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Briser la spirale de l’obésité ( 6 janvier 2005)

 

Les chiffres d’incidence de l’obésité chez les jeunes le démontrent : ils sont en constante augmentation et concernent des enfants de plus en plus jeunes. Les raisons en sont très diverses, mais résultent toujours de la même équation : une consommation excessive d’énergie pour une dépense trop basse.

 

Lire également :

Obèse aujourdhui, et demain ?

 Vrai ou faux ? Quelques idées reçues à combattre

 

Kilokiri, un séjour original pour les jeunes en surpoids,

organisé par Jeunesse & Santé, le mouvement des jeunes de la Mutualité chrétienne

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Comme le rappelle le Dr Myriam Vandewyer, pédiatre dans un centre de prise en charge des enfants obèses, “la prévalence du surpoids et de l’obésité augmentent rapidement dès l’âge de 2 ans pour atteindre des valeurs maximales dans les tranches d’âge 7-12 ans.” Ainsi, entre 9 et 12 ans, 19% des enfants sont en surpoids ; ils sont 10% entre 18 mois et 8 ans. Une enquête en province de Luxembourg a même estimé qu’à 10-11 ans, 1 garçon sur 4 et 27% des filles sont trop gros, chiffre qui redescend aux alentours de 15% à l’adolescence.

Ce pic pré-pubertaire s’explique notamment par ce que les spécialistes appellent le “rebond” d’adiposité : si le bébé est généralement potelé, en grandissant, il maigrit jusqu’à 6 ans. Puis, vers 6-8 ans, il va voir sa masse grasse augmenter : c’est le rebond d’adiposité, normal. L’enfant s’étoffe, mais tant qu’il reste dans des valeurs normales, il ne faut pas s’en inquiéter. C’est pourquoi il faut surveiller ses courbes de poids et de taille, mais surtout son BMI (1), des données qui doivent être recoupées. Si le rebond d’adiposité se produit plus tôt, le risque d’obésité guette.

 

Pourquoi un enfant grossit trop ?

S’il est clair que la prise de poids est due à une consommation excessive de calories par rapport à la dépense d’énergie, le raisonnement ne s’arrête pas là. Ainsi, on sait que la prise de poids est liée à des facteurs cellulaires, métaboliques, neuroendocriniens, psychologiques, comportementaux et sociaux. Voilà donc beaucoup de pistes à explorer pour expliquer pourquoi un enfant, par exemple, grossit trop…

Commençons par l’explication génétique, qui ne concerne qu’une minorité de cas d’obésité sévère, mais n’explique pas seule la prise de poids : elle est un élément favorable à son développement si les comportements (alimentaires ou sportifs) sont inadaptés. “La piste génétique est à suspecter dans le cas d’hyperphagie importante associée à une obésité sévère commençant dès le sevrage, dans le cas de consanguinité, d’insuffisance surrénale avec une chevelure rousse, et d’absence de développement pubertaire spontané”, explique le Pr Jean-Pierre Chanoine, endocrinologue belge travaillant dans l’unité de l’hôpital des enfants de Colombie britannique de Vancouver, au Canada. Les déficiences hormonales sont aussi à épingler : parmi les pistes connues, la leptine, le MC4 et l’ACTH sont des hormones qui inhibent l’appétit et qui ne sont pas produites en quantités suffisantes.

 

Autre explication : le métabolisme qui brûle l’énergie consommée. Chaque métabolisme a ses spécificités : certains sont plus lents, d’autres plus rapides. Mais cette dynamique du métabolisme dépend notamment de la dépense physique. Ainsi, un enfant qui bouge, joue dehors, fait du vélo ou pratique régulièrement un sport aura un métabolisme plus efficace qu’un enfant qui reste devant la télévision, la console de jeu ou l’ordinateur, car il dépense plus efficacement l’énergie consommée.

 

Manger mal, manger trop…

Récemment, une nouvelle étude a conclu qu’un manque de sommeil stimule la production de ghréline, hormone qui donne au cerveau l’ordre de réclamer de la nourriture, et diminue celle de leptine, qui on l’a vu, donne l’ordre inverse dès que la satiété est atteinte. Ceux qui dorment trop peu ont tendance à manger 24% de quantités en plus, et ce sont surtout les aliments gras et sucrés qui sont recherchés.

Une autre piste est celle des déterminants psychologiques qui peuvent influencer l’alimentation. Celle-ci peut être un refuge, et traduire un mal-être, une mauvaise estime de soi, une difficulté à gérer les pulsions, à accepter les frustrations, etc.

 

Et puis, il y a le volet des “simples” mauvaises habitudes : l’habitude de manger mal, de manger trop, de ne pas bouger pour différentes raisons, dont l’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle n’est pas des moindres. En effet, des études ont démontré que plus le niveau de formation ou socio-économique est faible, plus le risque d’obésité est élevé, tant chez les adultes que chez les enfants.

Et puis, il y a les comportements alimentaires inadéquats par manque de connaissance. “Chez les nourrissons et les jeunes enfants, la majorité de l’énergie devrait être fournie sous forme de lipides. C’est pourtant la période de la vie où ils en reçoivent le moins, sans doute dans le but de prévenir l’obésité. Cet apport lipidique devrait diminuer progressivement pour atteindre les 30% recommandés vers l’âge de 4 ans. Cependant, avec l’âge, il augmente, pour dépasser les besoins. Les hydrates de carbone (sucres “lents”), résultats des apports déséquilibrés en lipides, diminuent avec l’âge alors qu’ils devraient augmenter. Enfin, une relation paraît établie entre une consommation excessive de protéines chez le nourrisson et le très jeune enfant et le développement ultérieur de l’obésité, par stimulation de la prolifération précoce des adipocytes (cellules de graisse). Ceci conduisant au phénomène connu du rebond d’adiposité précoce. Une réponse alimentaire systématique à chaque pleur peut mener à un apport excessif, tout comme à un trouble des conduites alimentaires à long terme (réconfort systématique par la nourriture plus tard)”, explique Stéphanie Bolterys, diététicienne.

 

Quant à la sédentarité, elle représente un grand problème : “Chez l’enfant, la dépense énergétique liée à l’activité représente 20 à 30% de la dépense énergétique totale sur 24 heures”, poursuit le Dr Vandewyer.

 

Ne pas sauter des repas

Si la prise de poids est liée à une consommation énergétique excessive par rapport à la dépense, ce n’est pas nécessairement parce que l’enfant mange trop ou mal : trop sucré, trop gras. Un autre phénomène peut allier les deux, c’est la déstructuration des repas : trop d’enfants “sautent” le petit déjeuner ou ne prennent que des biscuits vendus comme étant des petits-déjeuners, ont faim à 10h et se ruent sur des collations trop riches (gaufres, chocolats, chips). Résultat, au déjeuner, les enfants n’ont pas suffisamment faim pour dîner correctement et il n’est pas rare de les retrouver dans des friteries ou au fast-food au sortir de l’école, affamés. De retour à la maison, ils n’ont plus faim pour le dîner et grignotent qui devant la télévision, qui devant sa console de jeu… Un autre exemple type est l’excès d’aliments gras, facilement ingérés, dont les archétypes sont les frites et hamburgers des fast-foods : pris sur le pouce, parfois debout, ils sont consommés rapidement, en mâchant à peine et la sensation de satiété est retardée. Les aliments à haute densité énergétique comme les produits manufacturés, riches en graisses et/ou en sucres, sont consommés en excès, mais aussi les sodas : une étude indique une augmentation de 60% du risque de développer une obésité chez les consommateurs quotidiens de boissons sucrées.

Un choc émotionnel comme la perte d’un parent ou un divorce peut aussi engendrer des comportements compulsifs devant la nourriture. Un enfant peut s’y réfugier pour retrouver une douceur perdue, un bien-être qu’il n’a plus. Redevenir le bébé qui trouvait satisfaction au sein nourricier de sa mère, en quelque sorte. Dans ce cas, Il est bon de consulter un pédopsychiatre.

 

Carine Maillard

 

 

(1) Body Mass Index (BMI) ou Indice de Quételet, ou encore Indice de masse corporelle (IMC) se calcule en prenant le poids en kilos, divisé par la taille en mètres élevée au carré. Par exemple, un enfant mesurant 1,40 mètres et pesant 65 kilos aura un BMI de 65:1,42 = 33,17. Le poids idéal se situe entre 20 et 25 ; en dessous, on est trop maigre ; entre 25 et 30, on est en surpoids ; au-dessus de 30, on est obèse. Statistiquement, on constate que les problèmes de santé se posent surtout à partir d’un BMI de 27.

 

Obèse aujourd’hui… et demain ?

 

Parce qu’un enfant obèse court plus de risque d’être un adulte obèse, il s’expose à des problèmes de santé importants, comme :

Des problèmes orthopédiques comme, le plus fréquent, le genu valgum, c’est-à-dire que l’enfant a les jambes en “X” : les genoux serrés, les pieds restent trop écartés.

Des problèmes d’hypertension artérielle ;

Des problèmes digestifs : pierres à la vésicule biliaire ou une accumulation de graisse au niveau du foie résultant d’une résistance à l’insuline qui peut évoluer vers un diabète de type 2 ;

Des problèmes respiratoires : l’asthme est plus fréquent chez les obèses, l’hyperréactivité bronchique et difficulté à l’effort, apnées du sommeil qui fatiguent l’enfant, avec comme conséquences des difficultés d’apprentissage, un ralentissement de la croissance staturale ou une hypertension artérielle pulmonaire ;

Du cholestérol ;

Plus rarement, des problèmes endocriniens (puberté retardée chez les garçons et précoce chez les filles, troubles des règles…) ou des complications neurologiques ou rénales, extrêmement rares ;

Très souvent, des problèmes psychologiques vont s’accumuler, avec un risque de dépression non négligeable.

 

 

Quelques idées reçues à combattre

 

Les boissons light sont moins “nocives” pour le poids.

Faux : il a été démontré que si elles contiennent effectivement moins de calories, elles ne leurrent pas le cerveau qui, croyant recevoir du vrai sucre ne va pas reconnaître l’édulcorant, et donc va réclamer du sucre.

 

Les produits laitiers sont mauvais pour le régime.

Faux. Une étude a conclu que le calcium pouvait même être un allié dans un régime amaigrissant. Mais privilégiez les produits laitiers maigres (0% de matières grasses).

 

C’est mieux de faire du sport deux bonnes heures, on est tranquille pour la semaine.

Faux. Il vaut mieux pratiquer un sport durant 20 à 30 minutes trois fois par semaine.

 

Il faut donner du lait entier pour avoir la ration de calcium.

Faux. Le lait demi-écrémé contient tout autant de calcium que du lait entier. Il est surtout moins gras.

 

Toutes les huiles et sont à limiter.

Faux. Certaines huiles ont des vertus importantes pour la santé, comme les huiles poly-insaturées (l’huile d’olive en est le meilleur exemple). Les huiles végétales sont dans tous les cas à préférer aux graisses d’origine animale. Et pour les enfants, un apport en graisses est essentiel au développement neurologique : plus il est petit, plus il en a besoin.

 

Boire beaucoup fait maigrir.

Faux. Cependant, boire un verre d’eau aide à se sentir plus vite rassasié. Il faut boire à sa soif.

 

Pour maigrir, il faut supprimer au maximum les féculents.

Faux. Ils sont un apport important en fibres, surtout s’ils sont consommés complets (pain complet, riz et pâtes complets…). Et le fait d’en consommer a pour résultat que l’on mange moins de sucres “simples” et de matières grasses.

 

Le ketchup, c’est comme la mayonnaise.

Faux. La mayonnaise est 7 fois plus calorique que le ketchup. Mais le ketchup contient 23% de sucre et le sucre appelle le sucre. Ces deux sauces sont donc à consommer avec modération.

 

Rien de tel que les céréales pour le petit déjeuner.

Vrai. Si elles ne sont pas sucrées elles sont une bonne source de fibres, de vitamines et de magnésium. Et consommées avec du lait, c’est excellent ! Mais bien souvent les céréales pour enfants sont enrichies en sucre, miel, chocolat, etc.

 

Un goûter tous les jours, ça fait grossir les enfants.

Faux. Comme ils ne peuvent bien souvent pas attendre le repas, il est utile de les faire patienter avec des aliments bien choisis : fruit, produit laitier, tartine de chocolat ou confiture, céréales et lait…

 

Pour maigrir, les enfants doivent suivre le même régime que les parents.

Faux. Les enfants ont des besoins bien différents des adultes, puisqu’ils sont encore en phase de croissance. Ils peuvent manger de tout, mais en respectant la pyramide alimentaire !

 

Pain ou biscotte, c’est du pareil au même.

Faux. Les biscottes sont plus riches en sucre et en graisses. Mieux vaut préférer le pain, complet si possible.


 

Une initiative de Jeunesse & Santé

 

Kilokiri, un séjour sympa pour les enfants en surpoids

 

Jeunesse & Santé organise un séjour pas comme les autres pour des enfants en surpoids. Pas question de régime, de bourrage de crâne ou d’efforts intensifs durant ce séjour qui se déroulera en trois périodes entre avril et novembre 2005. L’objectif est de passer de bons moments en groupe, dans un cadre de détente avec une bonne hygiène de vie et des repas équilibrés.

 

Actuellement en Belgique, 12 à 16 % des enfants sont considérés comme obèses, et près d’un enfant sur cinq présente des problèmes de poids... Une réalité d’autant plus interpellante que des études indiquent que plus d’un tiers des cas d’obésité adulte tirent leur origine d’une obésité infantile.

Soucieuse de sensibiliser les enfants en surcharge pondérale à l’importance de l’alimentation équilibrée et de l’activité physique, Jeunesse & Santé, l’organisation de jeunesse partenaire de la Mutualité chrétienne, a décidé de mettre sur pied un séjour baptisé “ Kilokiri ” qui accueillera une vingtaine d’enfants en surpoids, âgés de 10 à 12 ans, et se déroulera en trois périodes de quatre ou cinq jours entre avril et novembre 2005.

Dans tous les séjours que nous organisons pour les enfants et les jeunes, nous avons le souci d’offrir des repas équilibrés, de réaliser des activités de plein air et de mener une bonne hygiène de vie”, explique Muriel Van der Heyden, cheville ouvrière à J&S de cette nouvelle initiative. “Mais lors de ce séjour “Kilokiri”, nous voulons que les enfants s’investissent dans ce cadre”.

Ce séjour n’est pas pour autant une cure. Il n’est pas question de viser une perte de poids, de parler de régime, d’aliments à proscrire ou encore de suivi psychologique et thérapeutique. L’objectif est de passer un moment de détente en groupe dans un cadre favorisant une hygiène de vie.

“Nous souhaitons faire (re)découvrir aux enfants le plaisir de manger sain et de composer des repas équilibrés. Pour ce faire, ils participeront activement à l’élaboration et au choix des menus ainsi qu’aux courses”, explique Muriel Van der Heyden. Qui poursuit: “On insistera aussi sur les méfaits du grignotage et l’importance de prendre du temps pour manger, de vivre pleinement ce moment de convivialité à table”.

En ce qui concerne les activités physiques, le but est de faire redécouvrir aux enfants le plaisir de bouger à travers des balades, des jeux en plein air, la construction d’une cabane…

Le troisième objectif est que les enfants puissent se mettre en projet et trouver du plaisir dans des activités de loisirs et de détente en fonction de leurs centres d’intérêt. Lors des séjours, ils auront la possibilité de faire un potager, de la pataphonie (instruments de musique), du théâtre… Cela sera ainsi peut-être l’occasion pour eux de se découvrir de nouvelles passions.

Toutes ces activités doivent permettre de renforcer la confiance en soi et l’estime de soi, souvent abîmées par le fait de mal vivre son surpoids.

 

Une prise de conscience familiale

Ce projet s’inscrit dans une démarche à long terme pour l’enfant mais aussi pour son entourage. Le projet est d’ailleurs conçu en trois mini-séjours répartis sur l’année 2005 pour assurer une certaine continuité par étapes. “Cela permet de placer des objectifs ou bonnes résolutions entre les séjours”, assure la permanente de J&S. “Le but n’est pas tant que l’enfant perde X kilos mais bien qu’il décide par exemple d’abandonner certaines mauvaises habitudes ou de s’investir dans une activité qui lui plaît, qu’elle soit sportive ou autre”.

Ce projet ne peut bien entendu pas se faire sans l’implication étroite des parents ainsi que les frères et sœurs. Ceux-ci seront dès lors invités à participer à chacune des dernières journées des mini-séjours. Les parents auront ainsi l’occasion de partager l’expérience de leur enfant, de parler avec l’un ou l’autre professionnel participant au séjour (diététicienne, kiné, psychologue…) et de prendre un repas convivial et diététique. Ils pourront donc eux aussi se mettre en projet à plus long terme, pour que les bonnes habitudes soient prises en famille !

 

CX et JD

 

 

Kilokiri en pratique

 

Public : Enfants de 10 à 12 ans (année de naissance : 1993 à 1995)

Dates et lieux : Rencontre préparatoire avec les parents : le samedi 12 mars 2005 de 10 à 12h à Namur.

Du 6 au 9 avril 2005 à Mormont (vacances de Pâques)

Du 16 au 20 août 2005 à Merlemont

Du 2 au 5 novembre 2005 à Daverdisse (vacances de Toussaint)

Encadrement : Les séjours sont conçus avec le soutien de professionnels (diététicienne, kiné, psychologue…) et encadrés par 5 animateurs brevetés et 2 intendants spécialement formés.

Inscription et prix : L’inscription se fait pour l’ensemble des 3 périodes. La famille est présente chaque samedi.

Prix pour les 3 mini séjours : 195 EUR (au lieu de 344 EUR, un avantage de votre assurance complémentaire – réduction supplémentaire de 50% pour les bénéficiaires de l’intervention majorée et les chômeurs complets indemnisés depuis plus de 6 mois).

Pour le repas de chaque samedi : 2 EUR par personne de la famille.

Pas de transport organisé.

Renseignements complémentaires

auprès de Muriel van der Heyden : 02/246.49.92 ou muriel.vanderheyden@mc.be.

 

Vous êtes intéressés?

 

Demandez le dépliant et la demande de pré-inscription à Jeunesse & Santé, Chaussée de Haecht, 579 BP 40 - 1031 Bruxelles - Tél. : 02/246 49 81, j&s@mc.be.  

 

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