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Une enquête de la Mutualité chrétienne

Vivre avec de graves problèmes de douleur

Depuis quelques années, la Mutualité chrétienne porte une attention toute spéciale à la situation des personnes souffrant d’une maladie chronique. L’accent a surtout été mis sur les conséquences financières de leur état de santé. Différentes enquêtes menées auprès des malades chroniques ont aussi fait apparaître que la qualité de leur vie était également affectée par leur état de santé.

Un des défis de la Mutualité chrétienne sera précisément d’affronter de façon prioritaire ce problème de la douleur chronique. Afin de préparer des propositions à ce sujet, une enquête limitée a été organisée au cours des derniers mois auprès de patients souffrant de douleurs chroniques. Bien que celle-ci ne porte pas sur un échantillon représentatif de la population, elle fournit des indications intéressantes sur les conséquences du problème de la douleur sur la qualité de vie et sur le budget des malades.

• Insertion socioprofessionnelle

Plus de la moitié des patients interrogés, entre 25 et 64 ans, atteints de douleurs chroniques sont en incapacité de travail en raison de leur état de santé. On imagine bien les conséquences pour leurs revenus et les possibilités d’intégration sociale. Afin de remédier à cette situation, il faut rechercher des possibilités d’emplois adaptés, proposer des primes de recyclage et soutenir les employeurs potentiels à participer à cette politique de réintégration. Pour les personnes qui ne peuvent travailler, les revenus de remplacement doivent être suffisamment élevés. Ce thème fera dans les mois qui viennent l’objet de travaux intensifs au sein de la Mutualité chrétienne.

• Consommation de médicaments

L’enquête suggère aussi qu’il faudrait arriver à un comportement prescripteur et à une consommation de médicaments plus rationnels. La consommation de médicaments constitue sans aucun doute un important facteur de coût pour les patients atteints de douleurs. Actuellement, 40 % des médicaments consommés font partie de la catégorie D pour laquelle il n’y a aucun remboursement prévu. Par ailleurs, les dépenses pour les autres médicaments ne sont pas plafonnées par la franchise, jusqu’à présent. Le gouvernement a toutefois l’intention d’adapter à court terme le système de la franchise en y intégrant également les dépenses pour les médicaments de la catégorie B. Enfin, l’encouragement aux génériques et la prescription de plus grands conditionnements permettrait également de diminuer les dépenses pour les médicaments.

• La prise en charge des patients atteints de douleurs chroniques

Les résultats de l’enquête font également apparaître qu’un grand nombre de patients atteints de douleurs estiment que le traitement suivi n’a pas d’emblée un effet favorable sur leur problème de douleur. Cette constatation vaut tant pour la kinésithérapie que pour les infiltrations, les consultations de médecins, les médicaments… Si le but de cette enquête n’était pas d’examiner l’utilité d’un traitement d’un point de vue médical, il reste que les constatations négatives des patients atteints de douleurs posent questions, entre autres sur la relation entre patients et soignants. Certaines perceptions négatives des généralistes peuvent être en partie expliquées par le fait que celui-ci n’est pas toujours en mesure d’apporter entièrement une solution au problème de la douleur. Mais cette évaluation négative est également attribuée à un défaut d’écoute et de recherche insuffisante à trouver une solution. Les prestataires de soins ne semblent pas non plus disposer de connaissances suffisantes concernant l’affection ou le traitement du problème de la douleur. Or, il est important de détecter à temps les patients à risques et de stimuler une approche multidisciplinaire des cas résistants.

Il faudrait également porter une attention spéciale au soutien des patients pour lesquels un rétablissement complet de l’état de santé n’est plus possible. Ces patients pourraient mieux évaluer leur situation et avoir des attentes réalistes sur les possibilités médicales et apprendre à vivre avec leurs limites éventuelles.

Enfin, l’offre de soins doit aussi être clairement structurée en aiguillant les patients vers les prestataires et services dont ils ont besoin. Le premier échelon, avec le généraliste comme pivot principal, reste le niveau de soins le plus important. Mais, étant donné que la douleur chronique est un problème complexe, la prise en charge doit être globale. Bien souvent, il sera donc indiqué, surtout pour les cas résistants, de prévoir une approche et un traitement multidisciplinaire dans un centre ou clinique de la douleur. Aussi, la Mutualité chrétienne plaide-t-elle pour l’élaboration de critères, dans un proche avenir, afin d’aboutir à l’agrément et au financement spécifique d’une vingtaine de centres de la douleur.

CVR

(21 juin 2001)

Enquête auprès des personnes atteintes de graves problèmes de douleur. Service Recherche et Développement de la Mutualité chrétienne (juin 2001).