionnement, la
paletterie, l’électronique, le câblage, la mécano soudure, le mailing, le
textile... Les ETA apportent aussi une production propre dans les secteurs
de l’imprimerie, du mobilier, de l’artisanat, de la sylviculture, de la
pisciculture, de l’élevage et de la maroquinerie. Enfin, elles offrent leurs
services dans les secteurs de l’Horeca, des parcs et jardins, de la
bureautique, des call center…
En Wallonie, 9 ETA font
partie du réseau de la Mutualité chrétienne via la FNAMS et sont affiliées à
l’Entente wallonne des ETA (EWETA).
En tant que particulier ou
entreprise, pourquoi ne pas faire appel aux ETA? Tout en recevant un service
de qualité à des prix compétitifs, vous aurez la satisfaction de promouvoir
l’emploi des personnes handicapées et de soutenir des entreprises sociales
(2).
(1) Entraide par le travail (Braine-l’Alleud et Jodoigne),
Entra (Heppignies), Entraide par le travail (Enghien), EnTraNam (St
Servais), Stallbois (Etalle), ATE (Ensival), IMARCO (Malmedy), CORELAP
(Mouscron) et L’atelier 85 (Florennes). Pour obtenir les coordonnées de ces
ETA, surfez sur
www.fnams.be ou tél à la FNAMS au 02/246.49.52.
(2) Vous pouvez obtenir la liste des ETA en Wallonie auprès
de l’EWETA. Tél.: 071/29.89.20. ou
www.eweta.be. A Bruxelles, contactez
la FEBRAP au 02/262.47.02. ou
www.febrap.be
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