Social
(17 décembre 2009)
Le
volontariat oui, mais
sous conditions
Exercer une activité volontaire dans une association, offrir de son temps
bénévolement à autrui : voilà une manière bien légitime de donner sens à sa
vie, ouverte à tous. Toutefois, les personnes bénéficiant d’allocations
sociales doivent accomplir certaines formalités et respecter quelques règles
pour ne pas risquer de mauvaises surprises. Explications.
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© Jan Van de Vel/Reporters |
L’expérience du volontariat,
comme ici dans les restos du cœur,
contribue à maintenir un lien social et
entretenir l’estime de soi.
L’engagement
volontaire au service d’une cause ou d’autrui est un des éléments essentiels
d’une société solidaire et tolérante. Pour le bénévole, l’expérience active
du volontariat, même jusqu’à un âge avancé, contribue à maintenir un lien
social, à entretenir l’estime de soi-même.
Il y a quelques années,
le législateur a voulu clarifier ce secteur aux contours flous, le soumettre
à certaines règles et améliorer la protection du bénévole, en matière
d’assurances notamment.
Ainsi, le volontariat
est-il défini par la loi de la manière suivante (1): il
s’agit de «toute activité exercée librement, sans rétribution ni
obligation, au profit d’une ou de plusieurs personnes, d’un groupe ou d’une
organisation ou encore de la collectivité. Il doit toutefois s’agir d’une
activité organisée hors du cadre familial, privé ou professionnel».
Attention donc, toutes les activités que l’on exerce “gratuitement” ne sont
pas nécessairement considérées comme du volontariat au sens de cette loi.
Le volontariat consiste
par définition en un travail non rémunéré. Des défraiements peuvent être
accordés, mais uniquement pour couvrir les frais encourus : jamais pour
rémunérer des prestations. La loi a prévu des règles strictes par rapport à
ces défraiements. Il est important que ceux-ci ne dépassent pas les plafonds
légalement fixés ou soient strictement justifiés (voir ci-contre). Dans le
cas contraire, les défraiements pourraient être considérés comme des revenus
et être dès lors soumis à impôts et à cotisations sociales. Pour les
allocataires sociaux, cela pourrait avoir des conséquences dommageables sur
le montant ou même l’octroi de leurs allocations sociales.
En ce qui concerne les
allocataires sociaux, l’exercice d’une activité bénévole est soumis à des
formalités et des règles qui diffèrent selon les statuts. Voyons cela en
détails.
Les personnes en incapacité de travail
La loi sur le
volontariat a assoupli les démarches à réaliser par les personnes qui
perçoivent des indemnités d’incapacité de travail (dans les régimes salariés
et indépendants) et souhaitent entamer ou poursuivre une activité volontaire
au sens de la loi.
Avant de commencer toute
activité bénévole, le mieux est se renseigner auprès de l’association ou de
l’organisation auprès de laquelle cette activité serait réalisée, pour
savoir si celle-ci entre dans le cadre de la loi sur le volontariat.
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Toutes les activités que l’on exerce “gratuitement” ne sont pas
nécessairement considérées comme du volontariat au sens de cette
loi. |
Si c’est le cas,
l’autorisation préalable du médecin-conseil n’est plus obligatoire.
Cependant, il est vivement conseillé de prendre contact avec le
médecin-conseil qui évaluera si l’activité bénévole est compatible avec
l’état général de santé. La découverte tardive d’une incompatibilité avec
l’état de santé est non seulement dommageable pour la santé mais peut
entraîner des difficultés administratives importantes.
Pour toutes les autres
activités réalisées bénévolement mais qui n’entrent pas dans le cadre de la
loi sur le volontariat, une autorisation du médecin-conseil reste absolument
obligatoire avant de commencer l’activité. Les frontières entre travail
volontaire au sens de la loi, travail bénévole et travail avec une valeur
faible économique ne sont pas toujours évidentes.
Au moindre doute sur la
nature de l’activité, la règle d’or pour éviter de perdre ses indemnités ou
son statut est de prendre contact avec son médecin-conseil. Un formulaire de
demande d’autorisation pour le travailleur volontaire est disponible dans
tous les points de contact de la mutualité. Une fois complété, il suffit de
le faire parvenir au médecin-conseil. Celui-ci contactera la personne en cas
de doute ou fournira l’attestation demandée.
Les chômeurs et prépensionnés
Les bénéficiaires
d’allocations de chômage peuvent exercer une activité de volontaire (au sens
de la loi sur le volontariat) à condition d’en faire la déclaration
préalable, au moyen du formulaire ad hoc (2), auprès de
leur organisme de paiement (syndicat ou Capac) qui transmettra la demande à
l’Onem (3). L’intéressé peut alors commencer son
activité sans attendre la réponse.
L’Onem peut aussi
autoriser de façon générale une organisation à occuper bénévolement des
bénéficiaires d’allocations de chômage. Dans ce cas, en principe, le chômeur
ne doit accomplir lui-même aucune formalité et peut exercer l’activité
bénévole à condition de respecter les limites de l’autorisation.
Les activités
volontaires autorisées peuvent être réalisées pour une organisation ou pour
un tiers. Mais attention: toute activité pour le compte d’un tiers (exemple:
repeindre la maison d’un ami) est présumée procurer une rémunération ou un
avantage matériel. La preuve du contraire incombe au chômeur. Par ailleurs,
l’aide - même bénévole - dans l’activité professionnelle d’un particulier
n’est jamais acceptée comme une activité bénévole.
Si la personne ne reçoit
pas de réponse dans les deux semaines, elle peut considérer que son activité
bénévole est autorisée pour une durée illimitée. Mais un accord tacite de l’Onem
ne signifie pas qu’il n’y aura pas de contrôle ultérieur.
L’Onem peur refuser
l’autorisation ou imposer des restrictions s’il juge qu’il ne s’agit pas
d’une activité effectuée habituellement par des volontaires ou que
l’exercice de l’activité bénévole diminue sensiblement la disponibilité du
chômeur pour le marché de l’emploi. Toutefois, ce dernier argument ne peut
être invoqué pour les prépensionnés.
La personne peut
introduire un recours contre cette décision devant le Tribunal du Travail,
dans les trois mois.
Si l’activité n’est pas
acceptée, la personne ne sera pas sanctionnée pour l’activité exercée depuis
l’introduction de sa demande. Mais par contre, une fois la décision négative
obtenue, elle doit cesser immédiatement l’activité, sous peine de perdre
temporairement le droit aux allocations de chômage ou de devoir rembourser
les allocations perçues indûment.
Les pensionnés
Le pensionné peut
exercer librement une activité bénévole à titre gratuit sans devoir réaliser
de formalités particulières.
Les bénéficiaires de l’aide sociale
Le bénéficiaire d’une
allocation pour handicapé (allocations de remplacement de revenus et/ou
d’intégration) peut exercer librement une activité bénévole sans aucune
formalité.
La personne qui perçoit
le revenu d’intégration ou le revenu garanti aux personnes âgées peut aussi
faire du bénévolat au sens de la loi mais il lui est conseillé d’en parler
préalablement à l’assistant social du CPAS qui s’occupe de son dossier.
Joëlle
Delvaux
Pour en
savoir plus,
contactez l’Association pour le Volontariat.
Tél. 02/219 53 70
-www.volontariat.be ou consultez la brochure
“La loi sur le volontariat – questions pratiques”
• Fondation Roi Baudouin
• octobre 2008
• Document uniquement téléchargeable sur
www.kbs-frb.be (rubrique publications)
(1) Loi du 3 juillet 2005 relative aux droits des
volontaires - MB du 29 août 2005.
(2) Les formulaires sont différents selon que les
activités sont exercées auprès d’un particulier ou d’une organisation.
Disponibles auprès des organismes de paiement, ils sont aussi
téléchargeables sur le site www.onem.fgov.be.
(3) L’Onem peut aussi autoriser de façon générale une
organisation à occuper bénévolement des bénéficiaires d’allocations de
chômage. Dans ce cas, le chômeur ne doit accomplir lui-même aucune formalité
et peut exercer l’activité bénévole dans les limites de l’autorisation.
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Le remboursement des frais: quelles limites? |
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Un travail bénévole est, par essence, non rémunéré. Cependant, les
organisations peuvent (mais ne doivent pas) rembourser les frais
encourus par leurs volontaires dans l’exercice de leur mission. |
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La
loi sur le volontariat a prévu deux systèmes de remboursement en
faveur des volontaires:
1. Le
remboursement des frais réels: dans ce cas, le volontaire
apporte la preuve de la réalité et du montant de ses frais en
présentant des factures ou des preuves de paiement à l’association.
Dans ce cas, pas de limite. Les frais réellement consentis sont
remboursés dans leur totalité à condition d’être rigoureusement
justifiés. Il est admis qu’une partie des frais réels puissent être
justifiés forfaitairement comme les déplacements en voiture
(1).
2.
L’indemnité forfaitaire: dans ce cas, le volontaire n’a aucun
justificatif à produire. Le plus souvent, l’organisation fera signer
un reçu, pièce qui justifiera cette dépense dans sa comptabilité.
Des plafonds sont toutefois fixés: 30,22 euros par jour et 1.208,72
euros par année civile (montants indexés, valables depuis le 1er
janvier 2009).
Attention,
ces montants sont ceux autorisés par volontaire, que celui-ci preste
des activités dans une ou plusieurs organisations. Les deux systèmes
ne sont pas cumulables non plus. Si le volontaire perçoit des
indemnités forfaitaires dont le total est supérieur à ces montants,
il devra apporter au fisc la preuve de la réalité et du montant des
frais supportés pour l’organisation en présentant des factures ou
des preuves de paiement, faute de quoi le fisc considérerait les
indemnités perçues comme revenus, soumis à cotisations sociales et
imposables.
JD
(1) Des montants spécifiques sont fixés pour des
activités au profit de certains clubs sportifs. Renseignements
auprès de l’administration fiscale |
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